[L'Aînée - Sciences Humaines] Ecologie

  • L'empreinte écologique : un outil concret pour prendre la mesure de la pression humaine sur la planète Nous consommons les ressources futures de notre planète pour vivre au présent : c'est-à-dire que nous les consommons plus vite que la Terre ne peut les reconstituer. Comme tous les systèmes de ce type, ça fonctionne temporairement, puis vient le crash. Pour éviter la banqueroute écologique, nous avons besoin d'un système de comptabilité écologique rigoureux : l'empreinte écologique. - Un système de comptabilité écologique rigoureux, développé dans les années 1990 par le Global Footprint Network et sans cesse perfectionné depuis. - La seule mesure qui compare la demande mondiale sur les ressources à ce que la planète est capable de régénérer (sa biocapacité), puis la résume en un chiffre : le nombre de Terres consommées. - Un outil de calcul grâce auquel nous disposons d'une image complète de nos ressources biologiques et sommes en mesure de prendre en main notre destinée. - Des explications claires et pédagogiques par les auteurs dont l'un (Mathis Wackernagel) est le cocréateur de l'empreinte écologique et le président du Global Footprint Network, qui est entré au classement des 100 principales ONG du monde. - De quoi mieux comprendre les enjeux écologiques du XXIe siècle, pour tenter d'éviter la banqueroute écologique en cours et être en capacité d'agir et d'interpeller nos décideurs. - Des notions fondamentales à connaître, pour les citoyens comme pour les élus, chefs d'entreprises, urbanistes, économistes, étudiants, citoyens engagés ... Mesure de l'empreinte écologique et de la biocapacité - données par pays - exemples mondiaux concernant entreprises, villes et pays - stratégies pour créer des économies régénératives.

  • Du temps et de l'eau

    Andri Snaer Magnason

    • Alisio
    • 12 Janvier 2021

    « Au cours des cent prochaines années, la nature de l'eau va subir de profondes transformations. Les glaciers situés en dehors des zones polaires vont fondre en grande partie, le niveau des océans va s'élever, les températures vont augmenter, entraînant des sécheresses et des inondations. Le degré d'acidité des océans va atteindre un niveau inégalé depuis cinquante millions d'années. Ces évolutions vont se produire dans l'intervalle d'une vie humaine, celle d'un enfant qui naîtrait aujourd'hui et atteindrait l'âge de ma grand-mère, 95 ans. » Est-il déjà trop tard ? Que pouvons-nous réellement faire en une poignée de décennies ? Activiste islandais engagé dans la protection de l'environnement, Andri Snær Magnason nous raconte dans la langue des poètes les défis du réchauffement climatique. Déroulant le fil de son histoire familiale, il nous parle des glaciers qu'il voit disparaître, du cri d'alerte que nous adresse la planète et de l'urgence qui nous étreint. Car le temps géologique est révolu : le monde s'altère désormais à l'allure d'une vie d'homme. Mais nous pouvons encore changer l'avenir et nos enfants, déjà, sauront si nous avons réussi.

    « L'auteur, mêlant faits scientifiques et récit biographique avec une plume poétique, détruit nos certitudes au fil du texte, nous mettant face à une sombre réalité : cette transition est déjà en train de se produire. » Süddeutsche Zeitung

  • Conçu comme un voyage botanique qui emmène le lecteur sur les cinq continents, Arbres en péril déploie l'histoire de ces migrants végétaux qui au fil des siècles ont agrémenté parcs et jardins, et dont l'avenir à l'état sauvage est largement menacé. Communément plantées dans notre environnement proche, les essences d'ornement peinent à subsister dans leur milieu naturel. Combien de cèdres, de séquoias, de marronniers et de milliers d'autres espèces subissent les nuisances causées par les hommes ? Surexploitation forestière, sécheresse, pathogènes, urbanisation galopante entraînent un déclin massif qui affecte près de la moitié de la diversité arboricole de la planète.
    Il subsiste toutefois l'espoir que le grand public par son intérêt croissant pour ces grands

  • Les scientifiques nous l'annoncent, la Terre est entrée dans une nouvelle époque : l'Anthropocène. Plus qu'une crise environnementale, nous vivons un basculement géologique d'origine humaine. Comment en sommes-nous arrivés là ? Faisant dialoguer science et histoire, les auteurs revisitent l'histoire globale des derniers siècles au prisme de l'environnement : le manifeste d'une nouvelle génération d'historiens.

  • Face à la catastrophe écologique annoncée, les bonnes âmes appellent l'humanité à « dépasser ses divisions » pour s'unir dans un « pacte écologique ». Cet essai s'attaque à cette idée reçue. Il n'y aura pas de consensus environnemental. Loin d'effacer les antagonismes existants, la crise écologique se greffe au conFace à la catastrophe écologique annoncée, les bonnes âmes appellent l'humanité à « dépasser ses divisions ». Cet essai s'attaque à cette idée. Il n'y aura pas de consensus environnemental. Loin d'effacer les antagonismes existants, la crise écologique se greffe à eux pour les porter à incandescence.
    Soit la localisation des décharges toxiques : si vous voulez savoir où un stock de déchets donné a le plus de chances d'être enfoui, demandez-vous où vivent les classes populaires et les minorités raciales. Ces inégalités écologiques, dont le « racisme environnemental » est une forme, jouent à l'échelle des pays et à celle du monde.
    « Marchés carbone », « dérivés climatiques », « obligations catastrophe » : les produits financiers « branchés » sur la nature prolifèrent. Faute de s'attaquer à la racine du problème, le néolibéralisme choisit de financiariser l'assurance des risques climatiques. C'est l'essor de la « finance environnementale » comme réponse capitaliste à la crise.
    Surcroît de catastrophes naturelles, déstabilisation des océans, « réfugiés climatiques » par millions à l'horizon 2050... Autant de facteurs qui annoncent des conflits armés d'un nouveau genre, auxquels se préparent aujourd'hui les militaires. Finie la guerre froide, bienvenue aux « guerres vertes ».
    Cet essai novateur fournit une grille de lecture originale pour saisir les enjeux de la crise écologique. À travers l'exposition édifiante des scénarios capitalistes face au désastre environnemental, il fait oeuvre de futurologie critique.
    Traire à eux pour les porter à incandescence. Soit la localisation des décharges toxiques aux États-Unis : si vous voulez savoir où un stock de déchets donné a le plus de chances d'être enfoui, demandez-vous où vivent les Noirs, les Hispaniques, les Amérindiens et autres minorités raciales. Interrogez-vous par la même occasion sur le lieu où se trouvent les quartiers pauvres... Ce « racisme environnemental » qui joue à l'échelle d'un pays vaut aussi à celle du monde.
    « Marchés carbone », « droits à polluer », « dérivés climatiques », « obligations catastrophe » : on assiste à une prolifération des produits financiers « branchés » sur la nature. Faute de s'attaquer à la racine du problème, la stratégie néolibérale choisit de financiariser l'assurance des risques climatiques. C'est l'essor de la « finance environnementale » comme réponse capitaliste à la crise.
    Surcroît de catastrophes naturelles, raréfaction de certaines ressources, crises alimentaires, déstabilisation des pôles et des océans, « réfugiés climatiques » par dizaine de millions à l'horizon 2050... Autant de facteurs qui annoncent des conflits armés d'un nouveau genre, auxquels se préparent aujourd'hui les militaires occidentaux. Fini la guerre froide, bienvenue aux « guerres vertes ». De La Nouvelle-Orléans au glacier Siachen en passant par la banquise de l'Arctique, l'auteur explore les lieux marquants de cette nouvelle « géostratégie du climat ».
    Cet essai novateur de théorie politique fournit une grille de lecture originale et critique, indispensable pour saisir les enjeux de la crise écologique actuelle. À travers l'exposition édifiante des scénarios capitalistes face au désastre environnemental, il fait oeuvre - salutaire - de futurologie critique.

  • Énorme succès à l'étranger, ce livre haletant nous offre enfin la clé de compréhension des désastres climatiques, écologiques, pandémiques et économiques contemporains. Accuser Sapiens, un humain indifférencié et fautif depuis toujours, est une imposture. Notre histoire est sociale : c'est celle des structures de domination nées il y a cinq mille ans, et renforcées depuis cinq siècles de capitalisme, qui ont constitué un engrenage destructeur de la Terre et de l'avenir de l'humanité, une mégamachine.
    Mais ces forces peuvent aussi être déjouées et la mégamachine ébranlée. Alors que les alternatives ne manquent pas, quel déclic nous faut-il pour changer de cap et abandonner une voie manifestement suicidaire ? La réponse est dans ce récit. Car seul celui qui connaît sa propre histoire peut être capable de l'infléchir.

  • Sur la trace d'un nouveau territoire de la pensée, Donald Worster remonte aux origines du concept d'écologie et dresse les portraits attachants des personnalités marquantes de cette conquête : Linné, White, Darwin, Thoreau, ainsi que quelques écologistes incontournables comme Clements, Leopold ou Odum.
    Tout au long de cette histoire, l'auteur montre comment la pensée écologique s'est développée dans différentes directions. Concluant sur les orientations essentielles de l'écologie, l'auteur établit comment, en tant que science mais aussi mouvement majeur des idées, elle a modelé la perception moderne de la place de l'homme dans « l'économie de la nature ».

  • Autrefois sources de nuisances locales circonscrites, les effets des activités humaines sur l'environnement se sont transformés en pollutions globales. Rendre compte de l'histoire des pollutions à l'échelle planétaire permet de ne pas sombrer dans la sidération ni dans le découragement face à un processus qui semble devenu inéluctable. Car le grand mouvement de contamination du monde qui s'ouvre avec l'industrialisation est avant tout un fait social et politique, marqué par des cycles successifs, des rapports de force, des inerties, des transformations culturelles. Cet ouvrage analyse les conflits et l'organisation des pouvoirs à l'âge industriel, mais aussi les dynamiques qui ont modelé la modernité capitaliste et ses imaginaires du progrès.

  • Créé en 1866, le terme "écologie" connaît une fortune peu ordinaire en cette fin de xxème siècle.
    Ce qui n'était à l'origine que l'étude des relations des êtres vivants entre eux et avec leur environnement a inéluctablement gagné les champs de la politique et de l'économie, touchant même parfois à celui du mythe.
    Afin de comprendre l'évolution et les enjeux de cette science hors du commun, j. -p. deléage a recherché ses plus lointaines filiations. de la bienveillante "économie de la nature" de linné au malthusianisme et aux modèles mathématiques de la dynamique des populations, il retrace l'histoire d'une discipline indissociable de son contexte social et culturel.

    Née avec la révolution industrielle et l'idéologie de l'exploitation de la nature, l'écologie impose aujourd'hui un changement de perspective radical : parvenir à une gestion éclairée de la nature en fonction des besoins humains.

  • L'écologie a désormais acquis la force de l'évidence. le choc répété des mots et des images a façonné notre conscience d'une nature fragilisée et des périls planétaires engendrés par al civilisation technologique. Cette anthologie inédite se propose de retracer la longue et sinueuse édification de l'écologie, des naturalistes des sociétés linnéennes aux éco-warriors, de l'"agent orange"" dans la guerre du Viêt Nam au nuage de Tchernobyl, des arbres plaideurs au verre d'eau de René Dumont lors de sa campagne présidentielle de 1974.
    Véritable guide de voyage à bord du vaisseau spatial "Terre", elle nous invite à de multiples cheminements aux côtés d'auteurs, connus ou moins connus, qui ont profondément modifié notre conception de l'écologie et de l'environnement.

  • Empreintes

    David Farrier

    • Plon
    • 18 Mars 2021

    À quoi ressemblera le monde dans dix millions d'années ? Et comment les anthropologues de ce lointain futur interpréteront les traces que nous laissons aujourd'hui ?
    La civilisation moderne a créé des objets et des paysages susceptibles de durer dans le temps long : plastique polluant les océans, déchets nucléaires enfouis, routes goudronnées quadrillant la planète, vestiges urbains, carbone pouvant persister dans l'atmosphère pendant cent mille ans... Ces futurs fossiles d'une nature inédite ont le potentiel de révéler de nombreuses informations sur la façon dont nous vivions au XXIe siècle.
    Puisant dans la littérature, l'art et la science, le livre de David Farrier est une méditation profonde sur le changement climatique et l'Anthropocène - nouvelle époque géologique marquant l'incidence des activités humaines sur l'écosystème. De la mer Baltique à la Grande Barrière de Corail, en passant par Shanghai, une des plus grandes villes au monde, il décrit une planète dont l'évolution rapide et ses conséquences dépassent de loin l'actuelle compréhension humaine.
    Avec conviction, il nous interroge sur notre façon d'habiter la planète et d'en dilapider les ressources, et nous interpelle sur ce que nous avons déjà perdu, mais surtout sur ce que nous pourrions encore sauver.

    À la fois message d'espoir et requiem surprenant, cet ouvrage changera non seulement votre façon de penser l'avenir mais aussi votre vision du monde aujourd'hui.

  • COMMENT ÉVOLUER AVEC LE NUMÉRIQUE TOUT EN ÉTANT RESPECTUEUX DU VIVANT??

    On compte plus de 14 milliards de smartphones dans le monde?; 21 milliards d'objets connectés nous assistent au quotidien?; 7 milliards de requêtes Google sont effectuées chaque jour, soit 80 000 par seconde, et un milliard d'heures de vidéos sont visionnées.

    Ces chiffres vous donnent le tournis?? Ils masquent surtout trois types de pollutions numériques : environnementale, mais aussi intellectuelle et sociétale, ou comment le numérique désincarné affecte au quotidien la planète, nos capacités cognitives et certaines fondations de notre société, comme le vivre-ensemble.

    Des mines boliviennes aux data centers des fjords norvégiens, en passant par les décharges ghanéennes, Inès Leonarduzzi, spécialiste en développement durable et en stratégie numérique, retrace son parcours en faveur de l'«?écologie numérique?», l'étude des interrelations entre l'homme, l'environnement et la machine. L'enjeu : ne pas décrier le numérique - cet outil fabuleux -, mais en initier le futur.

    Acquérir non pas un «?pouvoir?», mais un «?savoir d'achat?», diminuer l'empreinte carbone laissée par nos appareils, instruire nos enfants déjà accros aux écrans, apprendre à déconnecter, bien vivre avec les réseaux sociaux ou encore suivre l'itinéraire de nos données pour un jour en tirer bénéfice sont autant de gestes à notre échelle. Avec ce livre, fruit de quatre années d'actions à travers le monde, Inès Leonarduzzi réconcilie nos usages de la technologie et notre sensibilité citoyenne, pour nous faire entrer avec enthousiasme dans l'ère du numérique résilient.

  • Le changement climatique s'est aggravé à tel point que les jeunes générations grandissent en sachant que la Terre ne sera plus habitable dans quelques décennies. Du moins plus pour tous. À cet état de la planète, une partie de la jeunesse répond par l'engagement et la lutte : le mouvement mondial qui vise à freiner le changement climatique est en marche avec, pour credo, un avenir équitable et vivable «pour tous». Naomi Klein brosse son portrait ici et là, nous informe sans relâche sur les réchauffeurs et partage ses outils politiques - parce qu'instaurer une véritable justice climatique et sociale requiert de «tout changer».

  • La transition écologique, qu'appellent de tous leurs voeux de nombreuses figures publiques, s'impose dans la discussion collective. Cet ensemble d'entretiens, rencontres, débats, analyses littéraires et odes à la vie permet de transformer notre rapport à la nature. Qu'ils soient agroécologistes, ethnologues, journalistes, philosophes, auteurs, écoculteurs, gestionnaires de forêt, ingénieurs..., ou un peu de tout ça à la fois, chacun raconte l'interdépendance entre les espèces et dit l'espoir de la connexion au vivant. Ce corpus lumineux, aux tons très différents - il en faut pour tous les goûts, répare les angoisses et le lien rompu avec la nature.

    La modernité a transformé la nature en objet de domination et a défait les liens émotionnels et merveilleux qu'entretenaient avec elle les Occidentaux. Mais aujourd'hui, face aux crises liées à la destruction des écosystèmes, il semble urgent de renouer ces liens et de modifier notre rapport au vivant. Dans une discussion polyphonique mêlant des voix bien connues, la nature étire ses branches pour s'imposer non plus comme l'altérité mais comme un tout dont les hommes et les femmes font partie. Le message est multiple et puissant : nous devons apprendre à vivre en harmonie avec notre environnement, nous insérer dans le cycle du vivant, arrêter de nous surestimer, réapprendre à réparent entraider, semer le trouble, nous inspirer de la nature et repenser nos structures politiques. Interrogés ou racontés, ces penseurs-chercheurs du vivant avec leurs différentes sensibilités les angoisses et le lien rompu avec la nature.

    Glenn Albrecht, Étienne Bimbenet, Lionel Daudet, Philippe Descola, Marc Dufumier, Vinciane Despret, Dian Fossey, Jean-Baptiste Fressoz, Yuval Noah Harari, Donna Haraway, Éric Karsenti, Alexandre Lacroix, Bruno Latour, Erri de Luca, Virginie Maris, Baptiste Morizot, Corine Pelluchon, James Scott, Pablo Servigne, Vandana Shiva, Anna Tsing, Frans de Waal.

  • Piller, polluer, déforester... L'humain est devenu la plus grande menace pour la nature. Lancé dans une course à l'accaparement des richesses naturelles, le monde industriel dépasse toujours plus les limites biologiques de notre planète. Ce livre est le récit d'un engagement. Après trois années de mobilisation en Guyane française contre le projet de mine industrielle Montagne d'or et les forages offshore de Total, la juriste Marine Calmet témoigne des carences de notre société et de nos lois pour protéger la nature. Face aux appétits des industriels et à la duplicité de l'État, contre le pillage de la Terre et des peuples colonisés, sa réponse est celle d'une désobéissance créatrice et constructive. Elle enjoint à sortir de l'Anthropocène, à écouter et apprendre des Premières Nations, à créer de nouvelles normes respectueuses des processus biologiques de notre planète, à accomplir en somme une transformation majeure en enracinant la communauté humaine dans la communauté du Vivant. Le mouvement pour une jurisprudence de la Terre s'impose comme une évidence émancipatrice. Véritable manifeste, ce récit convaincra celles et ceux qui, lassés des pétitions, des pancartes et des écogestes, souhaitent s'investir du rôle de gardienne ou de gardien de la nature.

    Protéger et défendre notre lien à la Terre pour former une nouvelle communauté du vivant.

  • Étonnamment méconnue en France, l'écosophie d'Arne Næss, philosophe majeur du XXe siècle, est ici présentée à travers dix textes accessibles et sensibles. On y apprend ce qu'est véritablement l'écologie profonde (deep ecology) par opposition à l'écologie superficielle : née d'une relation intime avec la montagne, cette pensée restitue à tous les êtres vivants et à la nature une valeur intrinsèque, indépendamment de leur utilité pour les êtres humains. Prolongeant la pensée de Spinoza, Næss montre que l'affection pour tout ce qui est vivant ou « écosophie » - et non le rapport objectivant, gestionnaire ou dominateur sur la nature - est au coeur du développement personnel, de la formation de l'identité sociale... et d'une société plus juste.

  • En 1973, le philosophe norvégien Arne Naess publie un article fondateur, traduit et reproduit dans cette édition. Ce manifeste a pour ambition de réunir sous un ensemble de principes généraux à visée pluraliste les vues exprimées à l'époque au sein du mouvement écologiste radical, afin de permettre l'émergence d'une " plateforme de l'écologie profonde ". C'est probablement le texte le plus connu de l'auteur, et il a été à l'origine de virulents débats au sein de l'écologie radicale d'expression anglo-saxonne.
    Cette présentation synthétique de la deep ecology permet d'en saisir les tenants et aboutissants aussi bien du point de vue de la philosophie morale que du point de vue des places respectives de l'homme et du vivant dans le monde, afin de fonder une pratique écologiste pour toutes les personnes engagées dans l'auto-défense de la Terre.

  • Fabriquer de toutes pièces des micro-organismes n'ayant jamais existé pour leur faire produire de l'essence, du plastique, ou absorber des marées noires ; donner un prix à la pollinisation, à la beauté d'un paysage ou à la séquestration du carbone par les forêts en espérant que les mécanismes de marché permettront de les protéger ; transformer l'information génétique de tous les êtres vivants en ressources productives et marchandes... Telles sont quelques-unes des « solutions » envisagées aujourd'hui sous la bannière de la transition écologique, du Pacte vert européen ou du Green New Deal pour répondre tout à la fois à la crise climatique, au déclin de la biodiversité et à la dégradation de la biosphère. Sont-elles vraiment en mesure de préserver la planète ?
    En disséquant les ressorts idéologiques, techniques et économiques de ce nouveau régime de « croissance verte », Hélène Tordjman montre que ses promoteurs s'attachent plutôt à sauvegarder le modèle industriel qui est la cause de la catastrophe en cours. Alors que de nouvelles générations de carburants « biosourcés » intensifient une logique extractiviste et contreproductive et que l'élargissement du droit de la propriété intellectuelle à toutes les sphères du vivant permet à quelques firmes de s'approprier l'ensemble de la chaîne alimentaire, l'attribution de prix aux « services écosystémiques », le développement de dispositifs de compensation écologique ou les illusions d'une finance prétendument verte stimulent un processus aveugle de marchandisation de la nature.
    Loin d'opérer la rupture nécessaire avec le système économique qui nous conduit à la ruine, ce mouvement témoigne en réalité d'une volonté de maîtrise et d'instrumentalisation de toutes les formes de vie sur Terre et d'une foi inébranlable dans les mécanismes de marché. Refuser cette fuite en avant est le premier pas à engager pour tracer enfin une autre voie.

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