[L'Aînée - Littérature] L'Imaginaire... on the air !

Découvrez la collection "L'Imaginaire" des éditions Gallimard sur table et en vitrine.

  • Pendant la Seconde Guerre mondiale, des enfants d'une maison de correction fuient les bombardements et se réfugient dans un village de montagne.
    Leur éducateur les place sous l'autorité d'un maire convaincu qu'un mauvais enfant doit être supprimé " dès le bourgeon ". Le jeune narrateur et son petit frère font partie de ce groupe de délinquants bientôt à la merci des villageois haineux, qui les contraignent à enterrer des animaux victimes d'une épidémie. Quand trois personnes meurent, contaminées, les villageois, pris de panique, abandonnent le village en y enfermant les enfants, qui prennent possession des maisons désertées et esquissent même les règles d'une vie en société.
    Temps suspendu, unique dans cette histoire de bruit et de fureur, où s'expriment les douceurs de la fraternité et les joies d'un premier amour. Malgré la présence d'un jeune Coréen et d'un soldat déserteur qui tentent de les aider, l'affrontement avec les villageois de retour ne pourra être évité. Cette impressionnante fable sociale écrite en 1958 appartient à la grande veine de Kenzaburô Ôe. Densité, richesse d'analyse, foisonnement de l'imagination, violence, émotion: toutes les qualités du Prix Nobel se trouvent réunies.

  • Feux est une suite de nouvelles, de proses lyriques, presque de poèmes, inspirés par une certaine notion de l'amour. Alternant avec des notes sur la passion amoureuse, on y trouve les histoires de Phèdre, d'Achille, de Patrocle, d'Antigone, de Léna, de Marie-Madeleine, de Phédon, de Clytemnestre, de Sappho.
    «Dans Feux, où je croyais ne faire que glorifier un amour très concret, ou peut-être exorciser celui-ci, écrit l'auteur, l'idôlatrie de l'être aimé s'associe très visiblement à des passions plus abstraites, mais non moins intenses, qui prévalent parfois sur l'obsession sentimentale et charnelle : dans Antigone ou Le choix, le choix d'Antigone est la justice ; dans Phédon ou Le vertige, le vertige est celui de la connaissance ; dans Marie-Madeleine ou Le salut, le salut est Dieu. Il n'y a pas là sublimation, comme le veut une formule décidément malheureuse et insultante pour la chair elle-même, mais perception obscure que l'amour pour une personne donnée, si poignant, n'est souvent qu'un bel accident passager, moins réel en un sens que des prédispositions et les choix qui l'antidatent et qui lui survivront.»

  • « Noiraude et chevelue, pareille à une bohémienne. La grosse natte soigneusement tressée. Le visage - ovale, très sérieux, aux grands yeux perçants, aux lèvres charnues - était toujours bien lavé, comme les mains, les jambes et les pieds.
    Une orpheline... Venue depuis une année, Dieu sait d'où... Qui s'était toujours refusée à dire son nom et celui de ses parents... » Tout le monde à Braïla l'appelle sacadgitza, la porteuse d'eau, mais Marco, le narrateur amoureux, la surnommera Nerrantsoula, car elle sera pour lui sa petite orange amère, son petit bigaradier. Mais d'autres hommes convoitent l'orpheline...
    Ce refrain d'une chanson grecque donne son titre à ce roman de Panaït Istrati, où le Danube joue un rôle de premier plan. Ses crues redoutables transforment le destin de ses riverains, c'est à lui que revient le droit de semer la richesse et la pauvreté. C'est lui qui venge les amoureux de Nerrantsoula dont l'arrogance cruelle conduit un ballet infernal.
    Nerrantsoula est un des plus beaux hymnes à l'enfance et à l'amour, thèmes chers à l'auteur des Récits d'Adrien Zograffi.

  • « Quand je vis l'Inde, et quand je vis la Chine, pour la première fois, des peuples, sur cette terre, me parurent mériter d'être réels.
    Joyeux, je fonçai dans ce réel, persuadé que j'en rapportais beaucoup. Y croyais-je complètement ? Voyage réel entre deux imaginaires.
    Peut-être au fond de moi les observais-je comme des voyages imaginaires qui se seraient réalisés sans moi, oeuvre d'« autres ». Pays qu'un autre aurait inventés. J'en avais la surprise, l'émotion, l'agacement.
    C'est qu'il manque beaucoup à ce voyage pour être réel. Je le sus plus tard. Faisais-je exprès de laisser de côté ce qui précisément allait faire en plusieurs de ces pays de la réalité nouvelle : la politique ? [...] Ce livre qui ne me convient plus, qui me gêne et me heurte, me fait honte, ne me permet de corriger que des bagatelles le plus souvent.
    Il a sa résistance. Comme s'il était un personnage.
    Il a un ton.
    À cause de ce ton, tout ce que je voudrais en contrepoids y introduire de plus grave, de plus réfléchi, de plus approfondi, de plus expérimenté, de plus instruit, me revient, m'est renvoyé... comme ne lui convenant pas. Ici, barbare on fut, barbare on doit rester. » Henri Michaux.

  • « Légendes saisies en vol, fables ou apologues, ces Nouvelles Orientales forment un édifice à part dans l'oeuvre de Marguerite Yourcenar, précieux comme une chapelle dans un vaste palais. Le réel s'y fait changeant, le rêve et le mythe y parlent un langage à chaque fois nouveau, et si le désir, la passion y brûlent souvent d'une ardeur brutale, presque inattendue, c'est peut-être qu'ils trouvent dans l'admirable économie de ces brefs récits le contraste idéal et nécessaire à leur soudain flamboiement ».
    Matthieu Galey

  • Ponce Pilate

    Roger Caillois

    Imaginons que Ponce Pilate ait décidé de faire libérer Jésus. Ainsi le Sauveur est sauvé par le courage inattendu d'un fonctionnaire romain, connu pourtant pour sa prudence, sinon pour sa faiblesse. De sorte que Jésus vit jusqu'à un âge avancé, qu'il n'y a pas de christianisme et que presque aucun des événements des deux derniers millénaires ne se produit.
    Pilate n'a d'estime que pour la sagesse. Il se méfie des religions. Mais est-il sage de compter sur la sagesse pour transformer le monde?

  • Dans un coin abandonné et désert des entrepôts de bahia, grand port brésilien, vivent en marge de la société de nombreux gamins surnommés les "capitaines des sables".
    Vêtus de guenilles, sales, quasi affamés, lâchant des jurons et fumant des mégots, ils sont en vérité les maîtres de la ville, ceux qui la connaissent totalement, ceux qui totalement l'aiment, ses poètes. ils volent, participent à toutes sortes de mauvais coups, et si habilement que la police ne peut jamais les prendre sur le fait. leur chef s'appelle pedro bala. ses lieutenants sont le professeur (parce qu'il aime lire), patte-molle, le chat, sucre-d'orge, coude-sec, etc.
    Un jeune prêtre, l'abbé josé pedro, s'intéresse à eux, essaie de les ramener dans une voie meilleure. s'il réussit à se faire aimer d'eux, il ne parvient pas à les amender et n'aboutit qu'à se faire très mal voir de ses supérieurs. c'est l'existence mouvementée, dramatique et poétique à la fois, de cette bande de petits chenapans qui unissent la ruse et l'audace des hommes faits à l'innocence et au charme des enfants qu'évoque le roman de jorge amado.

  • Volontairement, paresseusement, éperdument, Georges Perros note. Bribes et morceaux ; fulgurations, colères, angoisse, apaisement, selon l'humeur, la lecture, le lieu, bref, comme tout le monde vit : par moments, par éclairs, par éclats.

  • Absalon, absalon ! est tout d'abord l'histoire de thomas sutpen et de sa descendance - l'histoire de son dessein : créer une plantation et y établir une dynastie pérenne, en sorte que ne puisse se reproduire la scène où s'origine ce dessein, lorsque le petit garçon qu'il était fut empêché par un esclave noir de franchir la porte d'entrée de la maison du planteur où son père l'avait envoyé porter un message.
    Cette porte-miroir lui renvoie, précisément parce qu'elle est barrée, l'image de son impuissance et de sa précarité de pauvre blanc dans une société où pouvoir, prestige et loisir appartiennent à la classe des planteurs.

  • Les larrons est le dernier roman de William Faulkner. Il s'agit là d'une histoire heureuse, d'un éclat de rire qui succède à la douloureuse intensité d'une oeuvre presque exclusivement dramatique.
    En 1905, le grand-père de Lucius Priest achète une automobile qui sera parmi les premières à apparaître dans la ville de Jefferson. Pendant une absence de son grand-père, le petit garçon et le chauffeur s'emparent de la voiture et partent pour Memphis. Un passager clandestin apparaît en cours de route : Ned, un domestique noir de la famille. Arrivés à Memphis, Lucien et Boon, le chauffeur, s'installent dans une étrange «pension de famille», dont la tenancière est la Miss Reba de Sanctuaire. Mille péripéties les guettent.
    Ce roman est une sorte de conte de l'âge d'or, un adieu souriant aux personnages qui, pendant tant d'années, ont été les compagnons de chaque jour du grand romancier.

  • Avec les dessins de l'auteur

  • C'est le roman de Faulkner où la souffrance atteint peut-être sa plus grande intensité : l'histoire tragique des deux amants est l'une des plus douloureuses qu'il ait écrites, et la mort de Charlotte Rittenmeyer, « le personnage féminin le plus déchirant de Faulkner », devient un récit poignant...
    Le titre est tiré d'un psaume qui rappelle la captivité des Juifs à Babylone. Ce thème de la captivité, de la privation de liberté, littérale ou métaphorique, est central dans le roman.

    Traduction révisée par François Pitavy. Préface et notes de François Pitavy.

  • «... On nous attacha sur des tables pour nous faire subir la Grande Opération. Le lendemain, je me rendis chez le Bienfaiteur et lui racontai tout ce que je savais sur les ennemis du bonheur. Je ne comprends pas pourquoi cela m'avait paru si difficile auparavant. Ce ne peut être qu'à cause de ma maladie, à cause de mon âme.» Ainsi parle D-503, un homme des siècles futurs. Il vit dans une société qui impose fermement l'Harmonie sous la direction du Guide. Or D-503 qui participe activement à l'expansion de cette organisation à l'échelle interplanétaire en arrive à l'autocritique, à la dénonciation, au rééquilibrage psychique...
    Bienvenu dans le monde de D-503... Ce texte passionnant est la première contre-utopie moderne qui préfigure celles de Huxley ou Orwell (ce dernier tenait ce texte en haute estime et ne cachait pas son influence dans la rédaction de «1984»). A lire absolument...

  • Dans Sur les falaises de marbre (1939), on trouve, dans un paysage intemporel face à la mer, des figures symboliques, la menace toujours présente de la barbarie, la lutte entre le bien et le mal élevée au niveau du mythe. Ce roman fut interprété comme un violent réquisitoire contre l'hitlérisme - mais, mystérieusement, Ernst Jünger bénéficia de l'indulgence du dictateur.

  • Ces lettres incomparables - des récits, des aveux, des appels - sont nécessaires pour découvrir le vrai Van Gogh devenu mythe... Il n'est pas un peintre fou. Au contraire, solitaire, déchiré, malade, affamé, il ne cesse d'écrire, lucide, comme il traque la lumière.

  • « L'imaginaire », aujourd'hui dirigée par Yvon Girard, est une collection de réimpressions de documents et de textes littéraires, tantôt oeuvres oubliées, marginales ou expérimentales d'auteurs reconnus, tantôt oeuvres estimées par le passé mais que le goût du jour a quelque peu éclipsées.

  • Version définitive sous-titrée Roman d'aventures alpines, non euclidiennes et symboliquement authentiques

  • « L'imaginaire », aujourd'hui dirigée par Yvon Girard, est une collection de réimpressions de documents et de textes littéraires, tantôt oeuvres oubliées, marginales ou expérimentales d'auteurs reconnus, tantôt oeuvres estimées par le passé mais que le goût du jour a quelque peu éclipsées.

  • «Suis-je un génie ?».
    Pour Salvador Dali la réponse est oui. Pour lui, cela ne fait pas le moindre doute depuis l'enfance.
    Ce livre est un monument élevé par Salvador Dali à sa propre gloire. Si toute modestie en est absente, en revanche sa sincérité est brûlante. Dali s'y dépouille de ses secrets avec une impudence insolente.
    Une autobiographie passionnante et outrancière à l'image du peintre.

  • Ce livre nous dévoile un Dali quotidien. Pour Dali, son propre génie ne fait pas de doute. Il ne le répète pas pour s'en convaincre, mais pour convaincre ses contemporains.
    Dans le Journal d'un génie Dali se contemple, mais va en même temps plus loin et, au-delà de son image, retrouve les ambitions métaphysiques de la peinture.
    Au-delà de cette publicité dont il s'inonde, Dali nous révèle aussi son caractère : celui d'un peintre qui pousse la conscience de son art jusqu'à la minutie exaspérante qui le conduit au bord de la folie.

    Introduction et notes de Michel Déon.

  • Mohun Biswas appartient à une colonie misérable d'hindous exilés dans l'île de la Trinité, possession anglaise, où la misère, l'ignorance, les lois d'une religion ancestrale mènent le destin de chacun. Mais ce petit homme malingre et volontaire qui sent obscurément la nécessité de livrer un combat, fût-il sans espoir, va tendre les efforts de sa courte existence pour échapper au maléfice initial. Il apprend à lire, écrire. Il épouse Shama, de la vorace et grouillante lignée des Tulsi. Quatre enfants naissent. L'ambition de Mr Biswas est de s'arracher, lui-même et sa famille, à la tyrannie oppressante des Tulsi, qui forment une sorte de tribu tentaculaire, attachée aux préjugés de caste, méprisant le petit homme courageux qui cherche à imposer son individualité. Avant tout, il veut acquérir une maison qui abritera Shama et ses enfants. Au prix d'efforts et d'humiliations sans nom, il finit par se faire construire une masure. Et c'est alors qu'il meurt, âgé de quarante-six ans.

  • « L'imaginaire », aujourd'hui dirigée par Yvon Girard, est une collection de réimpressions de documents et de textes littéraires, tantôt oeuvres oubliées, marginales ou expérimentales d'auteurs reconnus, tantôt oeuvres estimées par le passé mais que le goût du jour a quelque peu éclipsées.

  • Virgile est mort à l'âge de cinquante et un ans, à brindisi, le 21 septembre 19 av.
    J.-c ; au retour d'un voyage en grèce où il avait contracté la malaria. déçu par son temps, il avait voulu, au cours de ses derniers jours, détruire le manuscrit de l'enéide.
    Tels sont les faits historiques qui ont servi de point de départ à l'ouvrage d'hermann broch, vaste méditation lyrique où les rêves du poète à l'approche de la mort se mêlent, dans le flux d'un monologue intérieur, aux ultimes conversations qu'il a avec ses amis.
    Le livre s'ouvre sur la vision de la flotte romaine entrant dans le port de brindisi.
    Le poète, déjà moribond, se trouve à bord d'un des vaisseaux. porté à travers les rues misérables de la ville, virgile arrive au palais impérial où il va lutter une nuit et un jour contre la mort. c'est là le premier " mouvement " du livre, " l'eau ", comparable à celui d'une symphonie. le second mouvement, intitulé " le feu ", nous entraîne dans les régions de l'horreur et de la peur où s'abîme l'esprit du poète.
    Nous vivons la grande tentation qui s'offre à lui : brûler l'enéide.
    Avec le jour se lève le troisième mouvement, " la terre " : virgile reçoit ses amis, l'empereur auguste notamment, qui obtient que l'enéide soit sauvée. le dernier mouvement, " l'air ", nous plonge dans les affres de l'agonie du poète.
    La mort de virgile, par sa facture poétique et sa conception symphonique, évoque la tentation de saint antoine ou encore moby dick, mais c'est aux grands écrivains de l'antiquité, à l'auteur de l'enéide lui-même qu'il met en scène, à platon à la fois philosophe et poète, que l'écrivain allemand a voulu se mesurer.

  • Papiers colles - vol02

    Georges Perros

    Volontairement, paresseusement, éperdument, Georges Perros note. Bribes et morceaux ; fulgurations, colères, angoisse, apaisement, selon l'humeur, la lecture, le lieu, bref, comme tout le monde vit : par moments, par éclairs, par éclats.

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