[L'Aînée - Littérature] Nouvel An Chinois...!

  • Cet essai, écrit à distance, sur commande de l'office of war information, par une femme qui n'était jamais allée au japon et en ignorait la langue, pour servir de manuel aux forces d'occupation américaines, réussit la gageure de demeurer, de l'avis général des japonais, l'un des grands livres que l'on ait écrit sur eux.
    Des articles et des ouvrages ont, après lui, été publiés qui réfutent, complètent, approfondissent, réapprécient les interprétations de ruth benedict. ces débats lui ont conféré la place d'une référence classique. " ce livre traite des habitudes qui paraissent naturelles et que nul ne songerait à remettre en cause au japon. il traite des situations où tout japonais peut compter sur la courtoisie et de celles où il se sent honteux, des circonstances où il éprouve de l'embarras, de ce qu'il exige de lui-même.
    " on y parle des règles de hiérarchie, de bienséance, de l'éducation des enfants, de morale sexuelle, de politique économique...

  • Le brocart

    Teru Miyamoto

    Le Brocart est un roman épistolaire. Par le plus grand des hasards, un homme et une femme autrefois mariés, puis séparés, se sont revus. En l'espace d'un an, ils vont tisser et retisser leur histoire d'amour dans une correspondance faite de confessions, de volteface, de mensonges, d'enthousiasme. Mais le passé, le présent, l'avenir se rejoignent et leurs lettres nouent entre eux un nouveau destin. Ce roman surprenant de délicatesse est l'histoire de la vie d'un homme et d'une femme s'exposant au vent qui souffle vers l'avenir.

  • " Je vais leur montrer, moi, à tous ces villageois, qui est une baguette et qui est une poutre ! " Trois soeurs décident de quitter leur campagne et le mépris des autres, pour chercher fortune dans une grande ville. Soeurs Trois, Cinq et Six n'ont guère fait d'études, mais il y a une chose qu'elles ont apprise : leur mère est une ratée qui n'a pas su enfanté de fils, et elles-mêmes ne méritent qu'un numéro comme prénom. Les femmes, leur répète leur père sont comme des baguettes : utilitaires et jetables. Les hommes, eux, sont des poutres solides qui soutiennent le toit d'une maison.
    A Nankin, leurs yeux s'ouvrent sur un monde totalement nouveau : les buildings et les livres, le trafic automobile, la liberté des moeurs et la sophistication des habitants. Elles vont faire preuve de leur détermination et de leurs talents, et quand l'argent va arriver au village, leur père sera bien obligé de réviser sa vision du monde. C'est du coeur de la Chine que nous parle Xinran. De ces femmes qui luttent pour conquérir leur place au soleil.

  • Avant de devenir le célèbre dessin animé de Takahata Isao, La Tombe des lucioles est une oeuvre magnifique et poignante de l'écrivain Nosaka Akiyuki. L'histoire d'un frère et d'une soeur qui s'aiment et vagabondent dans l'enfer des incendies tandis que la guerre fait rage ; une histoire qui est celle que Nosaka vécut lui-même, âgé de quatorze ans, en juin 1945. Mais Nosaka, c'est aussi un style inimitable, une écriture luxuriante que l'on reconnaît d'abord à son brassage de toutes sortes de voix et de langues.
    Une prose étonnante, ample, longue, qui réussit à, concentrer en une seule phrase des couleurs, odeurs et dialogues, secouée de mots d'argot, d'expressions crues, d'images quasi insoutenables, qui trouvent ici une beauté poétique et nouvelle.

  • Taj

    Timeri N. Murari

    Tout le monde connaît le Taj Mahal, mausolée de marbre orné d'or, d'argent et de pierres précieuses. Quand sa reine Arjumand meurt, Shah Jahan veut construire un monument à l'image de leur amour parfait. Pendant vingt-deux ans, vingt mille hommes ont travaillé jour et nuit pour satisfaire cette obsession. Ce récit puissant nous raconte simultanément l'incroyable amour de Shah Jahan et Arjumand, la construction du Taj Mahal après la mort de la reine, et les dernières années du règne de Shah Jahan où les fils se livrent une lutte acharnée pour accéder au Trône du Paon. Tissée avec la narration de la construction du mausolée est l'histoire de Murthi, maître-artisan hindou,
    graveur du marbre du sarcophage de Arjumand. Ce complexe et fascinant ouvrage est bien plus qu'une romance historique. Murari a recréé l'opulence sensuelle du palais et la pauvreté de l'Inde au XVIIe siècle, les vicissitudes du règne de Shah Jahan et la lutte, souvent amère, entre les hommes de foi différente.

  • La sécheresse contraint la population d'un petit village de montagne à fuir vers des contrées plus clémentes. Incapable de marcher des jours durant, un vieil homme demeure, en compagnie d'un chien aveugle, à veiller sur un unique pied de maïs. Dès lors, pour l'aïeul comme pour la bête, chaque jour vécu sera une victoire sur la mort. Ce livre est d'une force et d'une beauté à la mesure de cette plaine où flamboie un soleil omniprésent. Le roman de Yan Lianke est un hymne à la vie. La fragilité et la puissance de la vie, et la volonté obstinée de l'homme de la faire germer, de l'entretenir, d'en assurer la transmission. C'est un acte de foi, aux confins du conte et du chant, à la langue comme jaillie de la nuit des temps ou des profondeurs les plus intimes de l'être.

  • Tout a une histoire pour Li Juan, tout a une vie digne qu'on s'en souvienne. C'est ainsi qu'elle nous raconte, avec loyauté et humour, ses coins perdus de l'Altaï, des fragments de son existence dans ces espaces immenses, loin, bien loin de la Chine connue :
    Rencontres, paysages, transhumances, amitiés...
    Chinoise Han parmi les Kazakhs, elle contemple la vie des nomades et la succession des saisons, avec un regard d'une force singulière dans sa simplicité.

  • Un recueil de contes par l'une des plus grandes figures littéraires du Japon, dont l'humour et le merveilleux ont toujours, comme chez Andersen, une résonance intime et douloureuse. Dans un univers de fantaisie et de mystère, ces histoires ont parfois la saveur des fables et ce sont souvent de vrais drames qui ont lieu, dont les protagonistes sont des enfants, des animaux, des plantes ou même des étoiles.

  • Lorsque Yan Lianke s'empare du célèbre slogan de la Révolution culturelle, c'est pour piétiner les tabous les plus sacrés de l'armée, de la révolution, de la sexualité et de la bienséance. De quoi donner une crise d'apoplexie au ministre de la Propagande chinois.
    "Servir le peuple" devient, pour l'ordonnance d'un colonel de l'Armée populaire de la libération, l'injonction de satisfaire aux besoins sexuels de la femme de son supérieur. Le mari s'étant absenté pour deux mois, les deux amants passent leurs journées, cloîtrés dans la maison, où ils découvrent par hasard, en brisant une petite statue en plâtre de Mao, que ce geste sacrilège décuple leur désir. Dès lors, c'est à qui se montrera le plus « contrerévolutionnaire » en détruisant le maximum d'objet liés au Grand Timonier.

  • L'histoire d'amour entre Hiromi, une jeune mère célibataire, et Chiyoko, une lycéenne, débute au moment où cette dernière s'apprête à se jeter sous un train. Avec Sosûke, le fils de Hiromi, les deux femmes fondent une nouvelle famille et ouvrent une maison d'hôtes d'un genre unique, baptisée l'Auberge de l'arc-en-ciel.

  • Shanghai, 1931. Un immense chaudron bouillonnant des intérêts contradictoires qui se partagent la ville. Xue, un jeune photographe franco-chinois, se met au service de la police de la Concession française, un peu par peur, un peu par intérêt. Sa maîtresse russe, Teresa, trafiquante d'armes au passé trouble, navigue entre mafieux et organisations clandestines qu'elle approvisionne au gré de leurs besoins.
    C'est alors que Xue croise la route d'une beauté enrôlée par un groupuscule révolutionnaire...
    Dans ce roman noir très précisément documenté et intensément jubilatoire, les hommes arborent la fausse nonchalance des héros de Raymond Chandler, les femmes sont fatales ou terriblement émouvantes, l'action est sujette à de brusques accélérations comme dans un vieux film en noir et blanc qui s'emballe.
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  • Un fabricant d'éventails d'un vieux quartier de Tôkyô tient son journal d'avril 1945 à avril 1946. Une évocation passionnante du Japon sous l'occupation américaine, débordante d'humour et nourrie d'une foule de détails savoureux : la débrouillardise, les combines du marché noir, les tracasseries administratives, la contestation... et les menées secrètes et rocambolesques de sept femmes, qui se consacrent espionnes pour contrecarrer les projets de l'occupant.

  • L'histoire véridique de Ijichi Eiji ou la vie d'un gangster japonais, d'un yakuza, telle qu'il la confia à son médecin avant de mourir. Chef de gang spécialisé dans les "affaires de jeu" de Tokyo, il raconte avec sincérité son apprentissage, son ascension sociale, ses amours, les tripots de jeu, les assassinats, ou bien comment il se coupa le doigt en signe de repentir. Il confesse coups de main, interrogatoires, prison, nous dévoile les coutumes et les rituels de cette confrérie et nous guide dans le monde souterrain du crime organisé au Japon.

  • Radhika Jha saisit des instants de vie au moment où, comme en suspens, les certitudes vacillent avant de basculer. Passant de la comédie à l'italienne, avec conversations surprises derrière des paravents et quiproquos en cascade, à la sensualité d'un tableau de genre, ou au drame, dans des textes savoureux et brillants d'intelligence.

  • Princesse Bari est l'histoire d'une jeune fi lle, frêle et courageuse, qui fuit la Corée du Nord à la fi n des années 1990, se réfugie un moment en Chine avant de traverser l'océan à fond de cale d'un cargo et de débarquer dans un Londres clandestin où se côtoient toutes les langues et religions.
    À Londres, Bari gagne sa vie comme masseuse, mais elle ne soigne pas seulement les corps, elle console aussi les âmes. Car Bari a hérité de sa grand-mère des dons de voyance qui lui permettent de voyager dans les rêves et de lire les cauchemars dont sou rent les autres. Ce roman transfi gure une très ancienne légende où une princesse abandonnée va chercher à l'autre bout du monde l'eau de la vie qui permettra aux âmes des morts de connaître enfi n l'apaisement.

  • Un vieux fou de poésie part en croisade contre tous les démons de la modernité qui enlaidissent la nature. Afin de sauver sa petite-fille de leur emprise, il l'enlève, embarque dans son errance une jeune fugueuse et un chauffeur de taxi, et part à la recherche d'une terre promise où persisteraient encore la beauté et la pureté originelles.
    Avec pour seul guide le Manyô-shû, le plus ancien recueil de poésie japonaise, il se lance dans l'impossible quête des lieux chantés par ces admirables poèmes. Impossible car le temps a bien sûr passé... Il mesurera bientôt les limites et les dangers de son rêve.

  • Soundtrack

    Hideo Furukawa

    Fin du XXe siècle. Deux enfants, un garçon et une fille, se retrouvent échoués sur une île déserte dans le Pacifique. En deux années, ils développent des techniques de survie et de communion avec la nature, proches du chamanisme. Devenus grands et rendus à la civilisation, ils découvrent un T okyo transformé par le réchauffement climatique et l'immigration clandestine. Envahi par une végétation tropicale et des colonies de corbeaux à gros bec, un milieu hostile où ils vont devoir apprendre à survivre, sur les décombres de la société des hommes.

  • Le ruban

    Ito Ogawa

    Une grand-mère fantasque et passionnée d'oiseaux trouve un oeuf tombé du nid, le met à couver dans son chignon et donne à l'oiseau qui éclot le nom de Ruban. Car cet oiseau, explique-t-elle solennellement à sa petite-fille, « est le ruban qui nous relie pour l'éternité ».
    Un jour, l'oiseau s'envole et pour les personnes qui croisent son chemin, il devient un signe d'espoir, de liberté et de consolation.
    Ce roman grave et lumineux, où l'on fait caraméliser des guimauves à la flamme et où l'on meurt aussi, comme les fleurs se fanent, confie donc à un oiseau le soin de tisser le fil de ses histoires. Un messager céleste pour des histoires de profonds chagrins, de belles rencontres, et de bonheurs saisis au vol.
    Un livre lumineux, tout de douceur, de fantaisie et de poésie... à lire pour se donner du baume au coeur (Page des libraires).
    Sortie en septembre 2016

  • Ce roman nous fait vivre de l'intérieur l'engrenage infaillible de la corruption. Bakir le petit fonctionnaire falot s'enorgueillit de sa probité, jusqu'au jour où il prend conscience de la médiocrité de sa fortune et de la piètre estime dont on l'entoure. C'est alors qu'il découvre peu à peu l'ivresse de la richesse, du luxe et du pouvoir grâce au jeu de la corruption. Si l'auteur a écrit ce roman dans les années 1950 pour dénoncer la bureaucratie gangrenée de son pays, la profondeur de l'analyse psychologique fait que le récit dépasse le point de vue politique pour devenir une fable sur la cupidité et la vanité humaines.

  • Gros-Yeux a quatorze ans lorsqu'il arrive avec sa mère dans l'immense décharge à ciel ouvert de Séoul. Là vivent pas moins de deux mille foyers, dans des cahutes accrochées au flanc de la montagne d'ordures, en une société fortement hiérarchisée dont le moindre aspect - travail, vêtements, nourriture, logement - provient des rebuts du monde extérieur, déposés là par une ronde incessante de camions du matin au soir. Grosyeux se lie d'amitié avec un garçon un peu simple d'esprit, qui lui fait découvrir les esprits bienveillants des anciens habitants lorsque la décharge était encore une terre vouée aux cultures agricoles et aux cultes chamaniques. L'histoire se passe au début des années de dictature.

  • Sôseki écrivit pour un journal le feuilleton de ses petits contes de printemps en 1909.
    Au mois de mai de la même année paraissait sanshirô. sôseki est alors âgé de quarante-trois ans. le titre même qu'il donne à ces très courts textes, fragments de journal intime entre un 1er janvier et un 12 mars, donne au lecteur une idée de l'ensemble du recueil même si la tonalité de chacun est différente, tantôt intime et familière, tantôt d'une drôlerie délicate, étrange, ou encore empreinte de nostalgie : jour de l'an, le brasero, l'odeur du passé, la tombe du chat, brouillard...
    Il donne à voir le temps qui passe, la douceur d'un soir de neige ou la beauté des flammes. une façon de lire l'impermanence des choses. sôseki mettait en garde son lecteur dans un livre plus tardif, à travers la vitre : " je vais aborder des sujets si ténus que je dois bien être le seul à m'y intéresser. "

  • San, jeune femme au foyer, remarque qu'elle ressemble de plus en plus à son mari. C'est un homme qui a réussi dans la vie, mais à la maison il ne pense à rien, reste des heures devant la télévision à siroter un verre. San voit les traits de son visage peu à peu se brouiller, les limites entre leurs deux personnalités se confondre, leurs rôles au sein du couple s'inverser. A mesure que ce processus déroutant prend de l'ampleur, son mari dépérit, pour finir par se transformer en fleur, une fragile pivoine. San emporte la fleur sur une montagne proche et la plante à un endroit offrant un beau panorama.

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