[L'Aînée - Sciences Humaines] Des p'tits Points, des p'tits Points, toujours des p'tits Points !

  • Pour les habitants de l'Europe occidentale, les années qui ont suivi la Première Guerre mondiale furent des années de deuil, mais aussi de paix et de prospérité retrouvée. Mais pour peu que l'on déplace le regard à l'est du continent, c'est un tout autre paysage qui se dévoile. Sur les terres des empires vaincus, jusqu'en 1923, ce furent des années de cauchemar sans fin, des révolutions, pogroms, guerres civiles, massacres... Des millions de civils y trouvèrent la mort.
    Partout, des peuples pleins de ressentiment, avides de revanche, attendaient leur heure pour se venger d'ennemis réels et imaginaires. La violence extrême qui a déferlé sur l'Europe de l'après-Première Guerre mondiale a pavé la voie des conflits génocidaires qui ont suivi.

  • Le très petit nombre des travaux consacrés à l'histoire de l'État français contraste singulièrement avec la vigueur des jugements qui s'expriment à son propos.
    D'où le décalage : l'État comme problème politique, ou comme phénomène bureaucratique, est au coeur des passions partisanes et des débats philosophiques tout en restant une sorte de non-objet historique.
    Ce quasi-vide, Pierre Rosanvallon a voulu commencer à le combler dans cet ouvrage, qui est à la fois bilan et programme. Bilan, il propose une première synthèse des travaux disponibles et offre une vaste bibliographie commentée. Programme, il dessine un nouveau cadre conceptuel pour comprendre l'histoire de l'État.
    Rompant avec les approches étroitement quantitatives du poids de l'État et avec les catégories platement descriptives des "domaines d'intervention', ce livre analyse de manière dynamique la façon dont se sont formées et développées les différentes figures du rapport État/société. Il appréhende ainsi successivement le Léviathan démocratique (l'État souverain constitué par la société), l'instituteur du social (l'État producteur de lien social et d'unité), l'État providence (l'État réducteur d'incertitudes) et le régulateur de l'économie (l'État keynésien), en réfléchissant en permanence sur les spécificités du cas français.

  • " le capitaine alonso lopez de avila s'était emparé pendant la guerre d'une jeune indienne, une femme belle et gracieuse.
    Elle avait promis à son mari craignant qu'on ne le tuât à la guerre de n'appartenir à aucun autre que lui, et ainsi nulle persuasion ne put l'empêcher de quitter la vie plutôt que de se laisser flétrir par un autre homme ; c'est pourquoi on la livra aux chiens. " diego de landa, relation des choses de yacatan, 32.
    " j'écris ce livre pour essayer de faire en sorte qu'on n'oublie pas ce récit, et mille autres pareils.
    A la question : comment se comporter à l'égard d'autrui ? je ne trouve pas moyen de répondre autrement qu'en racontant une histoire exemplaire, celle de la découverte et de la conquête de l'amérique. en même temps, cette recherche éthique est une réflexion sur les signes, l'interprétation et la communication : car le sémiotique ne peut être pensé hors du rapport à l'autre. ".

  • « Principal théâtre de la vie privée, la famille, au XIXe siècle, lui fournit ses figures et ses premiers rôles, ses pratiques et ses rites, ses intrigues et ses conflits. Main invisible de la société civile, elle est à la fois nid et noud.
    Elle tend néanmoins, pour des raisons en partie politiques, à absorber toutes les fonctions et à définir les règles et les normes. Les institutions et les individus célibataires - prisons et internats, casernes et couvents, vagabonds et dandys religieuses et amazones, bohèmes et apaches - sont souvent contraints de se définir par rapport à elle, ou dans ses marges. Elle est le centre dont ils constituent la périphérie. » Michelle Perrot

  • D'Australopithèque en Homo erectus, de Cro-Magnon en âge de fer, et de gravures rupestres en pierres taillées, la préhistoire rassemble de nombreux champs de recherche distincts parmi lesquels le profane a souvent l'impression d'avancer comme vers le fond d'une grotte obscure.
    C'est un précieux fil d'Ariane que lui donne ce petit guide accessible et clair. Ses multiples illustrations et son déroulement chronologique lui permettront de replacer dans leur contexte ses propres connaissances ainsi que les découvertes les plus récentes sur l'origine et l'évolution de l'homme.
    Un guide indispensable pour comprendre le long et fascinant cheminement de nos ancêtres préhistoriques.

  • Comment la guerre de Cent Ans a-t-elle été vécue en France et en Angleterre ? Derrière les événements militaires et politiques, comment les populations ont-elles réagi au conflit ? En retard dans le domaine des finances et de l'organisation militaire, la France commença par essuyer de nombreux revers avant de retourner la situation à son profit. Mais, loin du champ de bataille, c'est dans les sociétés elles-mêmes que les changements et les évolutions furent les plus profonds. À travers une étude comparative des deux nations, Christopher Allmand s'attelle ainsi à déchiffrer ce que la guerre signifia pour les hommes des XIVe et XVe siècles, tandis que, peu à peu, on voit émerger de part et d'autre de la Manche les prémices d'un sentiment national. Préface inédite de Jean-Philippe Genet.

  • Ce livre met en valeur les caractères originaux du processus de formation de la classe ouvrière au sein de la société française.
    Ouvriers de l'artisanat urbain et ouvriers-paysans ont pu éviter le déracinement jusqu'à la fin du xixe siècle, en s'opposant efficacement aux mutations économiques irréversibles. la deuxième vague d'industrialisation a brisé cette logique en assurant le triomphe des grandes usines, des banlieues et des rigidités du rapport salarial. la première guerre mondiale, la rationalisation du travail et l'immigration massive ont donné naissance à un nouveau monde ouvrier, sans liens avec le précédent, marginalisé jusqu'au front populaire, moment de son irruption sur la scène politique et de son intégration dans la société française.
    Les travailleurs de la grande industrie (le " métallo ") dominent la scène sociale et politique dans les décennies qui suivent la seconde guerre mondiale. la crise actuelle se traduit par la marginalisation de ce groupe ouvrier et par l'éclatement du monde du travail.

  • Le 3 mars 1944, les habitants d'un hameau de l'Ardèche sont fusillés par les SS pour avoir caché des maquisards. L'endroit comptait alors quinze habitants, mais étrangement on y a retrouvé seize corps. Quelle est l'identité de cet homme ? Personne n'a jamais voulu le savoir. Jusqu'à ce qu'Olivier Bertrand décide d'enquêter. À la recherche de l'inconnu, il se lance sur les traces du maquis Bir-Hakeim et met en lumière les massacres oubliés et les secrets de la Résistance.

  • Les aventures d'Astérix et les souvenirs des leçons d'histoire ont forgé dans nos esprits une image des Gaulois stéréotypée et contradictoire. Entre les guerriers indisciplinés et querelleurs, trop désunis pour résister à la conquête romaine de César, et les druides, prêtres et magiciens adeptes du sacrifice humain, il importait de rétablir la vérité.

    Jean-Louis Brunaux examine les principales idées reçues sur « nos ancêtres les Gaulois » : pour chacune, il recourt à une documentation précise et nourrie par les récentes découvertes de l'archéologie. La nouvelle image des Gaulois qui en ressort, pour être plus proche de la réalité historique, n'en est pas moins fascinante.

  • Jean-michel david il est professeur d'histoire ancienne à l'institut d'histoire romaine de l'université des sciences humaines de strasbourg.

  • Ancien élève de l'ecole normale supérieure, docteur ès lettres, professeur d'histoire grecque à l'université de nancy-ii.

  • L'homme medieval

    Jacques Le Goff

    • Points
    • 18 Avril 1994

    Tous les historiens qui ont contribué à l'ouvrage que l'on va lire ont voulu, comme je le souhaitais, décrire et expliquer l'homme médiéval à l'aide des réalités économiques, sociales, mentales et imaginaires dans l'union structurée desquelles la majorité des historiens comprend aujourd'hui l'histoire. Ils sont eux-mêmes les héritiers et les artisans des deux grandes problématiques qui ont, en notre siècle, renouvelé l'histoire. L'histoire économique et sociale d'abord, qui est toujours la base sociale de l'explication du passé, l'histoire des représentations ensuite dont les historiens ont compris le rôle également fondamental dans l'évolution historique. C'est l'homme médiéval dans toutes ses dimensions qui est ici présenté, y compris celle de l'imaginaire qui permet de parler d'une façon enfin rationnelle sinon scientifique de la typologie sociale et mentale des hommes du passé. Ce qui rend possible cette évocation documentée et raisonnée de l'homme du Moyen Age à travers dix profils, c'est le croisement, fécond dans l'historiographie contemporaine, entre les typologies médiévales et les typologies modernes. C'est seulemlent en combinant les unes et les autres que l'historien peut présenter des hommes du passé une image et une explication qui échappent à l'anachronisme mais répondent aux interrogations de notre époque et aux progrès de la science historique.

  • « Les murs du Palazzo pubblico de Sienne s'embrument d'une menace, qui pèse sur le régime communal [...]. Or cette sourde subversion de l'esprit public, qui ronge nos certitudes, comment la nommer ? Lorsque manquent les mots de la riposte, on est proprement désarmé : le danger devient imminent. Lorenzetti peint aussi cela : la paralysie devant l'ennemi innommable, le péril inqualifiable, l'adversaire dont on connaît le visage sans pouvoir en dire le nom ».

    P. B.

  • Officiellement, il n'y a plus d'espaces coloniaux.
    Landen ordre mondial, celui des empires dont la puissance se mesurait à l'aune de leurs possessions coloniales, s'est effondré dans la seconde moitié du xxe siècle. a ce titre, la décolonisation est un épisode majeur de l'histoire contemporaine, comparable en importance à la guerre froide, avec laquelle elle interfère partiellement. ce livre a pour objet de décrire les ressorts et les modalités, pacifiques ou violentes, de cette émancipation des peuples, mais aussi d'en saisir la complexité à travers ses héritages et ses séquelles.
    Outre que la levée du lien de sujétion politique n'a pas signifié, ou que rarement, l'indépendance économique des nouveaux etats, cette balkanisation du monde a pu dégénérer en de multiples tensions et conflits, sur lesquels se sont greffés, de part et d'autre, des mémoires antagonistes qui sont autant de comptes mal soldés.

  • La guerre d'indochine, 1945-1954, cet ouvrage synthétique offre une approche sereine de la première guerre d'indochine - celle des français.
    Le livre s'ouvre sur un tableau du pays à l'époque coloniale. puis, l'analyse des faits et des tempéraments, des doctrines et des documents puisés aux meilleures sources permet une présentation complète de cette longue guerre coloniale, qui est à la fois un conflit révolutionnaire modèle, un moment de l'affrontement est-ouest et un chapitre très lourd de l'histoire de la ive république.

  • La séparation des chaires de grec et de latin au sein de l'université française perpétue le mythe d'une distinction, voire d'une opposition, entre la « Grèce » et « Rome ».
    Pourtant, l'Empire dit « romain » fut gréco-romain à plus d'un titre. Si la langue véhiculaire de sa moitié occidentale était le latin, celle du pourtour oriental de la Méditerranée était bien le grec. Ensuite, la culture matérielle et morale de Rome est issue d'un processus d'assimilation de cette civilisation hellénique qui reliait l'Afghanistan au Maroc. Enfin, l'Empire était gréco-romain en un troisième sens : la culture y était hellénique et le pouvoir romain ; c'est d'ailleurs pourquoi les Romains hellénisés ont pu continuer à se croire tout aussi romains qu'ils l'avaient toujours été.
    Le présent volume entend suggérer une vision d'ensemble qui ne soit pas trop incomplète de cette première « mondialisation » qui constitue les assises de l'Europe actuelle.

  • La société romaine

    Paul Veyne

    À travers une série d'études précises, qui prennent leur départ aussi bien dans la législation que dans la lecture de Virgile ou de Pétrone, et qui s'attachent aux « carrières » des esclaves, à l'idéal de l'autarcie, au statut de l'économie ainsi qu'à la symbolisation du pouvoir, Paul Veyne remet en chantier l'image que nous nous faisons de la société romaine et, singulièrement, de la ville de Rome, principe organisateur de l'empire.

  • Comment l'élan démocratique de 1789 a-t-il pu donner naissance à la violence terroriste de 1793 ? Cette question obsédait déjà les contemporains, qui y voyaient non seulement un défi politique et une épreuve morale mais aussi un scandale logique.

    Timothy Tackett n'instruit pas ici le procès de la Révolution, il décrit le processus révolutionnaire. S'appuyant sur les correspondances pour la plupart inédites des acteurs des journées révolutionnaires, le grand historien américain restitue le sens des événements et des engagements, au plus près de la manière dont ils furent vécus, ainsi que des émotions politiques qui s'y exprimèrent. Il montre avec brio comment l'on peut devenir terroriste.

  • D'Hugues Capet à Philippe Auguste, les premiers monarques capétiens jetèrent les bases d'un gouvernement monarchique absolu qui allait durer jusqu'à la Révolution française. Si, après l'élection d'Hugues Capet, en 987, la dynastie s'enlise au milieu des châteaux et des guerres de voisinage, au tournant de l'an 1100, les monarques capétiens entreprennent d'exploiter, accélérer ou simplement accompagner les profonds bouleversements qui agitent la société féodale pour donner naissance à un mode de gouvernement inédit jusque-là.
    En s'appuyant sur les chroniques de l'époque et sur les récentes découvertes de l'anthropologie sociale, Dominique Barthélemy met au jour le fonctionnement d'un système de canalisation des conflits et dévoile le caractère structurel et dynamique du système féodal pour donner un nouveau sens à la fameuse « mutation » de l'an 1100, si décisive dans l'établissement de la monarchie française et la transformation de la France en nation.

    Ancien élève de Georges Duby, aujourd'hui professeur à l'université de Paris-IV et directeur d'études à l'École pratique des hautes études, Dominique Barthélemy a publié une série d'études sur l'an mil et la France capétienne qui font référence depuis les années 1980, notamment Chevaliers et miracles (Armand Colin, 2004) et La Chevalerie (Fayard, 2007).

  • Dans le prolongement des travaux de Marc Bloch et de Georges Duby, ce passé des paysans français se veut histoire non seulement de l'agriculture et des grands cycles agraires (du Moyen Âge à la période révolutionnaire) mais histoire globale, incluant l'étude des moeurs, du folklore, de la culture, de la violence dans le monde rural. Une histoire de France dessinée à partir des campagnes est ainsi proposée, grande fresque où se mêlent en un récit complet les questions de démographie, progrès techniques, pauvreté, mortalité, révoltes et pratiques religieuses.

  • Une analyse sans préjugés partisans d'un conflit dont la signification symbolique a divisé le monde au point d'en faire oublier la réalité complexe.

    Avec un souci constant d'impartialité, l'auteur retrace les épisodes marquants en même temps que les enjeux de cette guerre civile, dans ses dimensions politiques, sociales, idéologiques, militaires et bien sûr internationales.

    Le regard de Guy Hermet ne procède pas d'une vision "révisionniste", mais cherche à comprendre la constitution démocratique de l'Espagne.

  • 1598 : edit de nantes 1685 : edit de fontainebleau qui révoque l'édit précédent.
    Entre ces deux dates, le protestantisme français a vécu une période de compromis avec l'etat absolu. mais la logique de celui-ci est contraire au maintien du pluralisme religieux. janine garrisson retrace dans ce livre, nourri de sources originales, ce que fut la condition variable des protestants français sous les bourbons. elle nous les peint dans leur existence, leur foi, leurs inquiétudes. puis elle nous montre la mise en action du formidable rouleau compresseur par la monarchie absolue et, finalement, l'éradiction du protestantisme de la terre de france, dont l'edit de fontainbleau est l'aboutissement.
    En fait, la révocation de l'edit de nantes ne réussissait qu'à renforcer les etats protestants, trops heureux d'accueillir cette grande richesse humaine : ces huguenots français dont l'exil allait sensiblement appauvrir la france.

  • L'histoire de l'Empire islamique, de la mort du Prophète en 632 à l'éviction des Arabes des structures de pouvoir et à l'émergence des sultanats turcs au XIe siècle, en passant par les conquêtes, la mise en place du califat, l'éclosion et la chute des dynasties abbasside, omeyyade ou fatimide, tel est le propos de Gabriel Martinez-Gros. Mais, pour éviter le biais d'une histoire de l'Islam vue d'Occident, l'auteur convoque les sources des historiens arabes médiévaux, dont Ibn Khaldûn.

    Ainsi émerge une tout autre perception de l'Empire islamique, où les dynasties se consolident dans la première génération de leur existence, atteignent leur floraison dans la deuxième, vieillissent et agonisent dans la dernière. C'est donc à une triple réflexion que nous invite ce livre admirable et singulier : d'abord sur l'histoire de l'Islam médiéval, ensuite sur la dynamique impériale, enfin sur l'écriture de l'histoire.

  • Ce livre est d'abord l'histoire des relatives tolérances envers la violence sexuelle dans la france ancienne, celles qui enveloppent de surcroît la victime dans l'indignité de l'acte et tendent invinciblement à la condamner.
    Il faut du temps pour que change la vision du viol dans la jurisprudence ou la loi à la fin du xviiie siècle. et aussi la reconnaissance, au xixe de la violence morale, celle des peurs et des menaces caractérisant souvent le viol.
    Impossible pourtant de s'en tenir aux seuls changements de la loi. cet ouvrage retrace aussi l'histoire des obstacles opposés à cette conscience juridique. il faut les repères d'aujourd'hui, l'égalité nouvelle entre hommes et femmes, la suspicion sur les pratiques de domination pour que soient bouleversés les jugements anciens.
    Il faut plus encore une attention toute particulière à l'espace psychique et au monde intime pour que les effets du viol soient totalement reconsidérés.

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