Catherine Vallée

  • Ce n'est pas en historienne de la philosophie qu'Hannah Arendt s'intéresse à Socrate, mais pour comprendre le totalitarisme, ce fléau absolu de notre temps.
    Elle voit en lui l'incarnation d'attitudes de pensée et de vie susceptibles de constituer des antidotes contre la tendance des sociétés contemporaines à " rendre les êtres humains superflus en tant qu'êtres humains ". Etudier la figure de Socrate conduit Arendt à appréhender d'une manière nouvelle le conflit de la philosophie ou de la morale avec la politique et à éclairer le concept controversé de " banalité du mal ".
    Aussi cette étude peut-elle représenter une introduction privilégiée à l'oeuvre d'une des philosophes politiques les plus originales de notre siècle.

  • A-t-on le droit de mal faire quand il n'y a de punition à la clé ? Les hommes peuvent-ils être bons ou sont-ils tous méchants ? Un méchant ne peut-il pas être heureux ? Ce ne sont pas seulement des questions que les enfants peuvent comprendre, ce sont des questions qu'ils se posent. Dégager la portée philosophique du mythe de Gygès, c'est alors les conduire à mieux comprendre la position de Socrate, selon lequel "dépourvue de pensée, la vie ne vaut pas d'être vécue"...

  • Moïse, oedipe, Superman : trois enfants abandonnés, trois enfants adoptés. Que signifie s'inscrire dans l'histoire d'une nouvelle famille avec son propre passé, construire un nouveau lien de filiation appelé à résister à l'épreuve du temps oe Illustré de cas cliniques, de témoignages, nourri d'enquêtes originales, cet ouvrage aborde de nombreux points concrets : pourquoi certains enfants ne sont-ils pas adoptables ? Comment sont sélectionnées les futures familles adoptives ? Quels sont les problèmes spécifiques rencontrés par les enfants adoptés ? Comment réagir face à leurs questions ? Faut-il les aider dans leur « quête des origines » oe Les auteurs, confrontées chaque jour à ces questions en tant que professionnelles chargées du suivi de l'adoption, formulent aussi des propositions afin que l'adoption se construise, comme pour toute histoire familiale, en récits de vie.

    Dans une approche plus sociologique et psychanalytique, ce livre ouvre enfin la réflexion sur les thèmes de la parentalité et des origines - avec notamment la question de l'accouchement sous X -, interrogeant la place de la filiation biologique dans notre société.

    Sophie Marinopoulos, psychologue clinicienne et psychanalyste, est chargée de l'accueil et du suivi des maternités vulnérables au CPEF de la maternité de Nantes, travaille au COFI (Consultation filiation) de Paris et au CMPP-CAMSP Henri-Wallon de Nantes.

    Catherine Sellenet est professeur d'université en sciences de l'éducation et dirige le CREC (Centre de recherches éducation-cultures) à l'IUT de La Roche-sur-Yon (université de Nantes).

    Françoise Vallée, psychologue clinicienne, exerce à Nantes dans le service d'adoption de l'aide sociale à l'enfance, où elle est chargée de l'agrément et de l'accès des personnes adoptées à leur dossier.

  • Au début de sa République, Platon raconte le légende de Gygès, qu'on trouve déjà chez Hérodote et qui sera repris par Cicéron, Wagner ou Tolkien.

    Gygès, un jeune et misérable berger découvre une bague au pouvoir magique: quand il en tourne le chaton vers l'intérieur, il devient invisible. Etre invisible c'est parfois bien commode: quand on n' est pas vu, on est sur de n'être pas pris! Notre berger s'arrange donc pour faire partie des messagers envoyés au palais royal. Là, il séduit la reine, complote avec elle l'assassinat du roi et prend sa place.

    Imaginons maintenant qu'il y ait deux anneaux: l'homme juste en reçoit un, le méchant l'autre. Aucun des deux n'aurait assez de courage pour résister à la tentation du vol, du viol ou du meurtre: "personne n'est juste volontairement, on est juste seulement par contrainte".

    C'est Glaucon, le frère de Platon, qui raconte l'histoire pour illustrer, sans toutefois l'approuver, le point de vue des Sophistes : ne pas commettre l'injustice est le fait des faibles; si l'on pouvait commettre l'injustice impunément on aurait tort de s'en priver; un crime parfait n'est pas un crime, quand il est bien fait, il est bien de le faire; ce qu'on appelle la justice se réduit à la peur du châtiment; il n'y a pas de morale qui tienne, la "morale" n'est qu'une convention sociale et arbitraire. Le point de vue de Socrate est tout autre: il n'est pas de crime parfait ni de criminel heureux car il n'y a pas de crime sans témoin: nous avons une conscience; la conscience est le témoin intérieur qui nous empêche de commettre des actes en compagnie desquels nous ne pourrions vivre ensuite. Ainsi, à tout prendre, "mieux vaut subir l'injustice que la commettre".

    A-t-on le droit de mal faire quand il n'y a pas de punition à la clé? Les hommes peuvent-ils être bons ou sont-ils tous méchants? Un méchant ne peut-il pas être heureux? Ce ne sont pas seulement des questions que les enfants peuvent comprendre, ce sont des questions qu'ils se posent. Dégager la portée philosophique du mythe c'est alors les conduire à mieux comprendre la position de Socrate. Nous ne vivons pas seulement en compagnie des autres mais en compagnie de nous-même et de notre conscience. Il faut s'efforcer d'agir bien non pas par peur de la punition ou par peur que soit retirée l'affection des parents mais pour garder l'estime de soi. Nul n'est plus malheureux que celui qui a perdu le respect de lui-même ou celui dont la conscience finit par se taire à force d'être fuie: il doit toujours s'étourdir, il ne peut plus se tenir compagnie à lui-même, imaginer, se souvenir, se poser des questions, réfléchir : "dépourvue de pensée, sa vie ne vaut pas d'être vécue". On peut alors inviter les enfants à s'interroger: s'ils possédaient un anneau magique, qu'en feraient-ils? Notre mythe se révèle finalement pour nos enfants une précieuse expérience de pensée, une manière discrète et efficace d'éveiller ce sens moral que nos sociétés férues de réussite sociale ont tendance à oublier.

  • Cet essai reprend les protagonistes du mythe de la Genèse et propose de le revisiter. Il démontre que Lilith, Eve, Adam et Yahvé sont des archétypes universels qui nous ramènent aux temps archaïques de la lutte du Matriarcat et du Patriarcat. Encore actifs dans l'inconscient collectif, ces archétypes provoquent toujours à notre époque des comportements psychologiques inconscients limitatifs. Aujourd'hui, nous restons sous l'emprise de culpabilités et d'interdits de croissance et d'expériences. Il est urgent, pour les nouvelles générations, de faire éclater la gangue des croyances anciennes et les diktats de Yahvé engendrant de la culpabilité ! Finissons-en avec le péché de chair, l'enfantement douloureux, le labeur-torture qu'Adam nous a transmis, les peurs du châtiment divin qui freinent notre évolution et nous privent de notre libre-arbitre ! "Se libérer du Patriarcat" nous ouvrira les portes de la création et de notre réalisation. Eve n'est pas cette grande pécheresse qui nous a été présentée mais une initiatrice vivante qui a permis à l'Humanité de partir à la quête de sa conscience ! En dévoilant ces archétypes, les auteures amènent les lecteurs à se défaire, au fil des pages, des interdits de l'Éden et à s'ouvrir aux «néotypes». Pour sortir des impasses actuelles, l'Humanité n'a pas d'autre choix que de s'orienter vers les fruits de l'Arbre de Vie, c'est-à-dire de la joie de vivre et d'aimer. Ainsi l'humain s'épanouira dans la plénitude en développant ses capacités créatrices !

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