Fabio Viscogliosi

  • Cascade

    Fabio Viscogliosi

    Quel est le point commun entre Galilée, Robert Bresson, Ettore Sottsass, saint François d'Assise et Robert Walser ? Rien a priori, si ce n'est de se retrouver convoqués par Fabio Viscogliosi dans son dernier ouvrage, Cascade. Réflexions métaphysiques, bribes de souvenirs, références au cinéma et à la littérature se trouvent mêlées dans ce livre album haut en couleurs. Les 103 planches du volume constituent autant de tentatives d'arrêter le temps en isolant une idée, un souvenir ou une sensation et fonctionnent comme des variations regroupées sous une même atmosphère colorée. Fabio joue avec des formes aux couleurs franches et aux contours bien délimités pour bâtir des visuels ludiques à la limite de l'abstraction.

    Un travail qui évoque ses oeuvres à la peinture acrylique. Il met également en scène le fameux âne, alter-ego de papier et personnage récurrent de son univers graphique - figure que l'on retrouve également sur les pochettes de ses albums, car Fabio est également musicien. À la fois livre de notes et de souvenirs, Cascade s'attaque au joyeux chaos de la pensée pour tenter de le mettre en forme(s).

    Il s'agit de son troisième ouvrage publié par L'Association.

  • Harpo

    Fabio Viscogliosi

    Une aventure inédite d'Harpo Marx, qui débute lors d'une tournée théâtrale en Union soviétique avant de bifurquer brutalement au volant d'une Torpédo bleu pâle dans un ravin de Haute-Ardèche, à l'hiver 1933. Une odyssée de poche de l'icône du cinéma américain devenu, un temps, probable vagabond amnésique sur les routes de France.

  • Bien avant Da Capo (paru en 2010), le fameux chat vagabond de Fabio Viscogliosi errait de poubelle en poubelle et voguait de trouvailles en mauvaises rencontres dans un monde désabusé où il était bien difficile de trouver un peu de chaleur « humaine ». Initialement publié en 1996, ici réédité, et signé du nom complet de son auteur aujourd'hui bien connu, le lecteur plongera ou re-replongera avec bonheur au coeur de ce monde silencieux et minimaliste.

  • Fabio Viscogliosi revient sur l'événement qu'il évoquait sans le nommer dans Je suis pour tout ce qui aide à traverser la nuit, la mort de ses parents dans « l'incendie du 24 mars 1999 sous le tunnel du mont Blanc » qui fit 39 victimes. L'accident, l'enquête, les conclusions du juge d'instruction, les articles de presse, le procès et la façon dont une société entière s'empare de l'événement sont au coeur du récit, mais surtout la réalité intime et quotidienne à laquelle le narrateur doit faire face : vider la maison de ses parents, débroussailler le jardin à l'abandon, rendre visite à l'avocat, tenter d'ouvrir une malle récalcitrante, et se trouver confronté à de nombreux signes et coïncidences qui viennent réinterroger les circonstances de la mort de ses parents, à jamais un mystère. Fabio Viscogliosi, dans ce récit mobile, tendu et tendre à la fois, sonde les variations de sa pensée ainsi que ses différentes humeurs pendant les années qui ont suivi, mais dit aussi son retour au monde et son désir de vivre.
    Pourquoi a-t-il la sensation d'être désormais poursuivi par le mont Blanc, véritable personnage qu'il érige en métaphore littéraire ? Qu'est-ce qu'appartenir à la communauté des orphelins et s'apparenter à David Copperfield ? Pourquoi, à l'heure où ses parents disparaissaient, il achetait l'album de Kraftwerk, Autobahn ? Et surtout quel sens faut-il voir dans le fait que son père et sa mère sont morts ensemble, « en amoureux », précisément à la frontière qui relie la France et l'Italie, pays de l'origine ? Autant de questions avec lesquelles l'auteur chemine en compagnie de Borgès, Kerouac, Daumal, Fitzgerald ou Cary Grant, Annie Ernaux ou Wim Wenders, dont la présence et la façon d'interroger le monde font écho à la traversée puissante et bouleversante que nous livre Fabio Viscogliosi.

    1 autre édition :

  • Ma vie de garçon

    Fabio Viscogliosi

    Ma vie de garçon explore un univers chargé d'interrogations sur le monde, la nuit, l'inconnu, les femmes... Bougies, aimants, ânes, cordes, tuyaux, yeux... les formes se répètent, ce qui explique parfois cette étrange impression de déjà-vu : le monde de Fabio Viscogliosi, d'une consistance surréaliste, épaisse et irradiante, s'écoule lentement.
    C'est drôle comme Groucho Marx. Étrange comme Max Ernst.
    Explorateur, comme Giuseppe Ungaretti.

  • Da capo

    Fabio Viscogliosi

    Cette édition reprend les trois volumes que Fabio Viscogliosi avait publié au Seuil entre 1995 et 1998 : 'L' Oeil du chat', 'Du plomb dans l'aile' et 'Morte saison pour les poissons'. Silhouette filiforme, le chat en perpétuelle dérive, à la recherche d'un repas ou aux prises avec la police, évolue comme un hiéroglyphe dans un univers graphique minimaliste dont Fabio Viscogliosi tire le plus grand parti.

  • Les hors la loi

    Fabio Viscogliosi

    La vie est une fête quotidienne. Chaque instant n'a rien à envier au pré-cédent, et l'on devrait toujours se réjouir de l'ordinaire - ordinaire qui estpeut-être l'expérience la plus intense de ce que l'on nomme, avec un peud'emphase, le réel. Quoi de plus beau que ce presque rien, et donc ce tout,à portée de main ? Et quoi de plus merveilleux qu'un jour de semaine ?Ainsi, à la toute fin du mois d'août, un vendredi, j'étais chez moi, unetasse de thé à la main ; je balançais d'un pied sur l'autre tandis que résonnaitdans mon salon ce titre de Burt Bacharach, The Look of love, morceau quia le don de mettre mon coeur en fête, quoi qu'il advienne, agissant sur monorganisme comme une lampée de cognac ou un bon coup de pied auxfesses. Oui, ce vendredi d'août, je serais volontiers resté là, avec ce bon vieuxBurt Bacharach, pour l'éternité et rien d'autre. Mais je n'avais guère le temps, ce jour-là, car je devais me rendre enBourgogne afin de participer à un petit festival qui, m'avait-on dit, se dé-roule chaque année dans les jardins du château de Painblanc, au creux dela vallée de l'Ouche. Il s'agissait tout simplement pour moi de lire en pu-blic quelques pages extraites de mon dernier livre. Cette performance -appelons-la ainsi, par commodité - ne devait pas excéder une vingtainede minutes. Elle s'inscrivait dans un parcours où les gens auraient le loisirde déambuler en pleine nature et d'apprécier littérature, poésie, dansecontemporaine et installations sonores, le tout sous le patronage des éliteslocales.

  • Je suis pour tout ce qui aide à traverser la nuit est un récit à multiples facettes, un kaléidoscope qui, par petites touches, dresse le portrait d'un homme de quarante ans vivant en France, fils d'immigrés italiens, enfant du rock tout autant que de Magritte ou Laurel et Hardy. Dans le grand catalogue sensible qu'est son récit - une suite de textes aux titres intrigants -, Fabio Viscogliosi convoque avec tendresse ceux avec qui il dialogue depuis toujours et lui permettent d'interroger le monde : saviez-vous que Picasso admirait la fragilité des chauves-souris ? Que Buster Keaton portait des chaussures bien plus grandes que ses pieds ? Que Georges Simenon rêvait d'une belle urne rouge vif pour accueillir ses cendres ? Franck Sinatra, Bob Dylan, Alfred Hitchcock ou Eddie Cochran.
    Autant d'hommes illustres qui s'invitent également dans l'univers de l'auteur, ne faisant que passer mais déposant l'épaisseur de leurs mystères ou la singularité de leurs pratiques et de leurs questionnements.
    Mais ce qui fait que le livre de Fabio Viscogliosi est extrêmement attachant est la façon dont il évoque aussi l'enfance et la figure des parents dont on comprend qu'ils ont disparu brutalement un jour de printemps. La mère, mais aussi et surtout le père à qui « il donnait souvent la main » sur les chantiers, pour poser un cumulus, fixer un portail, déboucher des toilettes ou souder de la tuyauterie, et avec qui il entretenait une relation profonde et complice.
    L'écriture de Fabio Viscogliosi donne à la beauté du geste d'un plombier italien autant de force que celle d'un cinéaste ou d'un peintre de renom.
    C'est aussi la disparition et le poids de la perte qui traversent ce livre, emprunt d'humour et de mélancolie.
    Questionnement sur l'absurde, la force du lien, la nature du bonheur, le récit de Fabio Viscogliosi est fait des petites choses du quotidien, d'infimes détails révélateurs, montrant toujours l'envers du décor. Et c'est ainsi que le lecteur prend une place centrale dans ce texte, parce que Je suis pour tout ce qui aide à traverser la nuit parle de lui, avec des mots justes et un style délicat emprunt de pudeur, de sa propre traversée, de ses jours et de sa nuit.

  • Apologie du slow

    Fabio Viscogliosi

    Le précédent récit de Fabio Viscogliosi, Mont Blanc - dans lequel il revenait sur l'accident sous le tunnel du Mont Blanc qui a coûté la vie à ses parents - s'achevait sur une phrase annonciatrice : " J'avais rendez-vous avec la vie, je ne voulais surtout pas la faire attendre. " En une succession de textes brefs, l'auteur nous dit aujourd'hui dans Apologie du slow comment il se laisse reprendre par " sa pente " naturelle, faite de la joie et l'énergie retrouvées après la traversée du deuil, attentif à ce qui " dans sa vie, lui apparaît essentiel ".
    Fabio Viscogliosi poursuit une entreprise romanesque faite de rêveries et de distorsions entre réalité et fiction, et nous propose une suite de récits aussi ludiques qu'inventifs, aussi pudiques que burlesques, fragments d'existence avisés et électriques où l'ordinaire devient épopée.
    On roule beaucoup dans ce livre, version speed ou slow, en train, en voiture, sur un tandem, sur des routes françaises, italiennes, suisses ou mexicaines, seul, avec le fils, le père, des amis d'enfance ou des passagers de fortune. On y côtoie des peintres, des écrivains, des cinéastes. On s'interroge sur la vitesse, le vertige de l'infini, l'illusion, et comment le hasard se transforme en destin. Et comme toujours, chez Fabio Viscogliosi, on découvre le fil quasi magique qui relie chaque situation dans l'imaginaire de l'auteur. Ainsi quel rapport entre son oncle, le pont de la Guillotière à Lyon et Pasolini ? Pourquoi Errol Flynn s'invite-t-il dans la confection d'une sauce tomate à l'italienne ? Quel point commun entre un plongeon dans le lac Léman, un couple de moineaux et un tableau de Gauguin ?
    Apologie du slow serait un manifeste tissant une suite de " tableaux en cascade " qui ricochent, miroitent, se jouent de l'apparence des choses, explorent ce qui est double, en un grand jeu avec le lecteur où il n'est pas étonnant qu'apparaissent Mondrian, Kafka, Jérôme Bosch ou Godard en personne, puisque, chacun à sa façon, a exploré l'art du faux-semblant.
    Une façon très originale qu'a Fabio Viscogliosi de poursuivre une oeuvre littéraire en forme d'autoportrait jubilatoire à double fond.

  • Telle une bibliothèque portative, cet ouvrage présente, sous emboîtage, une collection de 60 livres fictifs. Couverture, typographie, maquette, ils ressemblent à s'y méprendre à de vrais Que sais-je ? Mais l'auteur a détourné à son propre usage la fameuse encyclopédie de poche. Privés de leur fonction documentaire, les titres agissent ici à la manière de haïkus, ou comme les fragments d'une autobiographie : La nuit, Le marteau et l'enclume, Les lasagnes, Eddie Cochran sans moi, Le coup de la soudure, La maquette verte, L'oeil du chien, les faux nuages... Chacun d'eux est le titre d'un chapitre chargé de tous les possibles.
    L'ensemble se lit comme une longue suite romanesque, un cadavre exquis au plaisir singulier et sans cesse relancé. Le lecteur a toute la liberté de conserver la bibliothèque complète, ou de détacher une à une les couvertures qui se transforment alors en cartes postales.

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