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  • Conçu comme un petit « catalogue privé » à côté du catalogue officiel l'ouvrage présente les 20 oeuvres de Pierre Soulages exposées au Louvre entre décembre 2019 et mars 2020 à l'occasion du centenaire de l'artiste.
    Bruno Duborgel nous invite ici à un voyage initiatique pour pénétrer l'oeuvre de Pierre Soulages. Des anciens brous de noix (1946-1949) et goudrons sur verre (1948) à ces « outrenoirs » récents (2019), le parcours artistique de Pierre Soulages décrit un imprévisible chemin d'aventure et de renouvellements et, en même temps, affirme une fidélité rigoureuse à une même quête : celle d'un art dit-il, « qui ne transmet pas de sens, mais fait sens ».
    Riche en évocations poétiques, l'auteur convoque dans cette ballade métaphorique des poètes tels que Stéphane Mallarmé, Yves Bonnefoy, René Char, André du Bouchet, etc. Un face à face silencieux et méditatif devant chacune des oeuvres reproduites dans le livre à cette occasion.
    Laissons Pierre Soulages conclure lui-même le propos : « J'ai la conviction que peindre est ce qu'était écrire pour Mallarmé : "une ancienne et très vague mais jalouse pratique dont gît le sens au mystère du coeur." »

  • Ce livre propose une approche neuve pour comprendre et explorer l'art de Pierre Soulages, un oeuvre profondément et humainement habité. L'auteur, à partir d'une série d'entretiens avec l'artiste, dresse un panorama qui rend compte de l'amplitude du travail de Soulages : de ses explorations sur le noir et la lumière, de ses recherches sur la matière, avec les vitraux de Conques ou ses eaux-fortes sur cuivre, à la révélation d'oeuvres inédites ou méconnues. Au fil des pages, le texte nous invite à un moment d'intimité rare qui révèle l'immensité poétique et sensible du travail de Pierre Soulages.

    L'ouvrage est accompagné d'une vingtaine d'illustrations choisies par l'artiste : peintures, eaux-fortes, brous de noix...

  • Entre 1987 et 1994, Pierre Soulages réalise les 104 vitraux de l'église abbatiale Sainte-Foy-de-Conques, en créant un verre non coloré et translucide, qui respecte les variations de la lumière naturelle.
    Dans un texte inédit, Bruno Duborgel porte un regard nouveau sur le travail de recherche de l'artiste qui a réalisé plus de 700 tentatives avant de parvenir au résultat espéré ! En mettant en dialogue la réflexion de Pierre Soulages avec des vues intérieures et extérieures des vitraux de l'église, le texte révèle la longue aventure créatrice de l'artiste, traversée de questions esthétiques, spirituelles et technologiques.
    Les vitraux de Pierre Soulages expriment ainsi le passage du temps. Leur nature « physique » est un tremplin pour une expérience poétique, une méditation d'ordre métaphysique. Elle révèle une lumière qui, selon les mots de l'artiste, « propose de la contemplation, du silence, de la concentration, de l'intériorité ».

  • « Voici, offerte à notre fréquentation contemplative, une oeuvre - une présence, pourrait-on dire - de Pierre Soulages : Peinture, 56 cm x 39 cm, 08/07/2013. Cette petite peinture outrenoire vit, bouge, s'immobilise un instant, souveraine, s'éclaire et s'assombrit, croise en elle, de mille façons au fil du temps, diverses panoplies de l'obscur, du noir, du gris et de la clarté ; elle se fait hypnotique, navette ensorcelante du rien et de la plénitude, de l'intégrale matière et d'une dimension sacrale ; elle est émettrice de déclinaisons rythmiques de maintes variétés de son noir lumière. Présence, présences... qui nous convient à une aventure silencieuse en contrée d'inconnu ».

  • La petite aquarelle

    Bruno Duborgel

    La petite aquarelle aime, à l'image de son auteur, l'effacement, la réserve, l'état de présence silencieuse. On la dirait éclose aux lisières de l'invisible. Ce paysage de peinture laisse lever en lui l'image, maintenue cependant en bordure du rêve, d'une peinture de paysage. Paysage : mot élu, entre tous, par Zoran Music qui désenclave ce terme de son usage banal et l'élève au rang d'une cartographie artistique oblique d'où scruter notre condition.

  • L'oeuvre de Lassaâd Metoui nous offre la trinité dansante de l'art, de l'amour et de la calligraphie. Les tableaux nous emportent dans des jaillissements, des sarabandes et des chorégraphies de signes, de formes et de couleurs. Ici, l'art calligraphique s'outrepasse : il relève d'une ample activité plastique qui déborde et subvertit, autant qu'elle s'y enracine, le simple projet d'une écriture oeuvrée. De l'art de Lassaâd Metoui on pourrait dire ce que Frantisek Kupka disait de l'art arabe : il est de l'ordre d'un pur " chant rythmique de l'esprit ". Il récuse la vacuité formelle et le simple esthétisme, au bénéfice d'une " gravité " paradoxale de la légèreté ornementale.

  • Le parcours artistique de Pierre Soulages (né à Rodez, en 1919) s'étend sur quelque soixante ans. Celui qui sera souvent désigné "peintre du noir", et qui se qualifie, beaucoup plus justement, "peintre de la lumière", présente dès son enfance des signes lointainement annonciateurs de son identité artistique. En 1938-39 il découvre la peinture moderne (Picasso, Cézanne), il est admis à l'Ecole nationale des Beaux-Arts de Paris, nais n'y reste pas, déçu par le type d'enseignement qui y est dispensé. Durant l'Occupation il fréquente le musée Fabre et l'Ecole des Beaux-Arts de Montpellier, et en 1942 il devient provisoirement viticulteur pour échapper au Service du Travail Obligatoire. Le trajet artistique de Pierre Soulages est d'une ampleur, d'une fécondité et d'une variété impressionnantes : plus de 1200 peintures sur toiles, des centaines de peintures sur papier, d'eaux-fortes, lithographies et sérigraphies, sans oublier les bronzes, tapisseries, décors de théâtre et ballet, verrière en dalles de verre, mur de céramique, et la création magistrale de vitraux pour les 104 fenêtres de l'abbatiale Sainte-Foy (le Conques...)

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