Dario Franceschini

  • Des atmosphères raréfiées et surréelles servent de cadre aux récits de Dépouillée. En suivant cette touche légère qui distingue le réalisme magique de Dario Franceschini, nous rencontrons des hommes étourdis par l'immensité de la mer, nous nous perdons dans le brouillard qui enveloppe la grande plaine, nous découvrons des souvenirs et des amours lointains, nous voyons les histoires à travers les yeux de leurs protagonistes. Sans se départir d'un fin sourire de tendresse ou d'ironie, Dario Franceschini observe le monde ordinaire d'un regard oblique, décentré. Il lui suffit de peu de mots pour suggérer beaucoup, son art est celui d'une magie sans ornements.
    Plusieurs récits de Dépouillée se concentrent sur les âges les plus fragiles et sans doute les plus riches de l'existence : l'enfance et la vieillesse. Peut-être, nous dit l'auteur, est-ce dans les choses les plus simples de la vie que se cache le bonheur.

  • Ailleurs

    Dario Franceschini

    Quand le notaire Ippolito Dalla Libera comprend que ses jours sont comptés, il appelle son fils à son chevet et lui révèle avoir mené une double vie. Iacopo, qui se croyait fils unique, apprend alors qu'il a cinquante-deux frères et soeurs nés de relations entre son père et des prostituées de Ferrare. Il se voit confier la tâche de les retrouver afin de partager l'héritage paternel. Son existence se trouve complètement bouleversée par cette découverte qui le conduit dans les quartiers populaires de la ville. La quête familiale devient pour Iacopo, notaire timoré, un voyage initiatique ponctué de rencontres - notamment celle d'une belle jeune femme, Mila - qui donne à sa vie des libertés et couleurs nouvelles.

  • À l'heure où sa vie s'approche de son automne, Primo Bottardi décide de revenir sur les lieux de sa jeunesse et de retrouver un ami qui lui avait posé quarante ans plus tôt une question à laquelle il n'avait pas su répondre. Son périple le ramène au bord du Pô, parmi les pêcheurs d'esturgeons, dans une atmosphère de brume et d'eau qui change la plaine en un mirage infini. La présence immémoriale du fleuve imprègne les faits et gestes des hommes. Elle nourrit leur vie, s'insinue dans leurs rêves et les saisit parfois de crainte ou d'effroi, jusqu'à la tragédie finale qui confère au récit les accents définitifs du mythe.
    On a pu parler à propos de ce roman de « réalisme magique ». La lenteur du voyage, le pittoresque des personnages, la douceur des rencontres et le sortilège de maints épisodes contrastent avec la silencieuse et obscure pression du destin que l'on sent peser sourdement et qui révélera enfin son visage dans une scène inoubliable et foudroyante.

empty