Johann Wolfgang von Goethe

  • « Un serin vole du miroir, et se perche sur son épaule. "Un nouvel ami", dit-elle, et elle l'attira sur sa main. "Il est destiné à mes petits. Il est si joli ! regardez-le. Quand je lui donne du pain, il bat des ailes, et becquete si gentiment ! Il me baise aussi : voyez." Lorsqu'elle présenta sa bouche au petit animal, il becqueta dans ses douces lèvres... "Il faut aussi qu'il vous baise", dit-elle, et elle me tendit l'oiseau. Son petit bec passa des lèvres de Charlotte aux miennes, et ses picotements furent comme un souffle précurseur, un avant-goût de jouissance amoureuse... "Il mange aussi dans ma bouche", dit-elle. Je détournai le visage. »

  • Narration : Jacques Roland C'est de cette traduction célébre que GOETHE a dit : "il me vient de singulières idées à l'esprit, quand je pense que ce livre garde encore sa valeur dans une langue où VOLTAIRE a régné en maître". EKERMANN nous a apporté également ceci : "Quant à la traduction de Gérard de Nerval, quoique la plus grande partie soit en prose, elle fut l'objet de compliments de GOETHE qui la jugea fort réussie. Je ne puis lire FAUST en allemand dit-il, mais dans cette version française, tout reprend sa fraîcheur, sa nouveauté, son esprit"

  • Ayant renoncé à sa vocation théâtrale, Wilhelm entreprend en compagnie de son fils Félix une pérégrination sans but précis, mais qui le conduit toujours plus nettement vers le choix d'une profession socialement utile, la médecine. Ce « voyage », qui devient une initiation à la vie sociale, lui permet de passer en revue plusieurs formes de communautés qui correspondent aux diverses tentatives de l'époque postrévolutionnaire pour refonder la société et pour explorer plusieurs aspects des relations humaines, en amitié comme en amour. En même temps, Wilhelm cherche à placer son fils dans une institution d'enseignement digne de son idéal de la formation tout à la fois concrète, morale et spirituelle. Le roman prend aussi les allures d'une réflexion sur les formes du récit et sur le rôle de la littérature, et passe en revue les ressources du genre : reportage, roman épistolaire, nouvelle, conte. L'ouvrage s'achève sur un horizon ouvert : l'émigration en Amérique d'une communauté qui nourrit un projet d'utopie sociale.

  • Dans cette situation sans espoir, que servirait-il de rapporter les efforts de toute sorte dont s'étourdirent pendant un certain temps, dans l'entourage d'edouard, l'épouse, l'ami, le médecinoe enfin on le trouva mort...
    Ce coeur, en proie naguère à une agitation sans bornes, avait trouvé un imperturbable repos ; et, comme il s'était endormi en pensant à une sainte, on pouvait sans doute le qualifier de bienheureux. charlotte lui donna sa place auprès d'odile, et ordonna que personne ne serait plus déposé dans ce caveau.
    Les amants reposent donc l'un près de l'autre. la paix flotte sur leur sépulture. de la voûte, les fraternelles images des anges abaissent sur eux la sérénité de leurs regards, et qu'il sera aimable l'instant où ils se réveilleront ensemble !

  • La première partie du Faust s'achevait sur la disparition de Marguerite (Gretchen). Dans la seconde partie de la tragédie, Faust, toujours accompagné de Méphistophélès, est accueilli à la cour impériale et y exerce sa magie. Il résout grâce à elle une grave crise financière ; pour divertir l'Empereur, il fait apparaître à ses yeux la belle Hélène de Troie ;
    épris soudain de cette femme extraordinaire, il se transporte dans le monde de l'Antiquité pour vivre avec elle un amour passionné, mais les amants doivent se séparer ; Faust vient à nouveau au secours de l'Empereur et lui assure la victoire sur un rival dangereux. Récompensé par le don d'une province, il assèche un polder et, dans cette tâche utile aux hommes, il goûte enfin la satisfaction. Il prononce alors la formule fatale : « Je vais dire à l'instant qui passe : arrête-toi, tu es si beau », et tombe mort. Le diable croit avoir gagné. Mais l'âme de Faust lui échappe.

  • Goethe Faust I et II « Faust » : ce simple mot, cette syllabe robuste et trapue comme le « poing » qu'elle désigne couramment, est un signe aussi fort dans l'histoire culturelle des pays allemands que lorsqu'on dit « don Quichotte » en terre espagnole ou « Dante » en Italie. C'est essentiellement grâce à l'oeuvre de Goethe que le personnage de Faust a passé les frontières et rejoint, dans l'imaginaire occidental, les figures de don Juan et de Prométhée. Comme eux, insatisfait et rebelle, Faust s'oppose à l'autorité divine en faisant un pari dont l'enjeu n'est rien de moins que le sens de la vie et la possibilité du salut.

  • Le plus célèbre des romans allemands est "un roman de formation", qui conduit le héros jusqu'à la fin de sa jeunesse.
    On suit le personnage dans ses égarements enthousiastes, avec un humour souriant. c'est aussi l'histoire d'une vocation théâtrale; au centre, se trouve l'ombre de shakespeare. a chaque étape, le jeune homme est sous le charme d'une femme : le monde, l'amour et l'art lui permettent de se trouver lui-même. en allemagne, ce livre est devenu la référence de toute réflexion sur le genre romanesque. mais c'est aussi une fiction moderne : de proust à musil et thomas mann, le xxe siècle triomphera dans les romans sur l'art, où se mêlent l'aventure amoureuse, la genèse d'un caractère, la philosophie de l'existence.

  • Pour la première fois en langue française, cette édition se propose de réunir les trois grands textes de Goethe où s'enracine le mythe de Faust : l'Urfaust (1775), le Faust I (1808), le Faust II (1832). Accompagnée d'un important apparat critique, elle rend ces textes accessibles au lecteur d'aujourd'hui et lui ouvre des perspectives d'interprétation contemporaines.
    L'Urfaust, texte méconnu, constitue une préfiguration de la première partie de la tragédie à venir. Cette pièce caractéristique du XVIIIe siècle allemand a gardé sa fraîcheur et sa force : c'est une oeuvre autonome.
    Dans le Faust I, le célèbre savant aspire à la connaissance totale du monde. Faust signe un pacte avec Méphistophélès et, en échange de son âme, retrouve une nouvelle jeunesse. Le héros séduit l'innocente Marguerite, qu'il abandonnera peu après avec son enfant. Meurtrière de l'enfant, Marguerite est condamnée à mort, mais son repentir la sauvera. Faust et elle incarnent le tragique de la condition humaine.
    Riche en symboles poétiques, la seconde partie de la tragédie montre un Faust assoiffé de pouvoir et de possessions, servant à sa manière l'empereur, qui revisite l'Antiquité classique pour retrouver Hélène, la plus belle des femmes, et qui meurt après avoir perpétré d'abominables crimes, sauvé tout de même de la damnation à laquelle son pacte avec Méphistophélès le condamnait. Faust II fait l'inventaire de notre tradition culturelle, juge les temps modernes avec une lucidité toujours actuelle et synthétise l'humanisme et l'art goethéens.

  • Après le Théâtre de Goethe, la Bibliothèque de la Pléiade se devait de réunir en un volume les Romans du plus grand génie littéraire qu'ait jamais eu l'Allemagne.
    On trouvera donc ici : Les Souffrances du jeune Werther, Les Affinités électives, Wilhelm Meister.
    Bernard Groethuysen, avant de mourir, avait consacré à chacun de ces romans une introduction où il rappelait succinctement les circonstances qui présidèrent à leur composition, donnait des repères biographiques et formulait quelques remarques exhaustives sur les oeuvres proprement dites. On a rassemblé ces introductions ; elles ouvrent le volume et constituent la meilleure préface possible.
    Les nombreuses notes qui accompagnent ces romans ont été établies par les trois traducteurs respectifs.

  • Édition bilingue illustrée de dessins de Goethe

  • «Dans son théâtre, l'extraordinaire équilibre de ses facultés lui permet d'habiter tour à tour Faust et Méphisto, Iphigénie et Thoas, Le Tasse et Antonio ; même, ou peu s'en faut, l'inexorable duc d'Albe, ainsi que le libre, que le trop libre Egmont ; c'est-à-dire aussi bien les représentants de ce que l'âme humaine épanouit de plus généreux, et ceux de l'ordre qui tempère. Ordre, lois, convenances, société établie, discipline des instincts fougueux, trouveront en lui de quoi les comprendre, les approuver. Mais comme il comprend également tout Ie reste, à la fois la passion et ce qui méritera de surmonter celle-ci sans l'étouffer, aussi bien la révolte que son assagissement, la cause de l'individu que celle de l'État, c'est du conflit entre ces forces rivales que s'alimentera son oeuvre, et principalement son théâtre ; avec cette grandissante sérénité qu'obtient en dernier ressort l'ordre vainqueur. Un ordre qui n'aura rien lésé, rien supprimé ; qui tiendra compte de tout, de chacun dans la mesure où son aisance particulière ne peut plus nuire ; en mettant tout à sa vraie place.» André Gide.

  • Le Voyage en Italie de Goethe est important à plus d'un titre. On peut légitimement considérer qu'il a marqué une rupture dans sa vie. En prenant la route du Sud en 1786, Goethe a voulu échapper à un univers qu'il sentait trop pesant : « Je me suis enfui de Carlsbad à trois heures du matin : autrement on ne m'aurait pas laissé partir. » Il se dérobe incognito, à la hâte, affronte les périls et se métamorphose en Wanderer : le voyageur, le vagabond, l'errant.

    Commence alors son odyssée, qui durera jusqu'en 1788 et qu'il retrace dans ce récit où se mêlent l'art et la vie. Goethe traverse Vérone, Vicence, Venise, Padoue, Ferrare, Bologne, Florence, Pérouse, Rome, Naples, Palerme. Il admire l'art classique, contemple les paysages, se lie avec la population : son expérience est intense.

    Ce Voyage en Italie, publié seulement en 1816 pour la première fois, depuis longtemps indisponible en France, compte parmi les plus célèbres relations de voyage allemandes et s'inscrit dans le projet autobiographique de l'auteur de Faust. La traduction de Jacques Porchat a été révisée et complétée par Jean Lacoste qui signe également une remarquable préface où est exposé l'art du voyage chez Goethe, pour qui le déplacement ne saurait aller sans une renaissance et la redécouverte de soi.

  • Une étude approfondie des chefs-d'oeuvre de la peinture éveilla chez Goethe le besoin de comprendre les lois qui commandent aux phénomènes visuels. Quel est le lien entre le clair-obscur et la couleur ? Quels sont les rapports des couleurs entre elles ? Pourquoi le jaune donne-t-il un sentiment enjoué, et le bleu une impression de tristesse ? Pourquoi notre oeil produit-il du rouge si on lui montre du vert, et vice-versa ?
    La théorie de Newton ne peut répondre à ces questions, puisqu'elle part de l'hypothèse que toutes les couleurs sont déjà contenues dans la lumière blanche. Pour Goethe, au contraire, les couleurs naissent par la rencontre et le dialogue entre la lumière et l'obscurité : elles sont "les actes et les souffrances de la lumière".
    Son Traité des Couleurs plonge l'âme humaine dans la vie même de la couleur et, par là, lui dévoile les relations secrètes entre l'art et la nature.

  • Une anthologie de textes ayant trait à la littérature, la peinture, la sculpture, l'architecture, la musique et le théâtre. Ces écrits occupent une place décisive dans l'histoire de la culture allemande, à la charnière entre classicisme et romantisme. Ils traduisent la richesse de la réflexion d'un homme qui se veut universel.

  • Cet ouvrage révèle, de la façon la plus passionnante et la plus exhaustive, les liens extrêmement romantiques d'un peintre et d'un mythe, d'un mythe et d'une oeuvre, d'une oeuvre et d'une époque : Faust, Goethe, Delacroix et le XIXe siècle.

    Faust accompagna Delacroix à travers toute son oeuvre. Tout commence en 1829 lorsque le peintre, âgé de 28 ans, accepte la proposition de l'éditeur Charles Motte « de lui sacrifier quelques instants pour arranger une affaire diabolique avec Faust ». Dix-huit lithographies naissent alors pour accompagner le premier Faust dans la traduction d'Albert Stapfer. À la grande déception de Delacroix, elles ne seront pas groupées sous forme d'album mais réparties dans le texte là où l'action l'exige.

    Le voeu de Delacroix est aujourd'hui enfin exaucé : ces dix-huit lithographies sont présentées les unes à la suite des autres, reproduites dans leur format original et traitées en deux couleurs - noir et gris - pour rendre très justement les détails et les contrastes. Elles révèlent d'emblée le véritable drame en images construit par Delacroix. L'originalité de son interprétation de l'oeuvre devient saisissante : c'est Méphistophélès le héros et non Faust. Goethe lui-même est conquis : « Monsieur Delacroix a surpassé ma propre vision ». Fasciné par le mythe de Faust, Delacroix s'en est inspiré avec passion.

    Cette édition rassemble pour la première fois toutes les oeuvres du peintre sur ce thème : 60 huiles, dessins, croquis, esquisses, aquarelles et premiers états avec des dessins en marge, tout en couleurs, accompagnent l'oeuvre de Goethe. Ils sont placés dans le texte dans un enchaînement d'images puissantes et émouvantes. Enfin, des peintures de l'artiste portant sur les scènes capitales de Faust, Méphistophélès apparaissant à Faust et La Mort de Valentin par exemple, illustrent l'introduction d'Arlette Sérullaz, conservateur général au département des Arts graphiques du musée du Louvre et chargée du musée Delacroix.

    Ce texte, aussi somptueux que désespéré, est l'oeuvre maîtresse de toute une vie. Ce monument de la littérature véhicule le seul mythe véritable que l'Allemagne ait produit : Faust et Méphisto qui ne font qu'un, dont une partie voudrait la connaissance et la sagesse, l'autre la négation, le mal et le néant.

  • La publication de ce texte, fruit de la découverte fortuite d'une copie authentique du manuscrit, date de 1910/1911 seulement. Il s'agit de la première mouture des Années d'apprentissage de Wilhelm Meister. Les similitudes (personnages, situations...) sont fortes entre les deux versions. Mais La Vocation est plus proche du monde du théâtre dont elle dessine un tableau coloré, évoquant le monde des actrices et des acteurs, ses intrigues, ses affaires parfois louches. Elle offre également un panorama des formes populaires que sont les spectacles de foire, les jeux de marionnettes, les improvisations. C'est un Goethe jeune qui s'exprime ici au moment où se constitue un répertoire national nourri de Shakespeare.
    On s'est interrogé sur les raisons pour lesquelles Goethe a interrompu prématurément son récit. C'est en fait l'enfermement du protagoniste dans l'imitation d'Hamlet, ce « procrastinateur mélancolique », et la confusion de la fiction et du réel qui rendent compte de l'inaboutissement d'un projet appelé à s'accomplir à la lumière d'une anthropologie renouvelée.

  • " le serpent vert " est un conte merveilleux à tous les points de vue, qui n'a pu être conçu que sous l'influence de ce somnambulisme spécial auquel goethe attribuait lui-même la production de ses plus purs chefs-d'oeuvre.
    Je n'ai pas la prétention de révéler tout ce que goethe a voulu taire.
    Le fait est que la clef de tout un côté de la symbolique de goethe nous est très probablement fournie par ce fantastique récit qui réserve le rôle principal à un certain serpent vert. " osnald wirth.

  • C'est un très vieil homme qui garde auprès de lui johann peter eckermann, un jeune poète, sans grand talent, mais dont le principal mérite, aux yeux du vieux goethe (et de la postérité), est d'être un des plus fidèles magnétophones de l'histoire.
    Pendant neuf ans, eckermann va recueillir les paroles de son dieu, dont l'âge n'émousse pas le génie, ni ne ralentit la parole : " hiver et été semblaient toujours se combattre en lui, dit eckermann, mais ce qui était admirable, c'était de voir chez ce vieillard la jeunesse prendre toujours le dessus. " incité, provoqué, interrogé par son fidèle écouteur, goethe va parcourir les chemins de sa vie et les allées de son oeuvre.
    /> Dans ses promenades à weimar en compagnie de ce jeune dévot, il revoit les grandes rencontres de son destin, napoléon et byron, schiller et manzoni. les yeux de la mémoire de goethe ont une fraîcheur vivace, en même temps que ses jugements ont pris les distances de la sagesse et de l'ironie. il ne renie certes pas le jeune homme romantique et passionné qu'il fut, aussi plein de feu que son ami byron et que le jeune schiller.
    Mais les querelles littéraires lui semblent maintenant dérisoires et les débats théoriques ennuyeux. il n'écoute plus que ce " démon " intérieur, " libre et impétueux " dont eckermann reproduit les confidentes jaillissantes. si le goethe intime, celui des amours de jadis et des sentiments personnels, est pudiquement maintenu à l'arrière-plan, le goethe secret affleure pourtant aux détours de ces propos en liberté.
    Les limites mêmes d'eckermann assurent qu'ils sont fidèles : il vénérait trop son grand homme pour avoir pu altérer beaucoup " la voix de son maître ".

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