Sciences humaines & sociales

  • Dans cette Petite Conférence, Delphine Horvilleur s'interroge sur la façon dont nous comprenons le monde, et pour cela, sur la façon dont nous le racontons. L'importance du récit, les rabbins la connaissent mieux que personne. Elle évoque donc son métier de femme rabbin. Elle le définit comme un geste d'écoute et d'ouverture envers les autres, à partir de l'étude des récits bibliques. Elle explique comment les récits, les contes, les mythologies, les textes religieux ont mille choses à nous raconter. Comment ils cherchent continuellement à établir du lien entre les générations, à nous dire que la nouvelle génération n'est pas la copie conforme de l'ancienne et que le monde a besoin d'une mise à jour. À chacun de trouver le sens qui lui semble être le bon, car nous pouvons reconstruire le sens de la phrase et le sens du monde, afin qu'il soit pertinent pour nous tous.

  • « J'écris avec deux chats à mes côtés. Puissé-je ne jamais les trahir : c'est plus que moi-même que je trahirais, c'est le meilleur de l'humain. » « L'enfer, je sais ce que c'est. C'est le paradis où le chien est trahi. » Dans ce texte magnifique, la grande autrice Hélène Cixous évoque son rapport aux animaux à travers des histoires personnelles, le chien de son enfance en Algérie ou ses chats pris dans un incendie. Et elle raconte comment ces animaux lui apprennent que la vie est cruelle et que nous n'avons pas d'autre arme que d'essayer d'imaginer, de penser. Les animaux peuvent donner la force d'essayer d'être libre, même si ce goût de la liberté ne se perçoit que lorsqu'on en manque.

  • Durant l'Occupation, dans un pays sous le choc, rares sont celles et ceux à refuser d'emblée la défaite. À travers quelques figures qui ont incarné ce combat l'historien Julien Blanc répond à toute une série de questions : Comment est née puis s'est développée la Résistance ? Qui étaient les résistants et quelles étaient leurs motivations ? En quoi cette expérience politique a-t-elle constitué un engagement d'un genre nouveau ? Que reste-t-il aujourd'hui de cette lutte ? Julien Blanc est spécialiste des premiers pas de la Résistance (sujet longtemps peu traité par les chercheurs) à l'automne 1940 et évoque ces pionniers de la Résistance qui initièrent la lutte contre un occupant qui semblait invincible.

  • Qui sont les animaux, notamment les loups, mais aussi les grizzlys ou les ours polaires ? Que savons-nous d'eux ? Sont-ils des créatures de contes pour enfants ? Leur sont-ils réservés ? Dans cet ouvrage passionnant, Baptiste Morizot remonte la piste de la longue histoire par laquelle la modernité, notre époque, a construit sa représentation des animaux. L'idée d'« animal » qui semble si évidente n'est-elle pas au fond une chimère, comme le dragon ou le yéti ? L'animal qui existe dans notre esprit est bien éloigné des vrais animaux qui courent encore, en liberté, et qui méritent qu'on aille les pister, décrypter leurs traces et empreintes pour les découvrir, les comprendre et apprendre à partager la terre avec eux. Pour l'auteur, pister les grands prédateurs revient à faire attention à toute forme de vie.

    Baptiste Morizot, philosophe, maître de conférences à l'université d'Aix-Marseille, consacre ses travaux aux relations entre l'humain et le vivant. Il est l'auteur du livre "Les diplomates, Cohabiter avec les loups sur une nouvelle carte du vivant"(Wildproject Editions) et "Sur la piste animale" (Acte Sud).

  • Néandertal, qui a foulé notre sol il y a 350 000 ans, a longtemps été considéré comme un être fruste et brutal à l'allure d'un singe. Aujourd'hui les indices se multiplient suggérant que les Néandertaliens pratiquaient à peu près toutes les activités que l'on pensait l'apanage d'Homo sapiens. Ils étaient de grands chasseurs et d'habiles artisans et avaient des pensées métaphysiques, puisqu'ils enterraient leurs morts. Pour Marylène Patou-Mathis, Néandertal est victime d'un délit de sale gueule. Il se retrouve tout en bas de l'échelle, alors que Cro-Magnon est au sommet. La classification est importante en science. Mais en revanche, à quoi bon hiérarchiser ? Ça n'a ni sens ni intérêt. L'auteure aime faire le lien entre ses recherches et le présent. Elle cherche a comprendre pourquoi Néandertal a disparu et pourquoi il avait été si important de le dépeindre en inférieur.
    En préhistoire comme dans d'autres domaines, déconstruire les mythes permet d'ouvrir de nouvelles possibilités.

  • Depuis le mythe de la tour de Babel, la diversité linguistique suscite d'innombrables questions : combien de langues y a-t-il sur terre ? Quelles sont leurs limites ? Pourquoi ce nombre diminue-t-il ? Est-ce que je peux inventer ma propre langue ? Les animaux parlent-ils une ou plusieurs langues ? Mathiars Enard explore toutes ces interrogations et finalement, en réponse à celle que nombre de personnes se posent : faut-il préserver la diversité des langues ? Ou, au contraire, ne serait-il pas magnifique de tous parler la même langue ? Il rappelle que le récit de l'aventure humaine est lié à la différence des langues.

  • Filles et garçons.
    Femmes et hommes. Si la différence des corps est bien visible, aucune société n'a organisé le système des relations humaines de la même façon, à partir de cette différence. Mais il y a pourtant une sorte de constante puisque c'est presque toujours la domination masculine qui a été instituée. Pourquoi, comment? La différence des sexes explique-t-elle leur inégalité?

  • Comment devenir loup, ou fleur, ou cygne, tempête, feu, eau, ou pierre ? Les déesses et les dieux de l'Antiquité le peuvent sans peine et savent aussi obliger les humains à changer de forme. Zeus, le grand dieu souverain, est le maître de ces transformations. Il en joue comme il veut. Qu'est-ce que cela dit de nous- mêmes, de notre condition ? Avons-nous ces pouvoirs, ou n'est-ce que du rêve ? Poésie, jeux, films et science se posent ces questions.
    Pierre Judet de la Combe, qui est déjà venu au sujet d'Achille et d'Ulysse, revient pour nous parler de métamorphoses.

  • Chacun naît dans la ou les langues qu'on parle autour de lui. Mais qu'est-ce qu'une langue maternelle ? Et qu'arrive-t-il quand on en apprend une autre ?
    Si chaque langue dessine un monde, qu'est-ce qui se dessine quand on en parle plusieurs ? Passer d'une langue à l'autre, en apprenant, en traduisant, c'est s'aventurer dans une autre manière de faire passer le sens. Toutes ces manières, quand on les frotte les unes aux autres, s'enrichissent : on comprend mieux ce que l'on essaie de dire quand on sait que cela se dit autrement, dans une autre langue, avec des mots qui ne disent peut-être pas tout à fait la même chose. Un texte fort et passionnant, par la récente académicienne.
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  • L'heure qu'il est, le temps qu'il fait, l'espace du souvenir ou de la prévision : de quelque côté qu'on l'aborde, par le passé, le futur ou le présent, le temps s'échappe et nous fuit. Il est sans matière et pourtant nous habitons en lui, nous sommes emportés par lui, comme tout ce qui existe. Etienne Klein, à la fois physicien et philosophe, propose ici quelques pistes pour cerner la plus immédiate et la plus difficile de toutes les questions.

  • Le Moyen Age est une période qui prend de grands airs, mais qui produit un son de casserole... C'est comme cela que Patrick Boucheron commence ce texte, d'emblée surprenant, qui nous fait percevoir avec finesse combien les codes sociaux du Moyen Age sont différents de ceux d'aujourd'hui. Si l'on dissocie le mot révolte de l'idéal politique où on le situe, alors la révolte peut être la Saint-Barthélemy, le terrorisme, toute forme d'action violente contre l'ordre.
    Face à cet état de fait, l'auteur propose son "kit de survie" : se rappeler que quelle que soit la situation, il n'existe pas d'exemple historique où le pire dure éternellement.

  • Les rivières et les fleuves séparent et relient, ils sont là et pourtant sans fin ils s'en vont. Que se passe-t-il entre le moment où l'eau jaillit et celui où elle finit par se jeter dans la mer ? Quel est le destin des gouttes d'eau ? Des grands fleuves du monde aux plus petits cours d'eau, des chutes les plus impressionnantes aux méandres les plus calmes, Jean-Christophe Bailly fait le récit de ces façonneurs de paysage et propose au lecteur un voyage de géographie passionnée.
    Il parle de paysage, de territoire, de nature et d'habitants avec érudition, pertinence et poésie. Jean-Christophe Bailly est philosophe et écrivain et enseigne à l'Ecole nationale du paysage de Blois. Il est l'auteur notamment du livre Le parti pris des animaux (Seuil, 2013). Aux éditions Bayard ont paru Le versant animal (2007, nouvelle édition 2018) et plusieurs petites conférences.

  • Dans cette petite conférence très vivante et pleine de fantaisie, Pierre Judet de La Combe présente deux personnalités bien différentes.
    Deux héros, deux destins, deux manières d'être, de vivre. Le premier est en colère, affronte ses ennemis, bouscule les dieux, les hommes et gagne.
    Sans méfiance aucune, il aime passionnément ses amis, souffre pour eux, et laisse un souvenir lumineux, mais il meurt. L'autre ruse, fuit, invente mille tours, se méfie de tout le monde, s'échappe toujours et parvient à revenir chez lui, mais à quel prix ? Faut-il choisir entre ces deux voies ?

    Une formidable réflexion sur ce que dit de nous la mythologie.

  • Pourquoi fabriquons-nous encore des livres ? Pour répondre à cette question très contemporaine, puisque le livre numérique ne cesse de prendre de la place, Jean-Christophe Bailly fait une déclaration d'amour aux livres. Il leur reconnaît cette capacité formidable pour des objets relativement petits et d'usage si simple, de contenir tout un monde. Et il leur attribue des pouvoirs : à chaque fois qu'on ouvre un livre, quelque chose apparaît : une histoire, un poème, une réflexion, une explication...

  • Quitter, s'en aller, pour peu de temps ou pour toujours, qu'est-ce que cela fait, nous fait ? Qu'est-ce que cela veut dire ? Un thème devenu classique, qui résonne particulièrement dans notre société qui banalise la séparation et cache la mort. C'est la cinquième petite conférence de Jean-Luc Nancy, sur ce thème devenu classique, aussi claire, accessible et originale que les autres. Si l'auteur se livre une fois encore à cet exercice périlleux, c'est qu'il y voit la pratique même de la philosophie.

  • Les oiseaux migrateurs, qui accomplissent de très longs parcours réguliers, sont des voyageurs exemplaires. Mais il est d'autres voyages que leurs fabuleux allers-retours : voyages errants, voyages forcés. Entre la découverte et l'exil, innombrables en sont les raisons et les formes.
    Élisabeth de Fontenay prolonge ici sa réflexion sur l'animal de manière accessible et ludique. Et en même temps, elle nous entretient de la liberté, dont les oiseaux restent pour nous humains, la figure privilégiée.

  • Partout dans le monde, nous voyons les lieux et les êtres qui les peuplent en fonction des habitudes reçues de notre éducation, des paysages auxquels nous sommes accoutumés et des manières de vivre qui nous sont familières depuis l'enfance.
    Cette diversité est sans doute un gage de richesse, mais elle rend la coexistence plus difficile : des peuples différents par leurs langues, leurs coutumes, les milieux qu'ils occupent et la façon de les percevoir vivent-ils dans un monde commun et peuvent-ils se comprendre ?

  • L'infini est une notion qui peut être religieuse (Dieu est infini), mathématique (il existe un calcul de l'infini), physique (l'univers est-il infini ?), et qui est aussi, bien sûr, une idée philosophique.
    Depuis très longtemps, la discussion est la suivante : l'homme est fini, puisqu'il meurt ; comment un être fini peut-il comprendre ce qui est infini ?

  • Comment réalisons-nous nos rêves ? Nouv.

    Qu'est-ce que le rêve ? Pourquoi rêve-t-on ? D'où viennent nos rêves ? Jusqu'au début du XXe siècle, les rêves étaient considérés comme un phénomène absurde ou magique. Les anciens leur attribuaient la faculté de prédire l'avenir. Avec son livre « L'interprétation des rêves » paru en 1900, Sigmund Freud va montrer que les rêves ont un sens que l'on peut dévoiler et que nous sommes nous-mêmes les metteurs en scène de nos rêves. C'est la découverte de l'inconscient et l'invention de la psychanalyse. L'exploration de l'âme humaine, ou ce qu'on appelle « la réalité psychique », entrera alors dans le domaine des sciences.

  • La vérité du mensonge Nouv.

    Le grand philosophe Jean-Luc Nancy explore avec une grande clarté et même un peu d'espièglerie, la question du mensonge. Pourquoi ne faut-il pas mentir ? N'a-t-on pas le droit d'avoir ses secrets ? La vérité est-elle toujours bonne à dire ? Après tout, y a-t-il une seule vérité ? Et si on ment pour une bonne cause ? Après tout, ces questions sont légitimes. Oui mais si on se ment à soi-même, alors les ennuis commencent. Il n'est pas si simple de dire la vérité sur le mensonge... ni de ne pas inventer la vérité !

  • Chacun naît dans la ou dans les langue(s) qu'on parle autour de lui. Mais qu'estce qu'une langue « maternelle » ? Et qu'arrive-t-il quand on en apprend une autre ? Et pourquoi l'apprend-on ? Si chaque langue dessine un monde, qu'estce qui se dessine quand on en parle plusieurs ? Que se passe-t-il d'une langue à une autre ? Et pourquoi comprend-on mieux ce que l'on dit quand on sait que ça se dit autrement, ailleurs ?

  • À quel moment vient le désir de consacrer sa vie à la politique ? Qu'est-ce qui le motive ? Peut-on conjuguer désir d'utopie et réalité du quotidien ? Quelles définitions donner à la République et à la laïcité ? Pour la première fois, Christiane Taubira, vient évoquer devant un public familial sa passion pour la vie publique, sa foi en la politique et ses convictions républicaines. Engagée depuis sa jeunesse dans des combats pour l'émancipation des peuples et l'égalité des chances, elle est devenue l'une des grandes personnalités politiques françaises, écoutée et respectée lors des débats parlementaires où elle intervient souvent. Elle évoque dans ce livre, avec la fougue et le brio qui la caractérisent, ce qui fonde les engagements de sa vie et sa volonté de voir le monde devenir plus paisible et plus juste.

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