Les Peregrines

  • Qui a peur des vieilles ? Nouv.

    Vieille. Le mot lui-même est tabou. Alors que la société elle-même vieillit, elle a un problème avec les vieux en général et les vieilles en particulier, soumises à une double injonction contradictoire : être authentiques, mais rester minces et jolies.
    Si elles sont moins regardées, invisibilisées, mises de côté passé un certain âge, de nombreuses « vieilles » se découvrent en contrepartie une liberté nouvelle. Alors pourquoi a-t-on, malgré tout, peur de vieillir ?
    Mêlant témoignages, analyses historiques et sociologiques, références culturelles et réflexions de l'autrice sur son propre rapport à la vieillesse, Qui a peur des vieilles ? apporte un regard rafraîchissant sur une question politique toujours tabou et démonte les stéréotypes sur les femmes ménopausées.

  • Simone de Beauvoir dévorait la vie en en consommant les multiples possibles : la vitesse avec la voiture, la musique et la danse dans les caves germanopratines, l'ivresse grâce aux alcools forts et, enfin, le sexe avec ses passions et ses amitiés polyamoureuses. Quarante ans après la mort de Jean-Paul Sartre, elle est plus citée, lue et admirée que le philosophe de l'existentialisme. Ses écrits et ses engagements répondent à aux doutes, rages et désirs des jeuens générations.
    Dans Beauvoir, Géraldine Gourbe aborde cette figure mythique du féminisme par le biais de différentes personnalités qui l'ont inspirée et qui permettent de (re)découvrir une autre Beauvoir : la journaliste anticonformiste dressant le portrait de Brigitte Bardot, l'éditrice de Violette Leduc, la militante anticolonialiste ayant défendu Djamila Boupacha, l'écrivaine amoureuse de Nelson Algren, la figure de proue féministe pour Françoise d'Eaubonne...
    Cette approche originale et inédite replace ainsi Simone de Beauvoir dans la perspective des féminismes contemporains. Géraldine Gourbe est philosophe, critique et commissaire d'art, spécialiste de la scène artistique de la Californie du Sud, de l'histoire des pédagogies radicales et du féminisme inclusif. Elle a enseigné la philosophie de l'art à l'Ensad, l'université de Metz, Sciences Po Paris, aux Beaux-Arts de Marseille et d'Annecy.
    Depuis 2015, elle oeuvre à une contre-lecture de l'histoire des idées et de l'art de la France de 1947 à 1989, en partenariat avec l'historienne de l'art Florence Ostende. En 2020, elle co-signe avec Hélène Guenin l'exposition She-Bam Pow POP Wizz ! Les amazones du POP au Musée d'art moderne et d'art contemporain de Nice.

  • Souvenirs d'enfance et rages du moment ; visites dans des restaurants fameux ou oubliés ; odes à l'andouillette, la nèfle, le sablé à la confiture, la figue, les vins du Rhône, les Haribo ; tête de veau et Kinder ; déjeuners de conféries aussi secrètes que savoureuses ; critiques gastronomiques plus ou moins fréquentables, ogres, poètes et cannibales...

    Il y a tout cela, et bien plus, dans l'arborescence mémorielle et gourmande de Nicolas d'Estienne d'Orves. Le tout saupoudré de colère, de coups de sang, d'images parfois lointaines, d'une foi qui sait être mauvaise et d'un amour sincère, réel, jamais repu, pour les joies de la gueule.

    Si la gourmandise est universelle, le goût est singulier. Aujourd'hui, celui de « NEO » vous invite à sa table et vous souhaite bon appétit.

  • La mode fascine et fait rêver. Véritable art pour certains, purement utilitaire pour d'autres, s'habiller est indispensable pour tous et constitue parfois un moyen d'affirmation de soi. Cette industrie est pourtant devenue le symbole du capitalisme de séduction et d'une mondialisation malade. Système complexe d'exploitations et d'oppressions, elle repose sur différents types d'esclavage moderne. Derrière la poésie des motifs et des formes, les corps naturels améliorés à coups de bistouri ou de Photoshop, se cachent le travail des enfants, la discrimination, les abus et le harcèlement des patrons d'usines, les bas salaires, la mise en danger des travailleurs comme des consommateurs, les dégradations environnementales.
    Remonter la chaîne de création et de production, analyser les pratiques de manipulation qui nous poussent à acheter toujours plus, c'est donc raconter l'histoire de la conquête des corps - quel qu'en soit le prix. Procès d'une industrie à bout de souffle qui meurt et nous tue, Le livre noir de la mode est aussi et surtout un appel aux patrons, entrepreneurs, chercheurs, créateurs et citoyens à la réhumaniser pour la sauver.
    Ancienne styliste, chercheuse associée au CNRS et docteure en histoire, Audrey Millet est spécialiste de l'histoire de l'habillement. Elle est notamment l'autrice, aux éditions Belin, de Fabriquer le désir. Histoire de la mode de l'Antiquité à nos jours (2020).

  • Ceci est ma chair Nouv.

    Et si nous devenions cannibales ? Pour les "Restaurés" , habitants du duché de Michão, le cannibalisme est aussi indiscutable que la liberté ou l'air qu'on respire. Afin d'endiguer la surpopulation et d'apporter une réponse à la crise alimentaire, ils ont fait sécession du reste du genre Homo et instauré un cannibalisme moderne, hygiénique, démocratique, high-tech et familial. Un cannibalisme d'avenir, en somme.
    La plume truculente de Marc Villemain nous embarque dans une farce tragique aux accents délicieusement astérico-rabelaisiens. Et nous interroge, l'air de rien, sur ce qui fait civilisation. Ecrivain, éditeur et critique littéraire, Marc Villemain est notamment l'auteur de Et que morts s'ensuivent (Seuil, Grand Prix SGDL de la nouvelle en 2009), Il y avait des rivières infranchissables et Mado (Joëlle Losfeld, 2017 et 2019, prix de l'Académie de Saintonge).

  • On ne naît pas champion, on le devient. Mais comment les sportifs de haut niveau préparent-ils leur corps à repousser sans cesse ses limites ? Où puisent-ils leur ténacité hors normes ? Comment concilient-ils leur carrière avec leur vie privée ? La beauté du geste sportif doit beaucoup à la force du mental. Ce que d'autres appellent sacrifices, eux les considèrent comme des choix de vie. Ils sont prêts à tout pour une fulguration, une grâce d'une poignée de secondes.
    La victoire n'est pas toujours au rendez-vous, mais la défaite est une étape nécessaire : c'est elle qui leur permet de se dépasser et de poursuivre leur rêve. S'ils vivent l'échec en solitaire, ils sont transportés par la liesse du public quand ils gagnent. Souvent adulés comme de véritables héros par les spectateurs, les sportifs sont avant tout des artistes à l'oeuvre éphémère. Antoine Albeau, Léonore Baulac, Vincent Clerc, Justine Dupont, François Gabart, Bernard Hinault, Muriel Hurtis, Arnaud Jerald, Michaël Jeremiasz, Bixente Lizarazu, Aurélie Muller, Sarah Ourahmoune, Isabelle Severino, Adrien Théaux et Xavier Thevenard : ces champions se sont livrés à Virginie Troussier, dont la plume claire et sensible porte une histoire de souffle, intime et pudique.
    Ecrivaine et journaliste, Virginie Troussier collabore à Montagnes Magazine et Alpes Magazine. Elle a publié des romans et des biographies de sportifs. Son dernier ouvrage, Au milieu de l'été, un invincible hiver, est paru en janvier 2021 aux éditions Guérin.

  • Alors que tous les poètes de l'entre-deux-guerres utilisent le livre pour diffuser leurs écrits, Prévert le juge inapte par nature à conduire la révolution : lui écrit pour le cinéma.

    Au texte imprimé, il préfère le fugitif, le fugace, le temporaire. Son oeuvre a ainsi longtemps été infixable avant la publication du recueil Paroles, pour laquelle il aura fallu récupérer des textes dispersés aux quatre coins de Paris, aux quatre coins des revues, aux quatre coins des amis...

  • La gratitude est un sentiment d'une grande beauté, qui peut devenir une des plus lumineuses qualités de l'âme... Pour qu'elle ne soit pas qu'une posture mais la source de grandes joies, il faut l'incarner, car seule la pratique change l'être en profondeur. Reconnaissance envers ce qui nous fait du bien, mais la gratitude s'accomplit lorsqu'elle s'étend à ce qui fut une épreuve. Elle devient alors une relecture constante du monde et est en cela l'oeuvre de toute une vie.
    C'est donc à l'exercice quotidien de la gratitude que nous éveille Olympia Alberti, par la poésie de sa langue, la pertinence de ses références littéraires et philosophiques, et la richesse de ses exemples personnels dans lesquels chacun peut se retrouver. Olympia Alberti est romanciére, poétesse, essayiste, nouvelliste, critique et chroniqueuse littéraire, spécialiste de sémantique et de sémiologie spirituelle.
    Elle est docteure en littérature comparée, spécialiste de Rilke, Colette, Giono, Woolf et Duras.

  • Avant de devenir un scientifique reconnu, Joël de Rosnay découvre le surf à la fin des années 1950.
    C'est le début d'une passion qui le conduit à lancer ce sport en France, avant d'en devenir un des champions.
    Le surf est aussi, pour lui, un style de vie, une symbiose avec la nature et une philosophie fondée sur le concept de « glisse », qui enseigne à négocier les difficultés de la vie comme on apprivoise la vague. S'appuyant sur l'histoire du surf depuis sa découverte à Hawaï au XVIIIe siècle, convoquant ses personnalités, de Duke Kahanamokou à Kelly Slater en passant par les frères Lartigau, racontant ses beautés et ses dangers, jouant avec les références à la surf culture, de la musique des Beach Boys au film culte Point Break, Joël de Rosnay signe un éloge épique, drôle et émouvant.

  • En novembre 2019, lors d'une révolte populaire, les dirigeants de la République islamique d'Iran coupent la connexion internet du pays. En moins de trois jours, ils massacrent 1 500 contestataires.
    L'Iran est aujourd'hui l'un les pays des plus fermés au monde. La plupart des journalistes sont en prison ou travaillent sous le contrôle permanent des forces de l'ordre.
    Chaque fois que les Iraniens sortent dans les rues pour contester leurs conditions de vie, ils sont réprimés. En l'absence de libertés politiques, les réseaux sociaux sont devenus le seul lieu d'expression de leurs opinions.
    À la lumière de l'histoire et de la culture iraniennes, et en analysant les commentaires, réactions et comportements des internautes, l'autrice dresse le portrait de la jeunesse iranienne contemporaine.

  • Des rives du Mississippi à la côte Pacifique, la conquête de l'Ouest a oeuvré à la construction de la nation américaine et durablement imprégné les mentalités collectives.
    Célébrée par le septième art, elle symbolise l'une des plus grandes aventures humaines des temps modernes. De cette période ont émergé des figures légendaires qui hantent, aujourd'hui encore, notre imaginaire. Davy Crockett, Geronimo, Kit Carson, Buffalo Bill, ou Jesse James, Billy the Kid, Calamity Jane et les frères Dalton... Autant de personnages charismatiques dont l'histoire véridique, souvent méconnue, nous invite à entreprendre un voyage au coeur de la fabuleuse épopée du Far West.
    Enrichi d'une superbe iconographie mêlant photographies, tableaux et gravures d'époque, cet ouvrage nous fait revivre la conquête de l'Ouest à travers une succession de passionnantes biographies.
    Une histoire de courage, de violence, d'espoir et de conquête.

  • « Il fallait probablement être un peu dingue pour inventer, au XIXe siècle, un sport où, pour l'emporter, on doit avancer en se passant le ballon en arrière. Et il faut certainement être un peu dingue pour pratiquer un sport dans lequel on se rentre dedans sciemment, avec autant de violence. »

  • Baker

    Marie Canet

    Joséphine Baker, performeuse africaineaméricaine, est une figure complexe qui a produit un ensemble de significations raciales et genrées parfois contradictoires. En 1925, à 19 ans, elle défraie la chronique suite à ses performances érotico-comiques au sein de la Revue Nègre à Paris. Son arrivée en France coïncide avec l'apogée des mouvements Art déco et de la Vogue Nègre, alors que se poursuivent les ambitions coloniales de l'Europe vers l'Afrique. Comme cette modernité, Baker est noire, brillante, marchande, ultramédiatisée, prise entre les débats nationalistes sur l'identité et la préservation culturelle. Mais Baker incarne surtout l'émergence d'un empouvoirement féminin noir :
    Elle en est la première manifestation, fascinante et populaire, du XXe siècle.

  • Nées dans les années 1930-1940, Rose, Luce ou Adèle, jeunes adolescentes à la Libération, trentenaires lors des soulèvements de Mai 1968, sont aujourd'hui grands-mères. Issues des milieux populaires, elles ont grandi dans les faubourgs parisiens et les petites villes de province. Et toutes ont été considérées, dans la société de l'après-guerre, comme des « délinquantes » : des traces de leur vie sont consignées dans les archives judiciaires... Qu'est-ce qui a conduit ces jeunes filles à être étiquetées comme telles ? Quels ont été leur vie, leurs rêves, leurs amitiés, leurs amours ? Et qu'ont-elles transgressé ? N'ont-elles pas été plus libres de travailler et d'avoir des aventures que leurs soeurs de l'entre-deux-guerres ?
    Il semble qu'avoir seize ans pendant les Trente Glorieuses implique, pour une jeune fille, d'obéir à un code de conduite précis : sortir, mais surtout avec des copines, flirter, mais du bout des lèvres, ne pas boire, et jamais dans des cafés. Car il faut avant tout s'attacher à trouver un mari, fonder un foyer... Et tous - familles, voisins, police - veillent au respect de ces règles. Une fugue, la fréquentation d'une amie « dévergondée », un fiancé peu apprécié... Autant d'éléments qui conduisent la jeune fille « fautive », « vagabonde », « voleuse » ou « vicieuse », sur les bancs de la justice - surtout lorsqu'elle incarne en plus une classe « dangereuse ».
    À travers une étude nourrie de témoignages, Véronique Blanchard pose ainsi un regard neuf sur la déviance juvénile féminine, son histoire et son évolution, qui permet aussi de questionner ses avatars actuels.

  • « Pour commencer, le sport cycliste est incompréhensible à qui ne tient pas compte d'un phénomène d'origine divine : la circulation des vents et l'épaisseur de l'air. N'importe qui a fait un peu de vélo en aura mesuré l'importance : la pénétration dans l'air prend de l'énergie, les vents contraires s'opposent à l'effort du cycliste. Cyrille Guimard, initiateur des essais en soufflerie de Bernard Hinault, résume les données du problèmes : «Le cyclisme, c'est de la voile». » Jean Cléder a grandi sur un vélo et avec le cyclisme - sa vérité, ses légendes et ses fictions. Il lui doit la construction d'un imaginaire, la mise en ordre d'une mémoire, un certain rapport au corps et au langage. C'est avec cette haute culture populaire et tout ce qu'elle nous a inspiré qu'il entend ici renouer, pour rendre sensible aux lecteurs, profanes et avertis, toute la complexité de ce sport et de sa philosophie - désinvolte, profonde et malicieuse.

  • "La course à pied, au sens large du terme, contient tout ce que l'Histoire contient d'histoires : de l'ère paléolithique à nos jours, elle incarne le drame humain, ses passions, ses conquêtes, ses victoires et ses défaites. D'un point de vue sportif, la course est un enfant sauvage, un mauvais élève, parce qu'elle ne répond à aucune règle, ne retient aucune leçon : la course se pratique quand on veut, où on veut, avec ou sans matériel, seul ou à plusieurs.
    Elle ne s'alourdit d'aucune contrainte, elle est la liberté de l'homme à chercher dans sa douleur, dans sa vitesse, dans ses capacités physiques, morales et psychologiques, la force d'avancer, même s'il s'agit de revenir au point de départ : car en course, lorsqu'on part sans se poser de questions, il arrive souvent que l'on trouve une réponse dans sa lancée."

  • Tintin

    Jacques Langlois

    Décembre 1960 : le jeune Jacques Langlois envoie ses dessins imités de Tintin à Hergé. Il n'imagine alors pas entamer avec le dessinateur une correspondance qui durera plus de vingt ans et lui donnera l'occasion de le rencontrer plusieurs fois. Témoin privilégié de nombreux événements dans l'univers de Tintin, l'auteur rend ici un hommage très personnel au héros et à son créateur en feuilletant, en même temps que les vingt-trois albums de la collection, celui de ses souvenirs.
    Qu'est-ce que la "tintinologie" ? Quelle est la genèse des personnages de la saga ? Un Tchang peut-il en cacher un autre ? Le général de Gaulle avait-il vraiment fait du reporter son "seul rival international" ? Quel avenir pour Tintin ? Répondant à bien des questions que suscite un tel monument de la bande dessinée, ce Petit éloge de Tintin fera pour plus d'un lecteur l'effet d'une madeleine de Proust.
    Né en 1950, Jacques Langlois a travaillé dans une société opérant au pays de l'or noir puis dans des entreprises créées sur la toile (mystérieuse) d'Internet. Ancien vice-président et toujours administrateur de l'association Les Amis de Hergé, il est devenu au fil du temps un collectionneur et un exégète de l'oeuvre du dessinateur.

  • "C'est comme ça, au milieu du chaos, qu'un diamant a émergé de la boue, une petite lumière dans la noirceur des égouts, petit frère venu au monde un matin triomphant entre mes mains tremblantes. Sa naissance fut une égratignure sur ma torpeur, une façon de réveiller la faim qui me faisait vivante". Mère célibataire par défaut, isolée dans un village de campagne avec ses deux petits, la narratrice raconte, dans une langue sensuelle, poétique, imprévisible, le combat toujours recommencé contre la nuit qui la guette et la tentation de la fuite.
    Elle dit l'amour maternel, inconditionnel et douloureux, aliénant et surpuissant. Elle crie sa vie volée et son corps assigné à n'être que celui d'une mère. Elle trace, surtout, le long chemin du retour vers soi. Dans la lignée de son premier roman, Le Corps d'après (éditions François Bourin, 2019), Virginie Noar, pigiste et travailleuse sociale, continue d'explorer les paradoxes de la maternité et d'interroger, en creux, ces constructions sociales qui enferment les femmes dans leur rôle de mère.

  • Duchamp

    Arnaud Labelle-Rojoux

    Duchamp : une oeuvre proprement infixable.
    Réseau infini de complexités, de pistes déroutantes, d'équations aux diverses inconnues. Les interprétations aux allures de discussions talmudiques égrenées depuis des décennies participent bien sûr de cette insaisissabilité. Mais pas seulement. Quoique hantant la modernité, Duchamp échappe à toute synthèse. Rien de surprenant. « Le grand artiste de demain passera à la clandestinité », avait-t-il prophétisé...
    De Nu descendant un escalier (1913) à Étant Donnés : 1° la chute d'eau, 2° le gaz d'éclairage, installation découverte après sa mort en 1968, en passant par Fountain (1917), urinoir signé R. Mutt, et L.H.O.O.Q. (1919), Joconde moustachue, ce livre explore autant d'oeuvresicônes qui n'ont pas fini de nous échapper, ni de susciter l'inspiration.

  • Le Vendée Globe est un événement sportif majeur en France. Plus qu'une simple compétition, c'est devenu un phénomène de société qui attire, tous les quatre ans, plus de deux millions de passionnés aux Sables-d'Olonne. En plus de la course réelle, ce sont pas moins de 450 000 apprentis navigateurs qui participent, en ligne, à la course virtuelle en solitaire, en famille ou entre collègues de bureau.
    A la veille de sa neuvième édition, en novembre 2020, Mon Vendée Globe remonte le temps depuis sa création en 1989, scrute les coulisses et les moments forts qui ont bâti sa légende, éclaire son histoire par de nombreuses anecdotes et s'interroge sur l'avenir de l'une des compétitions sportives les plus étonnantes de notre époque. Navigateur, marin-pêcheur, skipper, Denis Horeau a été le directeur de course de la première édition du Vendée Globe en 1989 et a repris ce poste de 2004 à 2016.
    Il a également dirigé plusieurs courses autour du monde, mais il se consacre désormais à la création de grands événements internationaux en faveur de l'environnement, qui mettent la créativité et l'intelligence humaines au service de solutions concrètes pour diminuer notre impact négatif sur la planète.

  • Cofondatrice du Mouvement de Libération des Femmes, pionnière d'un certain « féminisme », Antoinette Fouque est aujourd'hui une théoricienne inclassable. On sait que le mouvement des femmes se divise depuis l'origine en deux branches. La première privilégie le social et milite pour les droits des femmes. La seconde est plus philosophique. Elle s'interroge : qu'est-ce qu'une femme ? C'est tout le travail d'Antoinette Fouque. En quoi consiste l'être-femme ? Très critique à l'égard du féminisme, Antoinette Fouque place notamment la maternité au coeur de la féminité et en tire toutes les conséquences même les plus anticonformistes.

    Un ouvrage court et synthétique. Plus qu'une introduction à Antoinette Fouque, ce livre est un témoignage unique sur la pensée et le parcours d'une des plus importantes militante et intellectuelle d'aujourd'hui.

  • Depuis les années 1950 la sexualité des jeunes inquiète les autorités. À l'heure d'internet, l'accès facilité à la pornographie, l'exposition de la sexualité sur les réseaux sociaux ou le cyberharcèlement angoissent car ils s'exerceraient dans des espaces incontrôlables.
    Mais sait-on vraiment ce que les jeunes font sur internet en matière de sexualité ? Et en quoi ces pratiques influent sur leur vie ? C'est à ces questions que répond ce livre, fruit d'une enquête menée auprès de 1 500 Français de 18 à 30 ans. Prenant en compte l'âge, la classe ou le genre des personnes interrogées, il en résulte une analyse des relations que les jeunes entretiennent avec la sexualité qui va souvent à l'encontre des préjugés. Une réflexion passionnante sur les frontières de l'intime à l'heure du numérique.

  • Sur le papier, Boris Johnson avait tout pour devenir un champion de l'Union européenne : un attachement viscéral à l'Europe, des origines familiales internationales, une éducation cosmopolite, un père employé à la Commission puis élu au Parlement européen... C'est pourtant lui qui est devenu le visage du Brexit. Les mauvaises langues disent que le costume d'opportuniste est celui qui lui sied le mieux.
    Le récit de son parcours - journaliste correspondant à Bruxelles, député tory, maire de Londres, Premier ministre - fait en réalité ressortir une indéniable cohérence dans l'évolution de son positionnement par rapport à l'organisation européenne. Dans sa tête, les images de ses mentors Churchill et Thatcher ; dans son coeur, l'amertume des rendez-vous manqués et la rancoeur de la relation complexe et tourmentée entre le Royaume-Uni et ses voisins.
    Ce portrait croisé du pays et de cette personnalité haute en couleur permet de mieux comprendre les mécanismes ayant mené au Brexit - notamment la responsabilité des dirigeants européens et de l'UE - et la figure de "BoJo" , trop facilement réduite à l'image d'un bouffon échevelé sans foi ni loi, qui apparaît ici de manière nuancée et surprenante. Observateur averti de la politique britannique, Tristan de Bourbon-Parme est journaliste correspondant au Royaume-Uni depuis décembre 2009 pour plusieurs quotidiens de presse nationale - La Croix et L'Opinion (France), La Libre Belgique (Belgique), La Tribune de Genève et 24 Heures (Suisse).

  • Depuis les années 1970, la sexualité serait libérée, égalitaire. En dehors du viol, elle serait largement épanouie et exempte de violences. Mais les récentes affaires Weinstein et autres #meetoo semblent signaler une réalité tout autre. N'en déplaise à celles et ceux qui craignent que ces dénonciations sans précédent cachent de possibles exagérations, ou qui appellent à ne pas « dramatiser », la sexualité quotidienne recèle des ambigüités multiples, des « zones grises ». Les témoignages ne sont-ils pas nombreux de ces personnes qui disent avoir « cédé » plutôt que « consenti » ?
    Dans un tel contexte, le consentement apparaît dès lors comme un impensé central : quand peut-on réellement dire qu'il est présent ? Faut-il ne retenir que sa définition juridique, qui stipule qu'en dehors d'une contrainte explicite, il doit être considéré « libre et éclairé » ? Nos corps seraient-ils donc consentants par défaut ? Consentir voudrait-il dire désirer ? Faut-il évacuer ces questions, au nom d'une « séduction à la française » ? Et tout le monde est-il capable de consentir, ou cela relève- t-il d'un apprentissage social et individuel à la fois ?
    C'est pour répondre à ces questions brûlantes qu'Alexia Boucherie a enquêté, en allant à la rencontre de jeunes adultes. Pour comprendre comment, en pratique, le consentement fonctionne. Comment sa définition juridique et sa transmission médiatique orientent les expériences. Et comment celui-ci s'exerce, aussi, selon les contraintes et les performances de genre. En combinant théories critiques féministes et pragmatisme des interactions quotidiennes, de nouveaux outils et représentations émergent pourtant, qui permettent une meilleure compréhension de nos sexualités, et tracent les contours d'un consentement plus égalitaire.

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