Ressouvenances

  • Malgré l'amour qu'il porte à son épouse, la belle Laudine, le chevalier Yvain s'en va combattre aux côtés du roi Arthur. Il a fait le serment de revenir au bout d'un an. Mais il manque à sa promesse et perd l'amour de Laudine... Désespéré, Yvain erre alors d'aventure en aventure, suivi par un lion à qui il a sauvé la vie. Saura-t-il gagner, par l'éclat de ses prouesses, le pardon de celle qu'il aime ?

  • Makar dévouchkine et varenka dobrossiolova s'écrivent assidûment.
    Lui est un petit fonctionnaire, elle est sa voisine d'en face, une jeune fille dans le besoin. au fil de leur correspondance, composée avec simplicité et spontanéité, se dessine l'affection sincère qui les lie, et qui fera le malheur de l'un d'eux.
    Les pauvres gens est le premier roman d'un auteur qui gagna une notoriété immédiate. la trame sentimentale et le style naturaliste sont prétextes à explorer l'âme humaine dans son inconscient et son refoulé : les lettres des deux personnages suggèrent en effet beaucoup par leurs silences et leurs non-dits.
    Ce dévoilement comme involontaire, parfois troublant, annonce d'autres monstres de la mauvaise foi à venir dans une oeuvre magistrale.

  • Inspiré du Faust de Goethe, ce drame en vers de 1817 campe un homme vivant seul, un homme maudit, retiré au cour des Alpes. Il a pour nom Manfred.
    Ce que Manfred désire le plus au monde, c'est oublier. Perclus de remors pour avoir tué par son étreinte celle qu'il aimait, il invoque les dieux, essaie en vain de se jeter dans le vide. Or, Astarté, la bien-aimée perdue, lui apparaît enfin. Elle lui annonce qu'il va mourir le lendemain. Des démons viennent en effet le moment venu pour s'emparer de lui. Mais Manfred résiste à leur pouvoir. C'est une fois les démons disparus qu'il meurt.
    Manfred incarne l'âme passionnée et rebelle, opposée à la figure de la paix, sublimée par la mort, d'Astarté. Mais lord Byron montre avec la virtuosité du poète comment ces thèmes peuvent se confondre.

  • Les enquêtrices dans les polars... Les figures de fliquesses, de privées, de journalistes d'investigation, d'inspectrices sont de plus en plus nombreuses (françaises, européennes ou américaines). Cérébrales, fonceuses, intuitives ou rationnelles, épanouies ou névrosées. Célibataires ou en couple, avec ou sans enfants. Qu'ont-elles en commun ? Un désir d'aventures et une soif de liberté sans limites. Attention : elles sont souvent armées... combatives en tout cas. Car leur place dans un monde encore dominé par les hommes n'est pas acquise. Alors elles agissent et prennent leurs affaires en main : et si elles nous montraient la voie ? Le polar, univers longtemps conditionné par les hommes et des représentations phallocrates, se féminise. Il constitue ainsi un miroir grossissant de notre société, terrain privilégié pour l'étude des rapports sociaux entre les sexes, et aussi du rapport à la violence. Cet ouvrage interroge ces représentations littéraires à travers le prisme du féminisme. Analysant un important corpus de romans, décrivant de nombreuses héroïnes différentes, il contribue à une réflexion sur la condition des femmes dans la société actuelle. Il témoigne d'interrogations sous-jacentes : l'affirmation doit-elle être identification aux anciens codes de domination ? Ceux-ci sont-ils spécifiquement masculins ? En s'emparant des attributs traditionnels d'une condition masculine déterminée, des femmes les érodent-elles ou, au risque de ne pouvoir s'en affranchir, les répètent-elles ? La violence peut-elle être un outil d'émancipation féministe ?

  • Si nous demandons à différentes personnes d'ouvrir une porte, d'entrer dans une pièce, de s'asseoir, de se lever et de saluer quelqu'un, chacune le fera d'une manière particulière. Une personne peut ouvrir la porte rapidement, entrer dans la pièce avec inquiétude, s'asseoir avec précaution, se lever dans un sursaut, saluer quelqu'un timidement. Une autre ouvrira la porte en retenant son geste, entrera dans la pièce presque en se cachant, s'assiéra en évitant de faire du bruit, se lèvera très lentement pour saluer quelqu'un chaleureusement. Et ainsi de suite.
    Ces variations, qui imprègnent les diverses activités humaines, sont l'objet d'étude de la dynamique du mouvement.
    Nommé «Effort» par Rudolf Laban, cette étude met en valeur la manière dont chaque personne investit le Poids, le Temps, l'Espace et le Flux, les articule pour créer des phrases de mouvement et accorde l'intention du mouvement avec sa manifestation physique ou psychique. S'éloignant d'une analyse « photographique », qui isole le moment de ce qui le précède et de ce qui le succède, l'Effort s'intéresse au processus de transformation du mouvement. Il invite chacun à expérimenter les modulations et les alternances dynamiques, et à développer ainsi la capacité de résonance aux stimuli internes et externes qui est à la base même du monde relationnel. Tout domaine qui s'intéresse au mouvement humain peut trouver dans l'étude de l'Effort un support dépourvu de jugement et riche de possibilités.

    Cet ouvrage propose à la fois une description analytique des principes et des dimensions du mouvement dans cette conception de l'Effort, accompagnée de leur notation Laban ; et d'autre part un historique de cette approche théorique et pratique dans son évolution au cours de la seconde moitié du vingtième siècle.

  • L'incohérence de la rhétorique pro-nucléaire signale celle des instances et des structures qu'elle défend. À cette aune, on conclura que le nucléaire est extrêmement dysfonctionnel et dangereux. Or les peurs suscitées par la catastrophe de Fukushima sont multiples. Ce petit essai propose une partie de ce que nous pourrions nous en dire, si nous descendions sur la place en parler entre nous sans entraves ni désinformation. C'est une entrée en matière.

    Si les arguties et les explications creuses des nucléaristes avaient pour fonction de nous anesthésier dans l'accablante réalité qu'ils reproduisent, - elles n'arrivent qu'à éveiller une lecture attentive. Leurs mensonges révélateurs et leurs querelles d'arrière-cuisine attestent leur absence de maîtrise. Ils prouvent le caractère ingouvernable du nucléaire. Ils disent vrai.

  • L'humble moine dénué de pouvoir et de fortune, pauvre en esprit, est un personnage de prédilection de Nicolas Leskov. Celui de ce roman, publié en 1873 et qui procède à la façon de contes traditionnels enchâssés l'un dans l'autre, narre les péripéties picaresques de son existence « tragi-comique » avant qu'il ne parvienne à cet état qu'il se refusait d'endosser, et qui lui valut encore surprises et désagréments. Le vol et les mauvaises rencontres, la steppe désertique, les cavalcades, les empoignades, les belles tziganes, les enlèvements, les ruses, les beuveries guettent le naïf vagabond et longtemps le détournent ou le retiennent. Pour lui, l'aveu de son inconscience approche l'expressivité symbolique de l'apologue. Et, au terme, il aura expliqué pourquoi il faut intercéder en faveur de ceux perdus que le culte rejette - les suicidés.

  • Bernard Lecache (1895-1968), issu d'une famille juive ukrainienne émigrée en France, était un journaliste sympathisant de la Révolution russe, militant de la Ligue des Droits de l'homme, proche de la journaliste anarchiste Séverine dont il épousa la petite-fille, ami de Boris Souvarine et compagnon des premiers fondateurs du parti communiste - dont il fut exclu dès 1923. Lorsque, en 1926 à Paris, le partisan libertaire Samuel Schwartzbard tua le responsable ukrainien Simon Petlioura (cf. Henry Torrès, Le Procès des pogromes, rééd. Ressouvenances, 2010), Bernard Lecache milita pour sa défense, seconda son avocat, effectua pour le journal Le Quotidien un voyage de trois mois en Ukraine à la recherche de témoignages. Le présent livre, publié en 1927, est le récit de ce voyage, expérience terrible : devoir de transmission envers des victimes désespérées que leur parole fût entendue ; compte rendu halluciné d'un cortège d'horreurs où la brutalité le dispute au pathologique ; travail d'écriture aussi, dans la mesure où la solidarité poignante sourd de l'accablement. Ce document historique atteste un processus qui n'est pas sans analogie avec le génocide turc de la population arménienne. Et, en perspective, les sabres d'alors annonçaient la «shoah par balles». Il rapporte des pogromes qui sont aujourd'hui encore déniés («quelques petits pogromes», peut-on lire en une rapide recherche aléatoire sur internet), et qui fournissaient à l'armée nationaliste ciment idéo­logique et intendance (cf. p. 215 cet aveu militaire: «Le mot d'ordre, c'était de tuer les Juifs. Autrement l'armée se serait débandée. Si Petlura n'avait pas dit à ses hommes que les Juifs étaient tous communistes, il n'y aurait rien eu à faire.»). Ce texte-épreuve n'est pas démenti, mais corroboré, par les recherches scientifiques parues la même année sur Les Pogromes en Ukraine (que nous republions également). À son retour, Bernard Lecache fonda la Ligue internationale contre les pogromes, devenue en 1928 la Ligue internationale contre l'antisémitisme (la L.I.C.A., puis, plus tard, la L.I.C.R.A.). Le titre de l'ouvrage se réfère à l'ancienne assertion dont il suggère la conclusion : «Quand Israël meurt, Israël renaît.»

  • « La transmission de Françoise Dupuy, écrit Marcelle Bonjour dans sa Préface au présent recueil, est son laboratoire de poésie, un acte de présentation de «sa dansée» d'artiste à d'autres interprètes, enfants, danseurs ou amateurs, dans l'unité de temps, de lieu, de sens que constitue l'atelier et où chacun cherche les clés de la présence de l'autre.
    La rêverie éveillée à laquelle elle nous invite et nous associe n'est pas celle des formes constituées mais un fragment d'oeuvre, dans lequel la lente germination des exigences dans la joie maintenue de la découverte, assure à l'ouvrage et à l'artisanat de l'artiste et des enfants ou danseurs, sa vraie grandeur imaginative et créatrice. Elle transmet ses chemins, traits d'union entre de nombreuses expériences. »

  • Les luttes paysannes - de la résistance à l'insurrection - auxquelles furent confrontés les bolcheviks après Octobre 1917 ont longtemps été occultées. Aujourd'hui encore, les crimes de la bureaucratie fondatrice à l'égard des masses rurales - réquisitions, expropriations, déportations et fusillades - sont justifiés plus ou moins implicitement, quand on admet leur existence, comme «crimes de classe» : une classe «révolutionnaire», suggère-t-on, aurait dû défendre, avec les moyens adaptés, son projet «utopique» contre une «réaction» paysanne.

    Dans la partie liminaire de cet ouvrage, J.-L. Van Regemorter montre qu'une «révolution paysanne unique» commencée sous le tsarisme, outre qu'elle contribue à expliquer 1917, a poursuivi ses objectifs et sa stratégie contre l'appropriation étatique du bolchévisme. La seconde partie recueille des documents historiques traduits pour la première fois en français. Rapports de militants socialistes-révolutionnaires, tracts et appels d'insurgés, et surtout consignes, notes, mémoires internes de bolcheviks dessinent en creux l'histoire non écrite de l'«Antonovchtchina», l'insurrection du paysannat dans la province de Tambov en Russie occidentale de 1919 à 1921. Les réquisitions de l'ordre militaro-bureaucratique, incompétent, prédateur, menées jusqu'à la famine et la déstructuration de la production agraire, ressortent à la fois des descriptions hostiles aux bolcheviks et des rapports et dissensions de ces derniers, qui les pratiquaient à grande échelle. Nous ne sommes pas en 1937, ni en 1956, mais en 1921, et l'autodénonciation cyclique de la bureaucratie s'instaure avec celle-ci même. À ce système correspondent d'emblée une planification, naïvement préconisée sans fards, de la terre brûlée par le haut, de l'omniprésence policière, de la coercition dogmatique, des déportations civiles, enfin le projet, méthodiquement consigné, débattu, appliqué, de «déployer la terreur rouge jusqu'à des proportions massives» (Antonov-Ovséenko). L'ordre n° 130, de Toukhatchevski, est à cet égard éloquent. Dans les maladroites circonlocutions de son zèle glacé, il faut lire les ordres et contre-ordres manipulateurs, les concessions et les consignes secrètes de l'appareil en guerre contre une société insurgée. Ce fut la construction d'un «monde nouveau», «désert et ténébreux», habité par «des esclaves affamés, nus et sans voix» : ses moyens s'identifiaient à sa fin. Édition présentée et annotée par Régis Gayraud.

  • L'orchésographie (du grec orkhêsis, danse) constitue la première tentative connue en Occident de noter les pas et mouvements de la danse. L'ouvrage de Jean Tabourot, chanoine de Langres et "seigneur des Accords" - quel signe ! - fut imprimé trois fois à Langres, de 1588 à 1596, sous le pseudonyme de Thoinot Arbeau, déjà utilisé par l'auteur pour un dictionnaire des rimes françaises. Il est également réputé pour avoir transcrit les danses de la Renaissance d'un usage répandu alors parmi la bourgeoisie et la petite aristocratie et pour en avoir établi les partitions. L'inspiration nettement populaire de ces danses et accompagnements - les simples flûte et tambourin sont les instruments principaux - se codifie sur le plan de la composition et sur celui de la culture sociale. Par leur seul nom, ces morceaux offrent un portrait multiple, évoquant lavandières, cultivateurs, ermites, cavaliers, gens d'armes, bouffons, de maintes régions et divers pays.

  • Jean-Georges Noverre (1727-1810), danseur et chorégraphe, est comme son siècle un homme des Lumières. Il cherche à sortir la danse de son caractère de divertissement pour lui donner une dimension expressive. Il a été influencé par le travail de Garrick (acteur et dramaturge anglais) qui lui fait mêler la pantomime à la danse. « La danse doit être plus naturelle, plus expressive. » Il convient de « s'écarter avec grâce des règles étroites de l'école, pour suivre les impressions de la nature a?n de donner à la danse l'âme et l'action qu'elle doit avoir pour intéresser », explique-t-il dans sa Lettre XXII, « De l'accord du geste avec la pensée et les mouvements de l'âme ». Des connaissances nécessaires au maître de ballet à la chorégraphie en passant par la composition des corps de ballet jusqu'aux costumes, l'ensemble de ces Lettres inspirera la construction du ballet des XIXe et XXe siècles.
    Ses Lettres sur la danse (1760) où il expose ses théories rencontrent un grand succès dans toute l'Europe et notamment auprès de Voltaire. Ce texte majeur de l'histoire de la danse a été publié de son temps dans plusieurs pays.
    Noverre a crée une centaine de ballets à travers l'Europe.
    Ses considérations témoignent également, à travers une grande qualité d'écriture, des interrogations et des exigences conditionnant la création artistique dans son ensemble.
    Le présent fac-similé de l'édition de 1952, préparée par le critique Fernand Divoire, réunit des Lettres ayant paru dans des volumes, à des dates et dans des pays différents. Il se clôt par une notice biographique.

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