Langue française

  • Française née en Belgique, naturalisée américaine en 1947, Marguerite Yourcenar fut une grande voyageuse, et ce dès l'enfance, grâce à son père, un anticonformiste fortuné et nomade. Pendant la Première Guerre mondiale ils vivront en Angleterre, à Paris, à Menton, à Monte Carlo, puis dix ans en Provence. Vers vingt ans, elle visite, seule, l'Italie. Après la mort de son père en 1929, elle partage son temps entre Paris, la Belgique, la Hollande, l'Italie et les pays d'Europe centrale. La Grèce, qu'elle découvre en 1934, la marque profondément. La rencontre avec l'Américaine Grace Frick en 1937 lui ouvrira les portes d'un nouveau continent. Dès lors, elle partagera sa vie entre le calme de Mount Desert Island, dans l'Etat du Maine, où elle écrit, et de longs voyages en Europe, jusqu'en Russie, puis au Japon et en Inde.
    Elle n'a jamais fréquenté l'école ; ce sont la lecture et les voyages qui l'ont formée. D'où, sans doute, son appréhension d'abord livresque des lieux. Qu'elle évoque la Grèce, l'Espagne ou le Japon, Yourcenar fait preuve d'une érudition étourdissante, relayée par une grande sensibilité aux hasards et à l'éphémère des rencontres, et surtout à la nature (et aux destructions que lui inflige l'homme). Elle traque, en moraliste, l'uniformité cachée sous la variété des apparences. Si le voyage est à ses yeux le moyen de se libérer des préjugés, de l'étroitesse d'esprit aussi bien que des enthousiasmes naïfs, c'est aussi l'occasion de vérifier que l'humanité, au-delà des différences culturelles, est partout la même, soumise aux mêmes épreuves et aux mêmes maux.
    Le voyage, pour Yourcenar, se double d'une aventure intérieure, d'un itinéraire spirituel : il s'agit de « s'éprouver à la pierre de touche d'une terre et d'un ciel différents », de trouver sa juste place dans un temps si chichement mesuré et de se préparer au Voyage final.

  • «Le voyage, comme la lecture, l'amour ou le malheur, nous offre d'assez belles confrontations avec nous-mêmes, et fournit de thèmes notre monologue intérieur.» Ce monologue, nourri du spectacle du monde, Marguerite Yourcenar l'amorce dès l'enfance, et le poursuivra toute sa vie en parcourant et reparcourant inlassablement l'Europe, puis l'Amérique et l'Asie. Cette Française, née à Bruxelles en 1903, se fera naturaliser américaine en 1947, suite à sa rencontre avec Grace Frick.

    Yourcenar n'a jamais fréquenté l'école ; ce sont la lecture et les voyages qui l'ont formée. Qu'elle évoque la Grèce, l'Italie, l'Espagne ou le Japon, la Thaïlande, la Russie, le Canada, elle fait preuve d'une érudition étourdissante, relayée par une grande sensibilité aux hasards et à l'éphémère des rencontres, et surtout à la nature - et aux destructions que lui inflige l'homme. Si le voyage est à ses yeux le moyen de se libérer des préjugés, de l'étroitesse d'esprit aussi bien que des enthousiasmes naïfs, c'est aussi l'occasion de vérifier que l'humanité est partout la même, soumise aux mêmes épreuves et aux mêmes maux.

    Le voyage, pour Yourcenar, se double d'une aventure intérieure, d'un itinéraire spirituel : il s'agit de «s'éprouver à la pierre de touche d'une terre et d'un ciel différents», de trouver sa juste place dans un temps si chichement mesuré et, puisque «l'irréversible commence à chaque coin de rue tourné», de se préparer au Voyage final.

    Michèle Goslar a enrichi son parcours à travers l'oeuvre en y incluant plus d'une cinquantaine de pages inédites de Marguerite Yourcenar.

    Le livre est illustré de photographies de Carlos Freire.

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