• Chi?inau, en Moldavie. La petite Lastotchka est adoptée dans un orphelinat par Tamara Pavlovna, ramasseuse de bouteilles. Lastotchka va à l'école, apprend le russe alors qu'elle préfère sa langue, le moldave, et elle se fait punir par sa mère adoptive lorsqu'elle écorche les mots russes. Elle apprend à laver des bouteilles mais aussi à voler ou à repousser les sollicitations des hommes trop insistants... Les habitants de son immeuble deviennent sa nouvelle famille et lui donnent un peu de leur humanité. Mais les blessures ne s'effacent pas et les questions hantent.

  • Le roman est une déclaration d'amour-haine faite par un adolescent, pendant un été, à sa mère - cet être fragile sur le (grand) départ. Alexy est un personnage difficilement attachant, traumatisé par la mort de sa soeur puis par le rejet de sa mère. Il regarde le monde avec des yeux haineux, déteste sa mère et la dissèque sans complaisance. Devenu adulte, et afin qu'il puisse se remettre à la peinture, Alexy est poussé par son psy à revivre le dernier été passé avec sa mère. Un été décisif car c'est le moment clé de la narration, celui d'où tout part et où tout revient. Les trois mois et demi passés ensemble par les deux - la mère mourante et l'adolescent psychotique - mènent à un rapprochement et à une profonde réconciliation : celle du garçon avec lui-même et la vie, celle de la mère avec elle-même et avec la mort.
    En somme, pendant un été, dans un petit village français, dans une petite maison, les deux êtres se retrouvent et s'acceptent, apprennent à s'aimer, sous la pression de la maladie et du temps ; ils le font par petites touches, comme ils n'avaient jamais réussi à le faire jusqu'alors.
    Chaque page est coupée au rasoir, dans une écriture très poétique, et le style de Tatiana Tîbuleac dégage force, passion et émotion. Au fur et à mesure, les personnages prennent des contours in- soupçonnés et le roman se transforme en poème d'amour contenant à la fois la vie et la mort.

    « Ce matin-là, je la haïssais plus que jamais, maman venait d'avoir trente-neuf ans. Elle était petite et grosse, bête et laide. C'était la maman la plus inutile de toutes celles qui ont jamais existé. Je la regardais par la fenêtre, plantée, comme une mendiante, à la porte de l'école. Je l'aurais tuée rien que d'y penser. »

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