• Dans cette comédie en un acte écrite en 1749, Lessing (1729-1781) montre un voyageur en transit, dont l'extrême générosité suscite admiration et attirance dans la famille d'un baron auquel il vient de sauver la vie. Sa droiture et sa délicatesse viennent à bout de tous les obstacles. Tous, sauf un : il est Juif dans une société judéophobe. Plus il est généreux, plus il se rapproche du moment où il devra révéler son identité. Le rapprochement qui s'esquisse butte finalement sur une impossible reconnaissance qui laisse entrevoir une catastrophe d'une toute autre ampleur : l'auteur imagine et met en jeu avec une lucidité sidérante, la possibilité historique d'une « symbiose judéo-allemande », ses enjeux, ses risques et aussi ses impasses. S'emparant de la comédie classique française, Lessing en travaille les éléments, les déplace, jette les bases d'un nouveau genre théâtral et lui donne une perspective politique qui nous étonne et nous bouleverse.

  • Lessing était un grand lecteur de fables, mais préférait les originaux aux copies : ainsi revient-il des fables allemandes imitées de La Fontaine aux inspirateurs grecs du fabuliste français, Esope et Phèdre.
    Comment la fable peut-elle s'assimiler à une « doctrine des moeurs » ? Pourquoi cet usage récurrent des animaux dans les fables ? Quelle utilité les fables peuvent-elles avoir, dans l'éducation des enfants notamment ? Cette édition présente également un corpus de fables traduites de l'allemand ; en postface, J.-F. Groulier explore les liens de la fable à l'exposition de la vérité.

  • Longtemps confiné aux scènes des collèges luthériens et jésuites, soumis aux aléas qui affectent le sort des troupes ambulantes, exposé à la concurrence des acteurs professionnels français favorisés par les cours, le théâtre peina à trouver sa place dans le système socioculturel de l'Allemagne de la modernité.
    Lessing reproche aux efforts de la génération qui le précède son formalisme esthétique et moral, en quoi il voit une caricature du modèle français.
    Le projet de « Nationaltheater » qu'il soutient à Hambourg et commente dans sa Dramaturgie (1767-1769) cherche, à travers une critique d'un répertoire qu'il ouvre à Shakespeare et Diderot, et la mise en cause des principes de base des genres comique et tragique, à dégager une voie nationale propre.
    /> Outre la proximité produite par la langue, les sujets et la sensibilité renforcée par l'illusion, Lessing prône la pitié qui universalise et la rationalité qui autonomise la scène en tant qu'institution civique.

  • Ecrivain allemand des Lumières, contemporain de Kant, G. E. Lessing expose ici ses idées particulièrement subversives pour l'orthodoxie religieuse, sous couvert de celles d'un théologien luthérien H. S. Reimarus. Leur démarche commune : développer l'idée d'un christianisme raisonnable, d'une religion rationnelle pratique, distincte du christianisme apostolique, l'idée d'un déisme sans la diversité du Christ, ouvrant désormais la porte à une libre pensée oeuvrant pour un humanisme de la tolérance.

  • Ces textes, habilement percutants, n'ont rien perdu de leur saveur. Écrits dans un style clair et simple, le ton de la conversation, ils pourraient dater de quelques années et émaner d'un franc-maçon contemporain. Lucidité, humour et esprit critique, Lessing possède au plus haut point, l'art de poser la question qui éclaire et de soulever les problèmes que certains voudraient voir écarter. Le franc-maçon d'aujourd'hui reconnaîtra de façon saisissante, ses interrogations et le lecteur intéressé rencontrera, une fois de plus, en Lessing, l'infatigable et brillant combattant du progrès humain

  • Traduction, introduction et notes par Philippe Büttgen.
    Une conversion du christianisme à l'islam à la  n du XVIe siècle.
    L'Adam Neuser de Lessing rapporte un cas de conversion du christianisme à l'islam à la  n du XVIe siècle. Réalité, apparence, enjeu ? Lessing tient pour vraisemblable que le pasteur réformé Adam Neuser (v.
    1530-1576) s'est prêté à une « comédie » de conversion au terme d'une longue migration qui l'a conduit de Heidelberg à Constantinople, et en même temps s'interroger sur les motivations d'un apparent soutien d'un protestant au sultan Selim II, promu lui et les Turcs défenseur possible des antitrinitaires allemands opprimés et espérant une victoire militaire turque sur l'Empire.
    Ce texte étonnant, un des plus forts des Lumières, nous rappelle qu'il y eut un temps où les esprits libres migraient vers Istanbul ; un temps aussi où c'est d'Europe qu'on fuyait les con its religieux. Publier l'Adam Neuser aujourd'hui, c'est donner à voir deux choses : la longue durée des relations entre religion et migration, en Europe et hors d'Europe, et la diversité des trajets migratoires, jamais à sens unique. À l'aube des célébrations du cinquième centenaire de la Réforme (1517-2017), le récit de la conversion d'un pasteur à l'islam pourra donner un tour moins triomphaliste aux festivités attendues.

  • Cet ouvrage présente trois comédies de jeunesse de Gotthold Ephraim Lessing, qui témoignent de son intense expérimentation et de ses qualités de dramaturge et Les Amants généreux de Rochon de Chabannes, inspirés de Minna von Barnhelm et parfait exemple de la pratique de l'imitation au XVIIIe siècle.

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