• À la fin tout devient poésie, c'est bien ce que ces fragments parviennent à nous prouver. Si Novalis fut mystique en même temps que scientifique, ces écrits viennent rappeler qu'il fut avant tout poète. Ouverte mais sûre d'elle, la pensée de l'auteur romantique se trouve dans cet ouvrage remarquablement résumée. Le talent de Novalis réside dans sa capacité à dresser des ponts entre des disciplines en apparence éloignées. Pour restituer une totalité disparate, quelle forme plus adaptée que celle de ces fragments ?
    Sérieux mais malicieux, le poète est d'autant plus séduisant qu'il sait parler des sciences à un public profane. En véritable artiste, Novalis fait davantage que vulgariser ses savoirs car pour lui la révélation du monde va nécessairement de pair avec sa poétisation.

  • Contient des poèmes extraits d'Henri d'Ofterdingen

  • En 1797, Novalis publie ses premiers fragments dans l'Athenaeum, revue fondatrice du romantisme allemand, et continue à en rédiger durant toute son existence. « La poésie est le réel véritablement absolu. C'est le noyau de ma philosophie. » Philosophe, scientifique et poète, il place la poésie au coeur et au-dessus de toutes les disciplines en faisant d'elle celle qui permet d'assurer leur fusion pour mieux comprendre l'univers. Elle est, selon lui, « l'héroïne de la philosophie » et « élève chaque élément isolé par une connexion particulière avec le reste du monde ».

  • "Foncièrement et par nature, Henri était né pour être poète.
    Tous les hasards semblaient converger et s'unir pour sa formation, et rien encore n'était venu contrarier le vif éveil de sa vie intérieure. Tout ce qu'il voyait, tout ce qu'il entendait n'était que pour, semblait-il, lui ôter un nouveau verrou au-dedans de lui-même, lui ouvrir une fenêtre nouvelle. Il voyait devant lui s'étaler le monde dans toute l'étendue et la diversité de ses modalités entremêlées et sans cesse changeantes.
    Mais c'était un monde encore muet, et son âme, la parole, n'y était toujours pas éveillée. Or, déjà s'approchait un poète qui tenait par la main une adorable jeune fille, afin que, par les sons de la langue maternelle et la caresse exquise et douce d'une tendre bouche, s'ouvrissent les lèvres stupides et qu'en mélodies infinies se développât le simple accord".

  • Le brouillon général

    Novalis

    • Allia
    • 20 Août 2015

    Art, grammaire, morale, médecine, minéralogie, algèbre, autant de domaines abordés dans ce vaste projet d'encyclopédie. Ni dictionnaire, ni classifi cation rationnelle des savoirs, cet ensemble se veut une « science du tout » à l'infl exion résolument romantique. Dans l'intimité de ce cabinet de curiosités ou de cet antre de chercheur, Novalis désorganise plus qu'il ne classe, libère la pensée plus qu'il ne l'ordonne. Les fragments qu'il o re à lire, à picorer ou à méditer composent entre eux une poésie en acte. Novalis expérimente, donne une forme visible à la pensée comme il transforme la réalité palpable en matière à rêver. Ces notes posthumes mettent en évidence la singularité et la modernité de leur auteur.

  • La gloire des vrais poètes est lente, discrète et chaleureuse comme une braise inextinguible, qui habite d'abord le coeur de quelques-uns, puis se propage de proche en proche et de génération en génération pour toujours plus enrichir et réchauffer les meilleurs. Plus intime que toutes, celle de Novalis aura mis un siècle à s'épanouir, deux pour quitter sa langue et arriver jusqu'à nous, beaucoup plus proche et plus vivante dans sa magie, plus efficace et plus utile à l'âme que tant de voix contemporaines déracinées de leur éternité par la rage de l'actualité.
    L'audiovisuel tambourine, pétarade, multipliant ses agressions et ses violences ; mais entre le lecteur et ce qui est écrit, même si l'on feint de l'ignorer, il y a un pacte de silence qui est le chemin le plus sûr, la voie de toutes les reconquêtes ; car "le chemin mystérieux va vers l'intérieur" , mène vers le dedans. L'univers est en nous, et dehors, il n'y a que l'orage des apparences. "Là où il n'y a plus de dieux, règnent les spectres".
    Esprit de haute précision, d'une curiosité intellectuelle extraordinaire, Novalis, de 1772 à 1802, n'aura eu que vingt-neuf ans pour disposer de son génie, inaugurer et fonder le romantisme, s'initier à l'invisible et opérer cette prodigieuse conversion à la mort (quand il perdit sa bien-aimée) qui lui ouvrit les portes des grands mystères, et lui permit de nous laisser le pur diamant de son OEuvre, réunie ici en français pour la première fois : une oeuvre où bien souvent les mots, réconciliés soudain avec leur vrai destin spirituel, prennent un accent et acquièrent un pouvoir unique dans l'histoire des littératures, ont une force de pénétration et un retentissement auxquels il suffit de se prêter pour découvrir soi-même, tout simplement, des perspectives nouvelles, immenses et géniales, à son tour.

  • Texte emblématique du premier romantisme allemand, les Hymnes à la nuit de Friedrich von Hardenberg, alias Novalis, paraissent au mois d'août 1800 dans l'Athenäum. Chef-d'oeuvre incontournable de la poésie allemande, ce cycle de 6 poèmes est écrit dans le contexte de la mort de la fiancée, Sophie von Kühn. Inspiré notamment par la lecture de Roméo et Juliette de Shakespeare, Novalis célèbre les puissances de la nuit. Par leur association du vers et de la prose, leurs références habilement entremêlées au christianisme, à Edward Young, à Schiller, à Jakob Böhme, ou encore à Shakespeare, les Hymnes ont largement contribué à la réputation de la littérature romantique, et n'ont cessé d'influencer les écrivains ultérieurs.

    Les Chants spirituels sont publiés après la mort de Novalis. Certains de ces chants, très purs, ont été adoptés des églises protestantes. Par leur utilisation raffinée et ciselée des images, ils expriment toute la complexité du rapport de Novalis à la religion.

    Les Disciples à Saïs constituent le premier roman de Novalis. Non publié de son vivant, et resté inachevé, la rédaction de ce texte remonte à 1798. Ce dernier se présente comme un « roman de la nature » en deux parties. Formé à la Bergakademie de Freiberg dans les sciences naturelles, Novalis se penche très tôt sur la question de la nature. Il participe, avec Schelling, Goethe, Baader, Ritter et d'autres à l'élaboration d'une Naturphilosophie, dont la moindre énigme n'est pas - chez Novalis spécifiquement - son caractère supérieurement poétique.

    Si la traduction des textes philosophiques et scientifiques de Novalis souffre encore de lacunes importantes, le terrain poétique et romanesque est quant à lui déjà bien balisé. Toutefois, on remet ici en question le Novalis « francophile », excessivement latin, popularisé en France par Armel Guerne (1911-1980). Celui-ci souffre indubitablement d'une forme d'héroïsation et de complaisance. La langue de Novalis, en d'autres termes, y apparaît trop chargée de pathos et son caractère volontiers prosaïque se voit franchement effacé. Cette nouvelle traduction marque donc un tournant dans la compréhension de Novalis en France.

  • Henri d'ofterdingen

    Novalis

  • Semences

    Novalis

    • Allia
    • 1 Septembre 2004

    Deuxième tome de la publication des oeuvres philosophiques complètes de Novalis entreprise par les éditions Allia, Semences est particulièrement représentatif de cette symphilosophie que recherchait Novalis, qui permettrait de rendre compte de la totalité infinie du monde. Le fragment, reflet du chaos mobile et variable du monde, est bien sûr la forme qui seule permet d'approcher cette totalité. On trouvera donc dans ce volume en grande partie inédit en français, à la fois des aphorismes politiques, des anecdotes, un ensemble de réflexions sur l'art, réunies sous le titre de Pollen ou Fleurs, et même des dialogues philosophiques. Ce gigantesque magma, plein de fulgurances, qui abolit toute notion de genre et aborde tous les thèmes, est à l'image même de ce que fut le romantisme allemand.

  • Après deux maîtres spirituels (Eckhart, Thérèse d'Avila), deux philosophes (Sénèque, Lulle) et deux écrivains (Shakespeare et Dickinson), ce 7e ouvrage de la collection « Ainsi parlait » est consacré à un écrivain-philosophe au des-tin météorique, Friedrich von Hardenberg, dit Novalis (1772-1801), scienti-fique, philosophe et écrivain, ami de Schiller et de Schelling et « disciple » de la jeune Sophie (1782-1797), sa fiancée morte à 15 ans.
    Novalis a peu publié de son vivant, mais il est l'auteur de milliers de frag-ments, alliant sciences naturelles, mathématique, politique et philosophie. Marqué par la pensée de Plotin, Leibniz et Fichte, Novalis voit dans l'imagina-tion créatrice le coeur de la métaphysique et de la poétique. Son rêve est celui d'un « système de l'absence de système », où dialoguent chaos et organisation.
    Depuis les premières traductions en français par Maeterlinck en 1895, Novalis n'a cessé d'exercer en France une fascination, même s'il a été trop souvent compris dans un sens sentimental, et non comme un projet de transformation pratique du monde. Il a inspiré des philosophes aussi diffé-rents que Heidegger ou Lukacs, mais aussi en France des penseurs comme Bachelard, Blanchot ou Derrida.
    Pour faire partager les fulgurantes intuitions du « Pascal allemand » (Car-lyle), lean Moncelon, grand connaisseur de la philosophie allemande et tra-ducteur de l'Ami de Dieu de l'Oberland, a traduit un choix des fragments où cette haute pensée s'exprime sous la forme la plus remarquable.

  • A la différence de ses traductions de Hölderlin, Rilke et Trakl, disponibles en librairie, l'admirable traduction par Gustave Roud des oeuvres poétiques majeures de Novalis, Les disciples à Saïs et les Hymnes à la nuit, publiée en 1948 par Mermod, était depuis longtemps introuvable. Précédée d'une substantielle préface, où s'exprime la fraternité entre l'auteur et son traducteur, et suivie du Journal intime, elle est en même temps la plus sensible et parfaite version française de Novalis, et une des grandes oeuvres de Roud.

  • Le monde doit être romantisé.
    C'est ainsi que l'on retrouvera le sens originel. cette opération est encore totalement inconnue. lorsque je donne à l'ordinaire un sens élevé, au commun un aspect mystérieux, au connu la dignité de l'inconnu, au fini l'apparence de l'infini, alors je les romantise.

  • Ignore encore trop souvent que le poète romantique fût également philosophe. Lecteur passionné et subversif des grands penseurs de son temps (Kant, Fichte, Schelling, Reinhold, Jacobi, Schiller), Novalis se livre dans les Études fichtéennes (jamais parues de son vivant) à une interrogation de fond sur la philosophie transcendantale élaborée par ses maîtres, et en particulier par Kant et Fichte.
    D'une extraordinaire puissance spéculative, d'une précocité inouïe (l'auteur est un jeune homme de vingt-trois ans), Novalis fait se succéder à une vitesse vertigineuse, dans ces carnets totalisant 667 fragments, autant d'intuitions fulgurantes, de mécompréhensions et de transformations conceptuelles délibérées qui restent toutes à interpréter. La question essentielle de ces pages se présente rapidement comme celle de la manifestation.
    C'est plus précisément le thème de l'imagination, et par suite de l'image ou de l'apparence de l'être, c'est-à-dire de la perspective, qui se déplie nerveusement dans les fragments. Étroitement relié au problème du langage comme acte créateur, il apparaît dans le désordre, voire comme désordre. Car les méditations de Novalis ne suivent volontairement aucun protocole : pensées en acte à l'état pur, elles ne se soucient que de leur propre devenir, et tandis qu'elles affrontent jusqu'au non-sens, c'est à dessein qu'elles ne s'achèvent pas et qu'elles remettent en cause nos cadres de pensée hérités.

  • Pollen Nouv.

    Pollen

    Novalis

    Pollen est le premier texte publié par le poète et penseur Novalis. Avant de le faire paraître dans le premier numéro de l'Athenaeum en 1798 son ami Schlegel y prélève quelques morceaux et les remplace par des aphorismes de sa plume et de celle de F. Schleiermacher. Les fragments ôtés au manuscrit seront à leur tour mêlés à ceux de Schlegel dans le deuxième numéro de la revue. C'est la version que l'on connaissait jusque là de Pollen. Malgré ses nombreuses affinités avec Schlegel, Novalis est loin de s'accorder en tout avec lui. Nous proposons ici la version d'origine de ce texte. L'ordre des aphorismes choisi est loin d'être fortuit. Novalis s'est attaché à donner à l'ensemble de l'ouvrage une structure organique, le dernier texte étant consacré aux rapports entre auteur et lecteur.

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