Desjonqueres

  • L'auteur : Rainer Maria Rilke, écrivain autrichien, est né à Prague en 1875 et mort à Montreux en 1926. Grand amoureux de la France, il vécut longtemps à Paris, où il
    fut notamment le secrétaire de Rodin. Il est célèbre pour son oeuvre lyrique (Le Livre d'heures, 1905 ; Élégies de Duino, Sonnets à Orphée, 1923) et dans le domaine de la prose, surtout pour son roman Les Cahiers de Malte Laurids Brigge, 1910.

    Le livre : Parmi les 21 nouvelles de jeunesse de Rilke, non traduites en français, nous avons publié l'an dernier les 13 qui étaient restées à l'état manuscrit (Serpents d'argent). En restaient 8, dont le texte allemand original avait été publié au cours du temps dans diverses revues. Les voici aujourd'hui pour la première fois traduites en français. Parmi les récits de jeunesse de Rilke, il s'agit des plus achevés. L'auteur y est en possession de tous ses moyens stylistiques, maniant souverainement sa langue. Comme dans les nouvelles du recueil précédent, celles du Coffret d'or présentent l'homme comme un être livré à un monde hostile ; son art évoque les situations extrêmes mais il sait aussi faire ressortir le tragique des situations les plus simples, les plus banales, jusqu'à l'insoutenable.

  • Au milieu de 1896, Rilke annonça un "recueil de nouvelles", qui devait paraître bientôt. Ce ne fut pas le cas. Quelques-unes parurent dans des revues, mais la plupart demeurèrent à l'état manuscrit. Ces nouvelles manuscrites ont été conservées et viennent d'être publiées intégralement en Allemagne en 2004. Ce sont ces treize nouvelles, absolument inédites, dont nous présentons ici la traduction, sous le titre de l'une d'entre elles (Serpents d'argent). Dans ces textes de jeunesse, tout le Rilke futur est déjà présent. On assiste à ses essais de composition en styles divers : prose poétique, langage populaire, description réaliste, parodie du langage pathétique du théâtre de son temps, etc. Les sujets en revanche tournent tous autour d'une obsession fondamentale : dépeindre l'homme comme un être tourmenté par une exigence d'absolu, auquel il ne peut atteindre dans un monde hostile, prosaïque et sordide, ce qui le conduit au désespoir
    (Le Dimanche dont rêvait Babette, Lison la rousse, Le Bal), à la démence, (L'Accord parfait), au suicide (Serpents d'argent, L'Ineffable), voire à l'assassinat (Tony).
    Tout l'art de Rilke consiste à exprimer "cet ineffable et toujours cet ineffable" (Lettre à Stephan Zweig, 14 février 1907).

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