• Lolita

    Vladimir Nabokov

    « Ainsi donc, aucun de nous deux n'est en vie au moment où le lecteur ouvre ce livre. Mais tant que le sang continue de battre dans cette main qui tient la plume, tu appartiens autant que moi à la bienheureuse matière, et je puis encore t'interpeller d'ici jusqu'en Alaska. Sois fidèle à ton Dick. Ne laisse aucun autre type te toucher. N'adresse pas la parole aux inconnus. J'espère que tu aimeras ton bébé. J'espère que ce sera un garçon. J'espère que ton mari d'opérette te traitera toujours bien, parce que autrement mon spectre viendra s'en prendre à lui, comme une fumée noire, comme un colosse dément, pour le déchiqueter jusqu'au moindre nerf. Et ne prends pas C.Q. en pitié. Il fallait choisir entre lui et H.H., et il était indispensable que H.H. survive au moins quelques mois de plus pour te faire vivre à jamais dans l'esprit des générations futures. Je pense aux aurochs et aux anges, au secret des pigments immuables, aux sonnets prophétiques, au refuge de l'art. Telle est la seule immortalité que toi et moi puissions partager, ma Lolita. »

  • Après le succès planétaire de Lolita, Nabokov jouit d'une grande liberté créatrice. La suite de son oeuvre lance au lecteur, à son intelligence, à son imaginaire, un défi permanent. Le héros de Pnine (roman de 1957 ici proposé dans une nouvelle traduction), professeur d'origine russe enseignant dans une université américaine, c'est-à-dire doté d'une biographie proche de celle de son créateur, sera évincé de son poste par le narrateur du récit, qui se révèle être... Nabokov lui-même. Feu pâle (1962) met en compétition deux types de textes, un poème et son commentaire, deux narrateurs, qui sont l'image inversée l'un de l'autre, et deux univers antagonistes. Puis vient Ada ou l'Ardeur (1969), le chef-d'oeuvre de la période, et peut-être le chef-d'oeuvre de Nabokov. Livre ambitieux, maîtrisé - deux univers, deux narrateurs, de nombreux emboîtements narratifs et un brouillage constant des repères temporels - , c'est aussi, un an après Belle du Seigneur, un grand roman d'amour.
    Trois ans plus tard, dans La Transparence des choses - «une simple enquête "au-delà des cyprès" sur l'entrelacs des destinées prises au hasard», disait l'auteur, non sans mystère -, le narrateur, un certain Mr. R., romancier de son état, agit depuis le royaume des ombres... Enfin, Vadim Vadimovitch, narrateur de Regarde, regarde les Arlequins! (1974), le dernier roman publié par Nabokov (car L'Original de Laura restera inachevé et paraîtra après sa mort), ressemble à s'y méprendre à Vladimir Vladimirovitch Nabokov. Autobiographie fictive, variation sur le thème de l'identité, du double, de la copie et de l'original, ultime regard, teinté d'humour et d'ironie, d'un homme sur la trajectoire de sa vie et sur son oeuvre, c'est aussi l'occasion d'une confrontation finale avec un lecteur que Nabokov n'aura eu de cesse de provoquer, défier et enchanter.

  • Ada ou l'ardeur

    Vladimir Nabokov

    Le château d'ardis - les ardeurs et les arbres d'ardis - voilà le leitmotiv qui revient en vagues perlées dans ada, vaste et délicieuse chronique, dont la plus grande partie a pour décor une amérique à la clarté de rêve - car nos souvenirs d'enfance ne sont-ils pas comparables aux caravelles voguant vers la vinelande, qu'encerclent indolemment les blancs oiseaux des rêves ? le protagoniste, héritier de l'une de nos plus illustres et plus opulentes familles, est le dr van veen, fils du baron " démon " veen, mémorable personnalité de reno et de manhattan.
    La fin d'une époque extraordinaire coïncide avec la non moins extraordinaire enfance de van. il n'est rien dans la littérature mondiale, sauf peut-être les réminiscences du comte tolstoï, qui puisse le disputer en allégresse pure, innocence arcadienne, avec les chapitres de ce livre qui traitent d' " ardis ".
    " ada est probablement l'oeuvre pour laquelle j'aimerais qu'on se souvienne de moi. " vladimir nabokov

  • Vladimir Nabokov et sa femme Véra se sont rencontrés en 1923, à Berlin, où leurs familles avaient fui le pouvoir bolchevique. Tout au long du demi-siècle que dure leur mariage, ils ne sont séparés que rarement, mais alors il lui écrit abondamment. Dans cette correspondance à sens unique Véra ayant détruit ses propres lettres , on lit la passion de Nabokov pour sa femme, son quotidien dans le milieu de l'émigration russe à Berlin, les bouleversements auxquels tous deux sont confrontés dans leur vie matérielle et affective, le dénuement qui est le sien lors de ses débuts à Paris, l'intérêt croissant éveillé par son oeuvre auprès des éditeurs et d'un public éclairé, le soutien indéfectible que lui apporte Véra. Ces lettres, outre ce qu'elles révèlent sur l'homme, nous font découvrir le laboratoire de l'écrivain son énergie créatrice, la pléthore de sujets qui surgissent et disparaissent, l'intensité de son travail et l'on y reconnaît l'originalité de son style : sa veine parodique, poétique, sa vivacité et ses jeux de mots.Par-delà le seul intérêt biographique, une jubilation de l'écriture, une fantaisie enflammée et le fantôme désirable de la femme qui inspira ces mots. Éric Chevillard, Le Magazine littéraire.Une correspondance hautement délectable, tant s'y déploient le style proprement enchanteur de l'écrivain, la grâce surnaturelle des détails et des métaphores parfaites. Nathalie Crom, Télérama.Édition établie par Olga Voronina et Brian Boyd.Traduit du russe et de l'anglais par Laure Troubetzkoy.

  • La defense loujine

    Vladimir Nabokov

    De tous mes livres russes, " la défense de loujine " est celui qui contient et dégage la plus grande " chaleur " - ce qui peut paraître curieux, sachant à quel suprême degré d'abstraction les échecs sont supposés se situer.
    En fait, loujine a paru sympathique même au gens qui ne comprennent rien aux échecs et/ou détestent tous mes autres livres. il est frustre, sale, laid - mais comme ma jeune fille de bonne famille (charmante demoiselle elle-même) le remarque si vite, il y a quelque chose en lui qui transcende aussi bien la rudesse de sa peau grise que la stérilité de son génie abscons.
    Vladimir nabokov.

  • Nouvelle édition revue et augmentée de compléments de textes traduits par Mirèse Akar. Préface à l'édition russe traduite par Laure Troubetzkoy en 1991

  • Ce volume marque un tournant. Il contient, d'une part, deux romans écrits en russe à la fin des années 1930 : Le Don, le plus magistral des livres russes de Nabokov, et L'Enchanteur, où apparaît la première «nymphette» nabokovienne et qui ne fut publié qu'en 1986, dans la traduction anglaise due au fils de l'écrivain. Il réunit, d'autre part, les trois premiers romans que Nabokov composa en anglais et un livre qui, pour n'être pas le plus connu de son auteur, n'en est pas moins un chef-d'oeuvre : l'autobiographie Autres rivages, dont le point de départ date des années 1930 ; il s'agissait alors d'un texte en français sur la gouvernante du petit Vladimir, mais il fut entièrement recomposé en anglais avant de paraître en 1951. Période charnière, donc, qui voit la naissance et, avec Lolita, la consécration d'un écrivain de langue anglaise. L'accouchement, qui est aussi un arrachement, ne se fit pas sans douleur. Le changement de terre, le changement de langue, l'ombre menaçante des totalitarismes confèrent aux livres de cette période une particulière intensité tragique. Plusieurs textes évoquent la perte (notamment La Vraie Vie de Sebastian Knight, dont le héros est un écrivain) et ce que le latin nomme desiderium : désir, besoin, regret. Il faut renoncer à l'enfance, aux amours anciennes, à la littérature russe (véritable héroïne du Don), à toutes «ces choses que le destin empaqueta un jour, pêle-mêle, et jeta à la mer». Mais Nabokov, à vrai dire, n'y renonce pas. Il les métamorphose et les rend inoubliables.

  • Chassé de Russie par la révolution d'Octobre, chassé d'Allemagne puis de France par le nazisme, Vladimir Nabokov, écrivain libre, rêvait ses histoires dans une langue et les écrivait dans une autre. Ce premier volume d'une édition qui en comprendra trois est capital à cet égard. De Machenka à l'Invitation au supplice, c'est-à-dire de 1928 à 1938 (si l'on ne prend en compte que les dates de première édition), s'opère en huit romans une «transmigration verbale». D'abord écrites en russe, puis traduites en français ou en anglais, ces oeuvres furent ultérieurement récupérées par Nabokov, qui s'attacha généralement à en donner une nouvelle version, en langue anglaise. Opération essentielle : il ne s'agit pas, pour l'auteur de se traduire, mais de s'approprier une nouvelle langue de création, qui, bientôt, fera de lui l'un des tout premiers écrivains américains. Quant aux thèmes de ces romans, ce sont déjà ceux qui structureront l'ensemble de l'oeuvre : la nostalgie de la mère-patrie, la quête passionnée de l'amour transgressif, la perte de l'identité, et le combat d'un individu créatif contre un régime qui veut l'asservir.

  • «J'ai retenu trois figures, toutes de coeur, tandis que j'écartais une partie de moindre importance. Les deux nouvelles cartes qui m'ont été distribuées pouvaient justifier la manoeuvre, car j'ai toujours eu la main heureuse au poker. Discret, furtif, pointant à peine à travers la fumée piquante du tabac, le bord d'une carte se fraye un chemin sous mon pouce. As de coeur - qu'on appelle coeur de grenouille en Californie. Et les grelots du joker ! Il ne me reste qu'à espérer que mes bons vieux partenaires dont les jeux regorgent de quintes et de mains pleines penseront que je suis en train de bluffer.» Vladimir Nabokov.

  • Vertige du premier émoi amoureux, fin de la liaison d'un adolescent avec une femme mariée, amour terrorisé d'une femme pour son terrible mari. Perceptions, angoisses, sensations. Exhumées des archives Nabokov et publiées à partir des années 1990 dans The New Yorker, de magnifiques nouvelles à la langue envoûtante et aux sonorités lumineuses.
    Le recueil est composé des nouvelles suivantes (extraites des Nouvelles complètes, collection Quarto) : Natacha, Le mot, Bruits, La vengeance et Bonté. Elles ont été écrites en russe, puis traduites en anglais.

  • La méprise

    Vladimir Nabokov

    Préface de l'auteur. Édition révisée et augmentée de compléments de textes traduits par Gilles Barbedette en 1991

  • Le don

    Vladimir Nabokov

    Préface de l'auteur

  • Ce volume contient :Le lutin ; Natacha ; Le mot ; Ici on parle russe ; Bruits ; Un coup d'aile ; Les dieux ; Jeu de hasard ; Le port ; La vengeance ; Bonté ; Détails d'un coucher de soleil ; L'orage ; La Vénitienne ; Bachmann ; Le dragon ; Noël ; Une lettre qui n'atteignit jamais la Russie ; Pluie de Pâques ; La bagarre ; Le retour de Tchorb ; Guide de Berlin ; Conte de ma mère l'oie ; Terreur ; Le rasoir ; Le voyageur ; La sonnette ; Une affaire d'honneur ; Un conte de Noël' L'Elfe-patate ; L'Aurélien ; L'irrésistible ; Une mauvaise journée ; La visite au musée ; Un homme occupé ; Terra incognita ; Retrouvailles ; Lèvres contre lèvres ; L'arroche ; Musique ; Perfection ; La flèche de l'Amirauté ; Le " léonard " ; À la mémoire de L.
    I. Chigaïev ; Le cercle ; Une beauté russe ; La mauvaise nouvelle ; Léthargie ; Recrutement ; Une tranche de vie ; Printemps à fialta ; Lac, nuage, château ; L'extermination des tyrans ; Lik ; Mademoiselle 0 ; Vassili Chichkov ; Ultima Thulé ; Solus Rex ; Le producteur associé ; Un jour à Alep... ; Un poète oublié ; Le temps et le reflux ; Conversation Piece, 1945 ; Signes et symboles ; Premier amour ; Scènes de la vie d'un monstre double ; Les soeurs Vane ; Lance.

  • Feu pâle

    Vladimir Nabokov

    Préface de Mary McCarthy traduite de l'anglais par René Micha

  • Littératures réunit l'ensemble des conférences données par Vladimir Nabokov entre 1941 et 1958 dans plusieurs universités américaines où il enseigne la littérature européenne. On y trouve, outre deux essais, « Bons lecteurs et bons écrivains » et « L'art de la littérature et du bon sens », des réflexions et analyses originales et percutantes consacrées aux oeuvres de Dickens, Flaubert, Stevenson, Proust, Kafka, Joyce, ainsi qu'à celles de ses compatriotes russes, Gogol, Tourgueniev, Dostoïevski, Tolstoï, Tchekhov et Gorki. Ce volume propose enfin une longue étude, tout aussi iconoclaste, du Don Quichotte de Cervantès.
    Balayant la plupart des idées admises concernant ces chefs-d'oeuvre, Nabokov affirme avec superbe, humour et ironie sa propre conception de la littérature : rejet de l'approche historique, sociologique ou psychologique (Freud, le « charlatan viennois », est constamment la cible de ses sarcasmes), suprématie de la structure, du style, du détail et de l'agencement des détails entre eux. « Caressez les détails, les divins détails », tonitrue-t-il de sa chaire. Et encore : « La littérature est invention. La fiction est fiction. Appeler une histoire "histoire vraie", c'est faire injure à la fois à l'art et à la vérité. Tout grand écrivain est un grand illusionniste. » Nabokov, qui abandonna l'enseignement en 1958 après le succès de Lolita, avait l'intention de réunir ses cours sous une forme « publiable ». Si ce projet ne vit pas le jour de son vivant, ce fut chose faite grâce à l'éminent professeur américain Fredson Bowers, qui construisit le livre à partir des notes - le plus souvent manuscrites - et des croquis laissés par Nabokov, et de ses exemplaires annotés des ouvrages qu'il citait à ses élèves. Les cours sont devenus essais, mais sans rien perdre de leur caractère enveloppant ni de la merveilleuse chaleur qu'ils dégageaient sur le plan pédagogique. Dans son introduction, John Updike relève « l'accent, le plaisir communicatif de faire sonner les phrases, la présence de comédien de ce conférencier qui, alors corpulent et presque chauve, avait été autrefois un athlète, et qui s'inscrivait dans la tradition russe des flamboyants exposés oraux ».

  • L'exploit

    Vladimir Nabokov

    Lorsque l'Armée rouge menace de s'emparer de la Crimée, Martin et sa mère fuient en Europe de l'Ouest.
    C'est à Cambridge que le jeune héros va faire ses études. Il y côtoie des Anglais, tel son ami Darwin, mais aussi des Russes, plus ou moins anglophiles. Il y retrouve surtout Sonia, sa jeune et intelligente cousine. Est-ce pour l'impressionner qu'il décide de transcender sa nature et imagine un projet inutile et fou ?

  • Dans les montagnes enneigées de la suisse, kern, un étudiant hanté par la mort, éprouve une passion impossible pour l'insaisissable isabelle.
    Lorsque simpson voit le portrait de la vénitienne peint par sebastiano del piombo, il est fasciné et en tombe éperdument amoureux. le tableau exerce sur lui une telle attirance qu'il ne peut s'empêcher de revenir le contempler jour après jour, jusqu'à ce qu'il pénètre dans la toile... deux nouvelles au charme subtil et envoûtant par l'auteur controversé de lolita.

  • Kretchmar, respectable et rangé, tombe amoureux d'une jeune fille, Magda. Pour la suivre, il rompt avec sa femme. Il voit mourir son enfant et sombre dans la folie. Dans Chambre obscure (1932), Nabokov dépeint la longue descente aux enfers des amours impossibles.

  • Cincinnatus c.
    , condamné à mort, est détenu dans une prison extraordinaire, nantie d'un personnel non moins bizarre. importuné par d'étranges visiteurs qui viennent le tourmenter dans son cachot, chacun à sa manière, rongé par la peur du supplice dont il ignore la date, le détenu ne cesse de ruminer son cas : " il n'est pas comme les autres : il reste imperméable à la lumière. " a la suite d'un ultime cauchemar, sonne l'heure du supplice.
    Mais, avant que le bourreau n'ait achevé son geste fatal, cincinnatus se relève du billot, descend les marches de l'échafaud et se dirige du côté " oú se tiennent les êtres semblables à lui ".

  • Brisure à Senestre

    Vladimir Nabokov

    Adam Krug, professeur de philosophie de renommée internationale, perd sa femme et se retrouve seul tuteur de son fils. Leur amour est au centre de ce récit qui se déroule dans l'univers sombre de la dictature. Car Paduk, un ancien camarade de classe de Krug, a pris le contrôle de l'État. La raison et le sens commun désertent la nation.
    Brisure à senestre, écrit en 1946, est une fiction inspirée des régimes totalitaires du XXe siècle que côtoya pour son malheur Vladimir Nabokov. Réalisme et onirisme noir s'orchestrent sans fausse note dans ce texte d'une richesse rare, illustrant plus que jamais la puissance de la littérature.

  • Le guetteur

    Vladimir Nabokov

    " le guetteur ", écrit à berlin en 1930, se déroule en un temps oú, par suite des bouleversements de la révolution, les frontières sociales sont particulièrement incertaines et les masques encore mal assujettis dans la petite société de l'émigration russe.
    L'évocation de ce milieu pittoresque n'est toutefois pas le seul sujet du livre. ce serait plutôt le vertige qui s'empare de smourov lorsqu'il cherche à se définir. smourov a une revanche à prendre sur la vie et voudrait désespérément imposer une image de lui, n'importe laquelle, pour se sentir exister. mais il n'y a pas de réalité pour l'homme seul, et smourov ne possédera jamais d'autre certitude que celle d'être un guetteur.

  • Machenka

    Vladimir Nabokov

    " machenka est mon premier roman.
    Commencé à berlin, peu après mon mariage (printemps 1925), et achevé au début de l'année suivante, il fut publié par une maison d'émigrés. une traduction allemande, que je n'ai pas lue, parut deux ans plus tard. aucune autre traduction n'en fut faite pendant quarante-cinq ans - un laps de temps impressionnant ". lorsque machenka parut en anglais (sous le titre de mary) en 1970, les lecteurs y apprécièrent surtout les échos du premier amour de nabokov, la " tamara " de son autobiographie récemment révisée, autres rivages.
    Mais pour le public, ce n'était pas tant un récit autobiographique qu'un portrait de l'exil. nabokov est ici l'observateur scrupuleux de la vie d'émigré. situé en avril 1924, quand les russes fuyaient berlin en masse, le récit montre ganine en train de se préparer vaguement à partir pour la france. alfiorov, qui vient d'emménager dans la chambre voisine de celle de ganine, se prépare à accueillir sa femme, bloquée depuis des années en russie soviétique, qui doit le retrouver dans six jours, et compte bien l'installer dans la chambre de ganine.
    Ganine découvre alors que la femme d'alfiorov n'est autre que machenka, son premier amour, avec qui il avait goûté en 1915 tous les délices d'une radieuse passion de jeunesse, jusqu'à ce qu'un an après ils se perdent de vue. en entendant de nouveau son nom, ganine est brutalement sorti de son engourdissement et revit dans sa mémoire toute la félicité du passé, avec une violence qui efface le présent.
    Ganine décide de quitter berlin avec machenka et, la veille de son arrivée, enivre un alfiorov surexcité jusqu'à ce qu'il s'effondre inconscient. il se dirige alors vers la gare pour être le premier à retrouver machenka et l'escamoter ensuite. laissons le lecteur découvrir la fin surprenante de ce roman, laissons nabokov nous faire succomber à la séduisante ardeur de l'amour et du souvenir.

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