• Le mythe de la virilité

    Olivia Gazalé

    Et si, comme les femmes, les hommes étaient depuis toujours victimes du mythe de la virilité ? Pour asseoir sa domination sur le sexe féminin, l'homme a, dès les origines de la civilisation, théorisé sa supériorité en construisant le mythe de la virilité. Un discours fondateur qui n'a pas seulement postulé l'infériorité essentielle de la femme, mais aussi celle de l'autre homme (l'étranger, le « sous-homme », le « pédéraste »...). Historiquement, ce mythe a ainsi légitimé la minoration de la femme et l'oppression de l'homme par l'homme.
    Depuis un siècle, ce modèle de la toute-puissance guerrière, politique et sexuelle est en pleine déconstruction, au point que certains esprits nostalgiques déplorent une « crise de la virilité ».

    Si la virilité est aujourd'hui un mythe crépusculaire, il ne faut pas s'en alarmer, mais s'en réjouir. Car la réinvention actuelle des masculinités n'est pas seulement un progrès pour la cause des hommes, elle est l'avenir du féminisme.

  • Ecoutons son jugement car il dit vrai : oui, nous avons commis un crime en laissant salir la littérature, en sacrant "écrivains" de vulgaires rédacteurs à peine dignes de signer des réclames pour crème de beauté, en laissant les moeurs littéraires s'abîmer dans des bassesses incroyables. Nous en portons tous, douloureusement, la responsabilité. Ces quatre textes de Simone Weil sont là comme un espoir, pour nous rappeler à "la haute littérature" comme valeur à retrouver, et nous faire "pousser des ailes contre la pesanteur" d'un monde qui s'est séparé de l'esprit.
    Sylvie Crossman, directrice éditoriale "Le seul grand esprit de notre temps" , disait, de la philosophe Simone Weil, Albert Camus, son éditeur posthume qui gardait toujours sur lui une photo d'elle. Elle s'engagea en usine pour vivre l'oppression de la condition ouvrière ; rejoignit le camp des anarchistes pendant la Guerre d'Espagne ; la France libre du général de Gaulle, à Londres, limitant sa nourriture par solidarité avec les Français soumis au rationnement.
    Elle mourut d'épuisement et de tuberculose, le 24 août 1943, au sanatorium d'Ashford, en Angleterre, à l'âge de 34 ans.

  • Longtemps sous-évaluée dans la tradition exégétique, la Critique de la faculté de juger (1790) réapparaît aujourd'hui, au fil du libre dialogue entretenu avec elle par une série de philosophes contemporains, pour ce qu'elle est vraiment : le couronnement du criticisme en même temps que l'un des plus profonds ouvrages auxquels la réflexion philosophique a donné naissance. En organisant sa réflexion autour de trois axes (la finalité de la nature, l'expérience esthétique, les individualités biologiques), Kant affrontait le problème de l'irrationnel qui, à travers le défi lancé aux Lumières par Jacobi, faisait vaciller la toute-puissance de la raison. Cette traduction, qui invite à relire la Critique de la faculté de juger à partir de sa première introduction, laissée inédite par Kant, montre que consolider la rationalité, c'était aussi sauver l'unité de la philosophie par la mise en évidence de l'articulation entre raison théorique et raison pratique. Véritable lieu de la politique kantienne selon Hannah Arendt, émergence d'une pensée de la communication selon Jürgen Habermas ou Karl Otto Apel, la dernière des trois Critiques constituait ainsi, surtout, la réponse la plus subtile de la modernité à l'antirationalisme naissant.

  • « L'exigence phénoménologique à l'égard des images poétiques est d'ailleurs simple : elle revient à mettre l'accent sur leur vertu d'origine, à saisir l'être même de leur originalité et à bénéficier ainsi de l'insigne productivité psychique qui est celle de l'imagination. » Mais comment et pourquoi vouloir inscrire les images poétiques créées par la rêverie, temps distendu, fuite hors du réel, dans « le lourd appareil philosophique qu'est la méthode phénoménologique ? » C'est le défi paradoxal auquel répond Gaston Bachelard dans ce livre :
    « J'ai choisi la phénoménologie dans l'espoir de réexaminer d'un regard neuf les images fidèlement aimées ».

  • Initialement publié en 2003, ce livre présente de manière à la fois précise et tranchante le courant de critique sociale connu sous le nom de « critique de la valeur » et initié en Allemagne par Robert Kurz dans les années 1980. Procédant à une relecture de l'oeuvre de Marx bien différente de celle donnée par la quasi-totalité des marxismes historiques, ce courant propose des conceptions radicalement critiques de la société capitaliste, tout entière régie par la marchandise, l'argent et le travail.
    Anselm Jappe insiste notamment sur un aspect aussi central que contesté de la « critique de la valeur » : l'affirmation selon laquelle, depuis plusieurs décennies, le capitalisme est entré dans une crise qui n'est plus cyclique, mais terminale. Si la société fondée sur la marchandise et son fétichisme, sur la valeur créée par le côté abstrait du travail et représentée dans l'argent, touche maintenant à sa limite historique, cela est dû au fait que sa contradiction centrale - qu'elle porte en elle depuis ses origines - est arrivée à un point de non-retour : le remplacement du travail vivant, seule source de la « valeur », par des outils technologiques de plus en plus sophistiqués.

  • Le texte proposé a été publié dans le recueil Attente de Dieu, qui compte parmi les grands livres de Simone Weil. S'il ressort en édition autonome, c'est qu'il est un des textes les plus importants de la philosophe. En outre il s'attache à mettre en valeur une notion très prisée à notre époque, celle de l'attention, qui est devenue un enjeu philosophique majeur depuis que les nouvelles technologies ont bouleversé nos manières de penser et de nous concentrer. Simone Weil insiste évidement sur la nécessité d'une fervente attention. Elle a en perspective la prière, qui suppose une grande attention. « Bien qu'aujourd'hui on semble l'ignorer, la formation de la faculté d'attention est le but véritable et presque l'unique intérêt des études, » écrit Simone Weil qui ajoute en définissant précisément l'attention : « L'attention consiste à suspendre sa pensée, à la laisser disponible, vide et pénétrable à l'objet, à maintenir en soi-même à proximité de la pensée, mais à un niveau inférieur et sans contact avec elle, les diverses connaissances acquises qu'on est forcé d'utiliser. » L'attention est un trésor qui nous élève. C'est pourquoi il faut la cultiver. Les exercices scolaires constituent un moyen d'y accéder. Simone Weil le rappelle avec grâce et clarté.

  • À l'automne 1983, Michel Foucault prononce en anglais, à l'Université de Californie à Berkeley, un cycle de six conférences intitulé Discours et vérité : la problématisation de la parrêsia, dont on trouvera ici, pour la première fois, la traduction française. Il y retrace les transformations de la notion de parrêsia dans le monde antique : d'abord droit politique du citoyen athénien, la parrêsia devient, avec Socrate, l'un des traits essentiels du discours philosophique puis, avec les cyniques, de la vie philosophique elle-même dans ce qu'elle peut avoir de provoquant et même de scandaleux ; enfin, aux premiers siècles de l'Empire, la parrêsia apparaît au fondement des relations entre le maître et le disciple dans la culture de soi. Foucault poursuit un objectif précis : esquisser la généalogie de l'attitude critique dans les sociétés occidentales. Ce volume contient également la transcription d'une conférence prononcée en mai 1982 à l'Université de Grenoble, qui présente un état antérieur de sa réflexion sur la parrêsia.

  • Personnalité originale et philosophe inclassable, Ludwig Wittgenstein (1889-1951) n'a cessé d'exercer une grande influence sur la pensée contemporaine, et de l'orienter dans de multiples directions qui répondent toutes au caractère protéiforme de son génie. Un génie aussi habile dans les questions de psychologie que dans celles de logique et de mathématique, et aussi subtil dans l'analyse du langage savant que dans le traitement du langage quotidien. Un génie qui ne compose pas un système mais qui, quel que soit l'objet étudié, quel que soit le langage abordé, ne se relâche jamais de la même exigence de rigueur et d'exactitude. Plus qu'une oeuvre à découvrir et à ranger dans l'histoire de la philosophie, les écrits de Wittgenstein constituent une véritable propédeutique à l'acte philosophique. Conformément aux principes de la collection, après une biographie circonstanciée de la vie mouvementée du philosophe, le présent ouvrage expose sa pensée (l'auteur en défend l'essentielle unité) puis analyse les textes principaux, presque tous posthumes et souvent à l'état de notes de travail.

  • Dès leur parution, en 1951 et jusqu'à nos jours, Les Origines du Totalitarisme de Hannah Arendt s'est imposé comme une référence incontournable. Pourtant cette oeuvre est plus une synthèse des analyses (politique, historique, juridique, sociologique, ...) antérieures des systèmes totalitaires, qu'une interprétation entièrement originale.
    Ce livre se propose d'examiner les sources juridiques du modèle totalitaire arendtien. Il montre comment Hannah Arendt utilise aussi bien la théorie du droit d'inspiration critique (élaborée par des juristes en exil, en lutte contre totalitarisme, comme Ernst Fraenkel ou Franz Neumann) que la doctrine juridique dogmatique, développée par des juristes engagés dans les systèmes totalitaires, comme Carl Schmitt ou Theodor Maunz.

  • Destiné aux étudiants du Supérieur, cet ouvrage a pour but de présenter l'essentiel des termes dans lesquels s'exprime Marx. Lexique où chaque terme est abordé par ordre alphabétique.

  • « Si l'on veut se rendre présent à la présence de la Nature, ce qui est requis est non pas l'ingéniosité du doute cartésien, mais, au contraire, un supplément de naïveté, par laquelle on revient, en delà même des évidences communes, à une évidence première, plus immédiate. » Les onze essais ici réunis, bien qu'apparentés par leur thème - la Nature -, ainsi que par l'expérience métaphysique qui les sous-tend et par leur visée, n'en sont pas moins indépendants les uns des autres. La composition du livre, plutôt que linéaire, est comme étoilée.
    La Nature s'offre diversement, et l'on tente de l'approcher de divers points de vue : méditation sur la phusis grecque, sur l'infini, sur le temps, sur telle pensée de Pascal, tel poème de Wislawa Szymborska ou de Rimbaud, aussi bien que sur le cours incertain de la Nature et le risque écologique.

  • Lorsque Che Guevara disparaît de la vie publique en 1965, il est encore ministre du gouvernement cubain et vient de prononcer un discours, à Alger, au Séminaire économique afro-asiatique.
    A cette occasion, il accuse publiquement les pays socialistes de " complicité " avec l'exploitation impérialiste. Quelques jours après, à la veille de son engagement dans la guérilla congolaise, il adresse une lettre d'Afrique au journaliste uruguayen Carlos Quijano, directeur de la revue Marcha, qui sera publiée sous le titre: " Le socialisme et l'homme à Cuba "; il y dépeint les difficultés de la révolution cubaine, tire les leçons de ses propres expériences et met en garde contre les vices du " socialisme réel ".
    Six mois avant sa capture et son assassinat par les militaires boliviens, en octobre 1967, ce qui deviendra la revue cubaine Tricontinental publie un message du Che, intitulé " Créer deux, trois, une multitude de Vietnam, telle est la consigne ". Guevara y donne une analyse détaillée de la résistance anti-impérialiste en cours au Vietnam, en Afrique, mais aussi en Amérique latine; il décrit minutieusement la tactique et la stratégie que devraient suivre les pays du tiers-monde dans leurs luttes de libération nationale, en particulier contre l'impérialisme.
    Ces trois grands textes du Che, illustrant sa conception éthique du pouvoir, sont incontestablement ceux de sa rupture avec le régime soviétique.

  • Cet ouvrage est de première importance pour les sciences et la philosophie sociales. Au travers d'un panorama d'ensemble de toute la tradition de la Théorie critique, de Max Horkheimer à Jürgen Habermas, Axel Honneth y élabore en effet les linéaments d'un chemin conceptuel propre tout en tirant certaines conséquences déterminantes pour la suite de son travail, lequel l'a conduit par la suite à l'élaboration de sa désormais célèbre théorie de la « reconnaissance sociale ». C'est aussi dans Critique du pouvoir qu'Axel Honneth développe son importante critique à l'encontre de la conception irénique de la société de Habermas, en insistant sur la nécessité de développer une théorie du conflit et de la lutte.
    Mais cet ouvrage offre surtout une lecture tout à fait singulière de l'oeuvre de Michel Foucault, dont il inscrit la contribution dans la filiation de la Théorie critique de l'École de Francfort. La relation entre Foucault et la Théorie critique, souvent évoquée sans être vraiment discutée, trouve ici une explicitation remarquable. En Allemagne, Critique du pouvoir a joué un rôle essentiel dans la réception de l'oeuvre de Foucault, dans le contexte polémique de la tension entre Habermas et le postmodernisme français.

  • Ce texte essentiel, devenu référence, sur la réalité du système nazi et ses résonances dans nos sociétés contemporaines, est enfin réédité par les éditions de l'Aube après plusieurs années de rupture. Cet essai cherche pourquoi, et comment, le recours au mythe a été au coeur de la pratique politique et sociale du nazisme. Outre leur intérêt historique et philosophique, ces réflexions ne manquent pas d'utilité aujourd'hui quand nationalismes et revendications identitaires réoccupent le devant de la scène.

  • Pierre Montebello met en lumière les positions esthétiques de Gilles Deleuze et les rapports entre philosophie, arts visuels, musique, cinéma et littérature dans la pensée deleuzienne.

    Peut-être l'art n'a pas d'autre raison : élargir l'homme, le dilater, le décentrer, le connecter à un plan large, infiniment large, faire passer le souffle du cosmos en lui. C'est pourquoi l'art opère par devenirs qui sont des devenirs indiscernables, imperceptibles, impersonnels. De quel art ne pourrait-on dire : il m'a fait passer dans un plan plus large, comme une marée, un océan, un ciel, un infini, par affects, par percepts, par sons ? Ou encore, il a créé un monde plus large que moi, il a fait monde, il a si bien éliminé tout ce qui bloque, tout ce qui immobilise, tout ce qui est mort, qu'il a créé une ligne abstraite qui épouse undevenir-monde, devenir de personne, devenir de tout le monde.

  • Se démarquant des projets d'émancipation des Lumières, du marxisme et de la sociologie critique, le philosophe français Jacques Rancière affirme que nous n'avons pas à devenir égaux. Nous devons nous présupposer égaux hic et nunc et créer et explorer les conséquences de cette présupposition. Ainsi, plutôt que de fournir le principe d'un ordre meilleur à construire, la présupposition de l'égalité suspend l'ordre institué et ouvre, ce faisant, d'autres « paysages du possible » : des espaces d'expérimentation des savoirs, des perceptions et des capacités qui constituent nos communs.
    Jacques Rancière, pratiquer l'égalité entend reconstituer les moments forts du cheminement intellectuel multiple menant à ces idées : sa rupture avec le marxisme althussérien et son exploration des archives ouvrières du 19e siècle (années 1970) ; sa fascination pour le projet de l'émancipation intellectuelle du « maître ignorant » Joseph Jacotot (années 1980) ; la constitution de sa pensée politique centrée sur l'égalité et la démocratie (années 1990) ; et, finalement, l'élaboration de sa pensée esthétique (à partir des années 2000). Le livre entend montrer que ce cheminement n'aboutit pas à un seul concept d'égalité, mais oscille entre trois conceptions de l'égalité - égalités intellectuelle, politique et sensible -, lesquelles impliquent de réévaluer la pensée ranciérienne de la démocratie moderne, ouvrant sur de nouveaux potentiels conceptuels. Le livre n'a cependant pas vocation à s'adresser au seul monde académique, il se veut une introduction critique à sa pensée destinée aussi au grand public.

  • Séminaire tenu un an avant celui sur Lacan, qui interroge l'importance de l'art. Nietzsche place le personnage du philosophe, ou de l'antiphilosophe, au centre de son oeuvre et pose la question du rapport entre art et philosophie.
    « Le séminaire sur Nietzsche résulte de ce qu'on peut appeler une décision pure, dont le résultat ne s'est pas inscrit dans les grandes scansions livresques de mon entreprise. Il est même resté à part de ses compagnons, les antiphilosophes modernes et antiques. Mais n'est-ce pas son destin, en vérité ? Je l'aime dans la solitude où tout le monde, sectateurs et calomniateurs, suiveurs et hurleurs, interprètes et propagandistes, l'ont toujours laissé. On verra comment, gouverné par cette profonde sympathie, le commentant en détail et l'admirant sans avoir pour autant à lui concéder quoi que ce soit, j'ai pu décerner à Nietzsche, en mon seul nom, le titre suivant : prince pauvre et définitif de l'antiphilosophie. » A. B.

  • Ce livre étudie comment la philosophe Hannah Arendt pense la cité, ou encore le politique, cette dimension essentielle de la vie des hommes. Cheminant dans la tradition, avec des penseurs politiques comme Machiavel, Montesquieu et Tocqueville, Arendt bouleverse les rapports entre philosophie et politique. La pensée politique telle qu'elle la définit, en opposition à la philosophie politique classique, doit recevoir ses normes de l'expérience : le discours est second et puise à l'événement.

    Née en 1906 en Allemagne où elle s'est formée à la philosophie, juive, exilée en France puis aux États-Unis, Hannah Arendt a été projetée dans l'étude de la pensée politique par la force de l'histoire. Longtemps considérée comme une historienne, une journaliste ou une essayiste, Hannah Arendt est désormais reconnue comme penseur central du XXe siècle. Il s'agit de comprendre à la fois le travail théorique qu'elle a mené et sa revendication d'être, non pas une « philosophe », mais une théoricienne du politique. Sa volonté de pratiquer la philosophie en se situant hors champ n'est pas une simple critique de la tradition : elle inaugure une nouvelle manière de philosopher, où l'expérimentation conceptuelle ouvre de nouveaux champs pour la pensée.

  • Qui est Guy Hocquenghmen? Figure intellectuelle atypique de Mai 68, mouvement au sein duquel il créa le groupe des FHAR (Front homosexuel d'action révolutionnaire), Guy Hocquenghem était un pamphlétaire brillant, dont les écrits sont réédités actuellement.

    Cet essai est préfacé par le philosophe et ami de Hocquenghem, René Schérer. Cécile Voisset-Veysseyre est née en 1967. Agrégée de philosophie et titulaire d'un doctorat d'études féminines, elle a enseigné la philosophie et est chercheur indépendant et membre associé du LIS ("Lettres, Idées, Savoirs", université Paris-12). Elle a publié plusieurs livres aux éditions L'Harmattan, dans la collection "ouvertures philosophiques".

  • 1ère édition : Aubier, 1999 En assignant pour tâche à la philosophie de « surmonter » la contingence, Hegel accomplit un geste original et difficile. Original parce qu'il s'écarte aussi bien des rationalismes qui pensent n'en avoir fini avec le contingent que lorsqu'ils l'ont ramené au nécessaire, que des penseurs qui estiment que reconnaître la contingence, c'est y voir le tout autre de la raison. Hegel ne prône ni le règne de la nécessité ni la capitulation devant l'absurde, mais une philosophie de la liberté. Difficile, parce que, en décidant de penser ensemble et la consistance et la rationalité du contingent, Hegel doit à la fois reconnaître ce qu'il appelle son « droit monstrueux » et au moment même où la raison avoue ses limites devant une « contingence sans règle et sans frein » ne jamais renoncer à l'exigence de dire le sens de cette limitation même. À travers cette épreuve de la contingence, l'ouvrage tente d'offrir une interprétation d'ensemble du système aussi attentive à la lettre des textes qu'attachée à mettre en lumière les apories que la philosophie hégélienne rencontre ou engendre.

  • Depuis 1960, Paul Ricoeur est le principal représentant de la philosophie herméneutique en France.
    Cet ouvrage, qui forme le troisième volet d'un triptyque dédié aux différentes expressions que l'idée de phénoménologie herméneutique a reçues dans la philosophie du XXe siècle, se donne pour tâche d'analyser et d'évaluer la contribution de Ricoeur à ce courant. Il se focalise d'abord sur la percée herméneutique de 1960, qui a pour arrière-plan une phénoménologie du volontaire de l'involontaire et une anthropologie de la faillibilité.
    La seconde partie, placée sous l'égide du " Cogito narratif ", retrace la genèse d'une herméneutique de la conscience historique sous le fil conducteur d'une analyse des opérations de mise en intrigue narrative dans le récit de fiction et le récit historique. La troisième partie dégage les principaux phénomènes qui étayent l'idée d'une phénoménologie du " sujet capable " qui domine les derniers travaux de Ricoeur.
    Qu'il s'agisse de la capacité de se souvenir, d'oublier, de pardonner, de promettre ou de témoigner, ces recherches donnent tout son relief à la question kantienne : " Que m'est-il permis d'espérer ? ".

  • Le XXe siècle a été dévasté par la démiurgie des totalitarismes qui, espérant transfigurer le monde, n'ont abouti qu'à le défigurer. Pourtant, il serait faux de croire que ces illusions totalitaires nous ont quittés. Car nous avons rejeté avec force le totalitarisme comme terreur, mais tout en poursuivant les tentatives de transfiguration du monde.
    Aussi le totalitarisme continue-t-il d'oeuvrer sans la terreur, mais par la dérision, toujours barbare mais promu par le désir individuel et non plus par la volonté des instances publiques.
    Un essai cinglant et sans compromission par l'une des meilleures philosophes de notre époque.

  • Foucault

    Pierre Sauvêtre

    Un introduction pour découvrir en toute clarté la pensée de Foucault.

  • La pensée du théoricien allemand Jürgen Habermas figure parmi les plus importantes théories sociales issues du XXe siècle  : toutefois, à ce jour, elle n'a inspiré qu'un nombre restreint d'études portant spécifiquement sur leur articulation à l'éducation moderne et contemporaine. Cet ouvrage présente ainsi une analyse critique de la façon dont la théorie de l'agir communicationnel développée par Habermas s'arrime à une étude macro et microsociologique de l'éducation, soit une analyse de l'organisation politique, économique et idéologique des systèmes éducatifs occidentaux depuis la modernité, puis une analyse intime et située des rouages de l'activité éducative entre l'enseignant et l'élève. Dès lors, comment réfléchir l'éducation passée et actuelle à l'aune de la pensée habermassienne, en profitant de ses apports tout en mettant en lumière les impasses qu'elle représente, notamment pour le développement du potentiel critique et communicationnel de l'enfant ? Autrement dit, comment penser l'éducation contemporaine avec et contre Habermas ?

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