Bajazet

Résumé

Avec quelle insolence et quelle cruauté Ils se jouaient tous deux de ma crédulité ! Quel penchant, quel plaisir je sentais à les croire ! Tu ne remportais pas une grande victoire, Perfide, en abusant ce coeur préoccupé, Qui lui-même craignait de se voir détrompé ! Moi, qui de ce haut rang qui me rendait si fière Dans le sein du malheur t'ai cherché la première, Pour attacher des jours tranquilles, fortunés, Aux périls dont tes jours étaient environnés, Après tant de bonté, de soin, d'ardeurs extrêmes, Tu ne saurais jamais prononcer que tu m'aimes ! Mais dans quel souvenir me laissé-je égarer ? Tu pleures, malheureuse ? Ah ! tu devais pleurer Lorsque, d'un vain désir à ta perte poussée, Tu conçus de le voir la première pensée. Tu pleures ? et l'ingrat, tout prêt à te trahir, Prépare les discours dont il veut t'éblouir ; Pour plaire à ta rivale, il prend soin de sa vie. Ah ! traître ! tu mourras ! ...

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  • EAN 9782080708618
  • Disponibilité Épuisé
  • Longueur 18 cm
  • Largeur 11 cm

Série : Non précisée

Rayon(s) : Littérature générale > Théâtre

Jean Racine

1639-1699 Jean Racine naît un an après Louis XIV, en 1639 alors que Corneille a trente-trois ans et Molière, dix-sept. En 1643, il se retrouve orphelin et sa soeur, entrée à Port-Royal, est devenue abbesse. Il est recueilli par son grand-père maternel et bénéficie gracieusement des Petites-Ecoles de l'abbaye. En 1653, il entre au Collège de Beauvais et de retour dans le foyer janséniste, il y recevra des cours de grec. Malgré les reproches de sa soeur, il fréquente les gens de lettres: La Fontaine, puis Boileau et Molière. A partir de 1667, il donne ses meilleures pièces et reçoit une pension royale. Dix ans plus tard, il devient, avec Boileau, historiographe du roi, au grand scandale de certains, Mme de Sévigné en tête. Ses pièces Esther et Athalie, jouées à Saint-Cyr, obtiennent un grand succès mondain. En 1694, Racine se rapproche de Port-Royal et entreprend des négociations en faveur de l'abbaye.ÿIl meurt, rue des Marais, le 7 janvier 1699 et selon son désir, est inhumé à Port-Royal des Champs. Le cimetière sera détruit, comme l'abbaye, en 1709, par ordre du roi. Le 2 décembre 1711, les restes du poète sont à nouveau inhumés à Saint-Etienne-du-Mont.ÿOn peut se plaire à étudier la poésie racinienne, la musique des vers et la beauté des images. On peut relever et expliquer les emprunts à la mythologie, à l'histoire et aux maîtres antiques. Mais est-il de meilleure approche, pour un public jeune, que l'étude des sentiments tels que Racine nous les montre, ni héroïques, ni royaux mais humains simplement. Avec lui, s'installe en littérature l'empire des femmes: il les a peintes au moment où elles deviennent souveraines dans une société lassée des guerres. Il a peint la Femme, plus sensible que raisonnée, courageuse ou violente quand la passion s'empare d'elle.

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